L’influence grandissante de BlackRock sur la scène publique est un signe des temps, écrit le Financial Times fund management. Après avoir longtemps été éclipsées par les banques, les sociétés de gestion sont de plus en plus sous les projecteurs en raison de la croissance énorme du secteur depuis la crise financière de 2008. Cela les a conduites à nouer des liens plus étroits avec les décisionnaires importants et à accélérer leurs actions de lobbying. BlackRock a rencontré 31 représentants de la Commission européenne entre 2014 et fin 2020, selon des chiffres de l’Union européenne (UE) qui englobent les rendez-vous privés et les tables rondes organisées à l’initiative de Bruxelles. En outre, sur les six ans à fin 2019, ses dépenses estimées de lobbying dans l’UE ont augmenté de plus de 300 %, selon des données analysées par EU LobbyFacts. Vanguard a musclé ses dépenses de lobbying de 400 % sur la période, tandis que Capital Group et Fidelity ont aussi augmenté leurs ressources. La présence grandissante des sociétés de gestion à Bruxelles alimente les inquiétudes selon lesquelles une poignée d’entreprises pourraient chercher à exercer une influence démesurée sur la législation. D’ailleurs, une étude d’InfluenceMap montre que UBS, BlackRock, Invesco et BNY Mellon ont répondu prudemment aux nouvelles règles sur l’ESG ou ont cherché à les affaiblir. D’autres utilisent leur voix pour obtenir des règles ESG plus progressistes comme BNP Paribas AM, Aviva Investors et BPCE.