Disposant toujours de liquidités abondantes, les grands groupes français ont encore un peu plus dynamisé leur gestion de trésorerie en 2011. Alors que la trésorerie globale des 36 sociétés non financières de l’indice CAC 40 ressort en léger repli sur un an (- 3%), à 159 milliards d’euros à fin décembre 2011, les liquidités investies sur des supports ne réunissant pas les critères nécessaires pour être qualifiées de « trésorerie et équivalent trésorerie » au sens de la norme comptable internationale IAS 7 ont augmenté de 7 %, à 36 milliards d’euros. Ainsi, les placements « non IAS 7 » concentrent désormais 23 % de la trésorerie globale contre 21 % à fin 2010. La nouvelle étude de bfinance sur la trésorerie des grands groupes européens révèle une tendance à la dynamisation encore plus exacerbée chez les corporates allemands de l’indice DAX 30 (26 sociétés), dont les montants investis sur des supports dynamiques (27 % de la trésorerie globale) ont augmenté de 40 % en valeur, dans un contexte de stagnation de leur trésorerie globale à 120 milliards d’euros. A contrario, les groupes italiens du MIB 40 ont été plus conservateurs, les placements « non IAS 7 » (10 % de la trésorerie globale) ayant reculé de 23 % l’an dernier, et ce malgré une hausse de 8 % de la trésorerie globale, à 50 milliards d’euros. Confrontés à un environnement économique et financier toujours très incertain, les grands groupes préfèrent conserver les liquidités au sein de leur bilan, et ainsi sécuriser le financement de leurs activités, plutôt que de procéder à leur désendettement brut. Un tel comportement trouve ses limites dans les coûts de portage, qui correspondent à la différence entre les coûts d’emprunts et les rendements des liquidités. A titre d’illustration, STMicroelectronics indique dans son rapport annuel qu’au 31 décembre 2011, l’ensemble de ses ressources financières, incluant la trésorerie, les équivalents de trésorerie et des titres négociables, « ont généré un taux de rendement moyen de 0,84 % ». « Dans le même temps, le taux d’intérêt moyen sur notre encours de dette a été de 1,72 % », ajoute le groupe. Lire la suite: cliquez ici