L’AMF a prononcé à l’encontre de la société de gestion Opportunité une sanction pécuniaire d’un montant de 150 000 euros et à l‘encontre de Catherine Wajsman, sa présidente-directrice générale, une sanction pécuniaire d’un montant de 50 000 euros. Plusieurs griefs relatifs au non-respect par la société de gestion de ses obligations professionnelles ont été notifiés. En substance, il a été reproché à Opportunité et Catherine Wajsman de ne pas avoir respecté l’obligation faite aux personnes contrôlées d’apporter leur concours avec diligence et loyauté aux personnes chargées du contrôle et les contraintes d’investissements, et l’obligation de gérer les conflits d’intérêts liés à son activité de gestion d’OPCVM. Dans les faits, Opportunité gérait notamment le fonds Able Multi-Strategy (ABLE) et la sicav Plurilatitude. Créé en décembre 1999, ABLE est un fonds de fonds, soumis au droit des îles Vierges britanniques, principalement investi dans des organismes de placement collectif en valeurs mobilières. Il était le sous-jacent de bons à moyen terme négociables (BMTN) émis par la banque qui garantissait le capital investi et dont le rendement était indexé sur la performance du fonds ABLE. Au 31 décembre 2008, l’actif net d’ABLE s’établissait à 2,8 millions d’euros, investis dans différents hedge funds, ainsi que dans Plurilatitude. Le 15 octobre 2008, les dirigeants d’ABLE ont, en raison de la crise des subprimes et de l’exposition indirecte d’ABLE sur ce type de produits, décidé de suspendre, pour une période indéterminée, la valorisation du fonds après le 30 octobre 2008. En novembre 2008, ils ont décidé de conduire une « gestion extinctive » de ce fonds. Le 30 octobre 2009, les dirigeants d’ABLE sont convenus de mettre fin à la suspension décidée un an plus tôt, et d’honorer les demandes de rachats à compter du 1er décembre 2009, à hauteur de 80%. Le 1er février 2010, les actionnaires du fonds ABLE ont été remboursés à hauteur de 80% de leurs actions. Le 2 septembre 2014, le fonds ABLE était toujours en liquidation, et tous les actionnaires demeuraient investis, en raison du caractère illiquide de certains fonds sous-jacents.Par ailleurs, compte tenu de sa stratégie d’investissement dans des hedge funds, Plurilatitude a subi la crise de liquidité. Les effets de cette crise ont conduit le conseil d’administration de la SICAV à prendre les engagements de « détenir en permanence de 15 à 40% de son actif en OPCVM dont la valeur liquidative est calculée quotidiennement ou hebdomadairement », (…) et « mettre en place un dispositif de type plafonnement des rachats à hauteur de 10% de l’actif net de la SICAV. Dans cette hypothèse, la SICAV pourra décider d’exécuter les rachats dans la limite de 10% des actions émises et au prorata de chaque demande. (…) Les actionnaires dont une fraction de l’ordre n’aura pas été exécutée seront informés par un avis Euroclear de la décision de la SICAV d’activer le plafonnement des rachats des actions… ».Le 27 novembre 2009, Opportunité a établi la dernière VL de la SICAV à 11 694,68 euros et honoré les ordres de rachat représentant 13% de l’actif net centralisés le 24 novembre 2009 - dont celui émanant d’ABLE - sans activer le mécanisme de plafonnement des rachats. Les ordres de rachat ont continué d’affluer et le 8 décembre 2009, date de centralisation des ordres à valoir sur la VL du 11 décembre 2009, ils représentaient 31% de l’actif net. Dans l’impossibilité d’établir la VL du 11 décembre 2009 et de faire face à ces ordres, Plurilatitude a informé par lettre ses actionnaires de la suspension des rachats et de son intention de se dissoudre et a adressé à l’AMF le 28 décembre 2009 une demande d’agrément pour sa dissolution par anticipation.