Le groupe bancaire suisse UBS a annoncé le 15 septembre dans un bref communiqué qu’un courtier de la banque d’investissement ayant réalisé des opérations non autorisées avait généré des pertes pour un montant estimé à environ 2 milliards de dollars.Alors que l’enquête se poursuit, UBS assure dans son communiqué qu’aucune position client n’est concernée mais précise que ce problème pourrait se traduire par une perte au troisième trimestre. UBS n’a délivré que peu d’informations mais il semble que des opérations de courtage non autorisées ont été effectuées à Londres, au sein de l’unité Marché d’actions. La police britannique a en tout cas confirmé avoir arrêté jeudi vers 3h30 un homme de 31 ans, employé par l’UBS. Il est accusé d’abus de confiance. Si son identité n’a pas été officiellement révélée, plusieurs médias avancent le nom de Kweku Adoboli, révèle L’Agefi de vendredi 16 septembre. Selon son profil LinkedIn, ce trader est directeur des opérations ETF et Delta One de la banque d’investissement d’UBS à Londres. Dans la soirée de jeudi, l’agence de notation financière Moody’s a annoncé avoir placé la note AA3 long terme d’UBS sous surveillance. Cela en vue d’une possible dégradation en raison des «faiblesses dans la gestion du risque du groupe». Moody’s étudiera également «les implications d’un tel événement sur la capacité de la direction à faire croître le chiffre d’affaires de la banque d’investissement d’une façon convenable en termes de risque, et l’impact potentiel sur ses bénéfices d’un nouveau revers sur ce front». «De la même façon, nous envisagerons les implications potentielles d’un tel événement sur la réputation d’UBS auprès de ses clients de son activité de banque privée et de gestion de fortune», ajoute l’agence. La nouvelle est tombée alors que le Conseil national a refusé par 115 voix contre 45 de renvoyer le projet de réglementation bancaire «Too Big to Fail» au Conseil fédéral. L’affaire n’est pas sans rappeler celle qui avait touché la Société Générale en 2008, lorsque des opérations d’un de ses courtiers, Jérôme Kerviel, avaient entraîné des pertes de 4,9 milliards d’euros. Jugé seul responsable de ce débours, l’ex-trader a été condamné en octobre 2010 à cinq ans de prison dont trois ferme.