La Fondation Ethos a dénoncé le 8 octobre des entorses à la mise en application de l’initiative sur les rémunérations abusives (initiative Minder), acceptée par les Suisses en mars 2013, à l’occasion de la publication de sa première étude sur le sujet. Si les sociétés cotées affichent d’une manière générale une plus grande transparence, la fondation s’insurge notamment contre la mise au scrutin prospectif de rémunérations variables des instances dirigeantes, «sans limite raisonnable fixée dans les statuts».L’année 2014 a été marquée par l’entrée en vigueur au premier janvier de l’Ordonnance contre les rémunérations abusives (ORAb), qui fixe à fin 2015 le délai accordé aux sociétés pour la mise en conformité de leurs statuts, rappelle Ethos dans un communiqué. A mi-parcours, 70% des 136 entreprises concernées ont déjà proposé des modifications statutaires à leurs actionnaires, mais seules 29 d’entre-elles, ou 21%, ont soumis à un vote contraignant la question de la rémunération des membres du conseil d’administration ou de la direction générale, relève l'étude.Par ailleurs, plus d’une proposition sur dix n’a pas reçu l’aval des assemblées générales. Les points de désaccord relevés par Ethos concernent avant tout la question des rémunérations variables, souvent proposée de manière prospective au lieu de faire l’objet d’une analyse à posteriori, une fois les résultats annuels connus. Près d’une société sur deux contourne en outre l’interdiction des parachutes dorés en établissant des contrats munis des clauses de non-concurrence payées. Plus d’une société sur trois se permet enfin d’allouer à son organe de surveillance des honoraires variables, au lieu d’un salaire fixe.En termes d’améliorations encore à accomplir, Ethos préconise la publication du montant maximum pour les bonus, que refusent encore près de 40% des sociétés. Une sur deux ne communique pas non plus de critères de performance précis pour l’attribution des gratifications variables.