Le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) continue de susciter des protestations tous azimuts. Tant sur le continent qu’au Royaume-Uni où, à la veille du week-end, le premier ministre David Cameron a encore tiré à boulets rouges sur ce projet qui n’est pas une bonne idée et qui ne pourra pas fonctionner à moins d'être appliquée sur toute la planète.Même son de cloche de la part de l’un des onze Etats européens participant à ce projet. La TTF n’est pas une question prioritaire, a ainsi estimé le 9 mai le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. «Nous démarrons juste ces discussions. Ce n’est pas une préoccupation majeure, pour être très franc», a dit Wolfgang Schäuble en réponse à une question au sujet de la taxe sur les transactions financières."Cette année, l’année prochaine (...) ce n’est pas un problème majeur», a-t-il insisté. L’Allemagne ainsi que dix autres pays se sont mis d’accord en janvier pour créer une taxe sur les transactions financières qui pourrait entrer en vigueur dès janvier 2014.Cette déclaration intervenait alors que le patronat allemand venait de monter au créneau pour dénoncer à son tour le projet de TTF à l’occasion de la publication d’une enquête du Deutsches Aktieninstitut (DAI). Selon l’organisation représentant les sociétés cotées et les investisseurs, les coûts estimés de la TTF pour 24 grandes sociétés allemandes se situeraient dans une fourchette comprise entre 600 millions d’euros et 1,5 milliard d’euros."Les politiciens n’ont manifestement pas conscience des dégâts que provoquerait la TTF dans les entreprises de l'économie réelle», estime la directrive générale du DAI, Christine Bortenlänger.Toujours la semaine dernière, les dirigeants de Dexia ont également évoqué le projet de TTF à l’occasion de l’assemblée générale du groupe. La banque franco-belge, qui a encore perdu plus de 300 millions d’euros au premier trimestre, a souligné que ses résultats à venir dépendraient d'événéments extérieurs, la crise des dettes souveraines ou l’introduction de la TTF. Si cette taxe était introduite, elle aurait coûté à Dexia 574 millions d’euros l’an dernier. «Nous ne pourrions pas absorber cela. Et comme Dexia va être davantage actif sur les marchés financiers, cela aurait plutôt un impact de 700 millions d’euros, voire plus», a estimé Robert de Metz, le président du conseil d’administration de Dexia, en marge de l’assemblée générale. Il estime toutefois que cette taxe ne devrait pas être adoptée dans sa configuration actuelle… C’est manifestement le souhait a minima de très nombreux professionnels.