Après une hausse de 6,2% en 2012, les encours gérés pour compte de tiers sur le marché français ont cru de 3,3% sur les huit premiers mois de 2013. Ils s'établissent désormais à plus de 3 000 milliards d’Euros, soit une hausse de plus de 20% en 5 ans et de près de 10 % depuis fin 2007. Cette évolution est cependant essentiellement due à des « effets marché » positifs, l’ensemble des classes d’actifs d’Organismes de Placement Collectifs (OPC) étant en décollecte depuis le début 2013, même si les chiffres sont plus positifs depuis cet été. Les principales raisons sont la forte baisse au cours de ces dernières années des placements financiers des ménages, leur concentration sur les dépôts et livrets et la diminution des réserves des investisseurs institutionnels. Les sociétés de gestion multiplient les initiatives leur permettant de participer mieux encore au financement des entreprises Le financement de l'économie ne pourra plus, à l’avenir, être assuré dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui par le système bancaire, soumis à de plus fortes contraintes de fonds propres, de liquidité et d’adossement actif passif. Le relais devra être pris en partie par les investisseurs, d’autant que les entreprises devront en parallèle renforcer leurs fonds propres. L’industrie de la gestion française est dans ce contexte un atout pour notre pays. Elle s’adapte pour pouvoir pleinement jouer ce rôle à l’avenir. Les fonds actions, obligataires et diversifiés, les fonds de capital investissement et les Organismes de placement collectif en immobilier (OPCI) jouent d’ores et déjà un rôle clé dans l’allocation vertueuse et efficace de l'épargne. Se développent désormais aussi des véhicules d’investissement ciblés comme les fonds de prêt à l'économie. L’AFG se structure elle aussi pour répondre à ces évolutions, étudier leur pertinence et les conditions nécessaires à leur développement. Elle a ainsi notamment créé des groupes de travail fonds d’infrastructure et titrisation. Plus globalement elle continue à se mobiliser en faveur de l’Investissement Socialement Responsable et de l'épargne longue. Les projets de loi de finances 2014 contiennent enfin des dispositions favorables à l'épargne en actions, malheureusement contredites par un violent alourdissement de la CSG L’AFG salue l’introduction, dans la loi de finances pour 2014, de plusieurs dispositions favorables à l'épargne en actions : relèvement certes modeste du plafond du PEA, création d’un PEA PME-ETI et abattement plus rapide sur les plus-values « actions ». Elle appelait en effet de ses voeux des mesures en ce sens, et avait fortement déploré les décisions inverses prises au cours des dernières années et notamment la forte hausse de la fiscalité de l'épargne et le déblocage conjoncturel de l'épargne salariale. Il est donc particulièrement illogique et dommageable que ce message positif soit contredit par l’alourdissement du prélèvement au titre de la CSG prévu par le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. L’AFG souhaite ardemment que l'épargne en actions ne subisse pas cette pénalisation rétroactive. Les adaptations récentes ou en cours de la réglementation européenne ne facilitent malheureusement pas la mobilisation de l'épargne au service du financement de l'économie Le nombre de dispositifs réglementaires européens, récents ou en cours d’adoption, qui impactent l’industrie de la gestion est considérable : AIFM, UCITS V, PRIPS, MIF II, EMIR, fonds monétaires, fonds long terme, etc... Si chacun d’entre eux a sa raison d'être et contient des dispositions utiles, l’effet global de cette avalanche est un accroissement des coûts, une restriction des opportunités d’investissement et une désorientation des acteurs, y compris les investisseurs, peu favorables au rétablissement de la confiance. Il peut être notamment rappelé ou souligné que : le projet de TTF européenne à 11 aurait, s’il n’est pas profondément modifié, des conséquences dévastatrices ; le projet de règlement récemment publié sur les fonds monétaires est mal calibré ; le projet sur les fonds à long terme (ELTIFs), bienvenu, doit être assoupli. La directive AIFM en revanche a été transposée rapidement. Le nouveau dispositif réglementaire français a permis de clarifier et de simplifier les dénominations des fonds français. Il permet d’ores et déjà aux sociétés de gestion françaises de proposer leurs fonds AIFs sur l’ensemble du marché européen.