Dix-huit établissements américains, européens et asiatiques, parmi les plus importants de la planète vont modifier les règles de fonctionnement du marché des dérivés afin d'éviter que la faillite de l’un d’entre eux ne provoque l’effondrement du système financier mondial, selon un communiqué publié ce week-end par l’Association internationale des swaps et dérivés (ISDA).Ce nouvel accord, élaboré en étroite collaboration avec le Conseil de stabilité financière (CSF/FSB) et qui sera effectif à compter du 1er janvier, veut éviter qu’une situation à la Lehman Brothers se reproduise. La faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, avait en effet donné lieu à un débouclage massif de contrats dérivés avec la banque, ce qui avait provoqué le chaos sur les marchés financiers. Dans le cadre du nouvel accord avec l’ISDA, les grandes banques ont accepté d’abandonner le principe du débouclage automatique («close out») des contrats si une institution financière se trouve en difficulté.Concrètement, en cas de défaillance d’un grand établissement posant des risques pour le système financier («Too big to fail») les banques vont mettre en place un délai pour donner davantage de temps aux régulateurs afin qu’ils trouvent une solution évitant une faillite «désordonnée» aux conséquences potentiellement explosives. Une solution qui se traduit par une suspension temporaire du débouclage automatique des contrats. «C’est un pas important fait par l’industrie pour s’attaquer à la question du «Too big to fail» et réduire le risque systémique», souligne Scott O’Malia, le patron de l’ISDA, cité dans le communiqué. Les banques signataires de l’accord sont: Bank of America, Bank of Tokyo-Mitsubishi, Barclays, BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Suisse, Citigroup, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, HSBC, Mizuho Financial Group, Morgan Stanley, Nomura, Royal Bank of Scotland (RBS), Société Générale, UBS, Sumitomo Mitsui et UFJ