Unigestion estime que les frais totaux facturés par les hedge funds aux investisseurs ne devraient pas dépasser 20 à 25 % de la performance brute et devraient davantage récompenser les meilleurs gérants. Pour cela, il convient de changer le mode de rémunération des hedge funds, plaide la société de gestion suisse, qui gère 1,6 milliard d’euros en fonds de hedge funds, dans un document qui sera publié dans quelques semaines.Actuellement, les gérants de hedge funds se rémunèrent par le biais de frais de gestion et de commissions de performance. Les frais de gestion sont prélevés quelle que soit la performance réalisée, tandis que les commissions de performance récompensent les gérants en fonction des rendements dégagés. Mais force est de constater que le système actuel semble avantager les gérants de hedge funds ayant le moins bien performé. Unigestion a en effet classé les hedge funds en quatre quartiles en fonction de leurs performances (entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2014). Il ressort que ceux appartenant au premier quartile, qui dégagent un rendement net moyen de 12,4 %, s’arrogent 20,6 % du rendement brut, alors que les fonds dans le troisième quartile, qui n’affichent qu’un gain net de 1,7 %, empochent 38,6 % des rendements bruts.Idéalement, pour remédier à cette anomalie, les gérants de hedge funds ne devraient facturer que des commissions de performance, estime Unigestion. Cela permettrait d’aligner totalement les intérêts du gérant avec ceux des investisseurs. Mais la société de gestion est bien consciente qu’il est difficile pour les gestionnaires de hedge funds de se passer des frais de gestion, qui permettent notamment de retenir les talents. Unigestion propose donc plutôt d’introduire un taux barrière (« hurdle rate ») sur les commissions de performance. Le niveau de ce taux barrière à partir duquel le gérant pourrait commencer à facturer des commissions de performance serait fonction du niveau de frais de gestion. Plus ces derniers seraient élevés, plus le « hurdle rate » serait élevé. Cela permettrait d’aider les investisseurs à revenir sur ce secteur, récemment accusé de facturer des frais excessifs pour une performance moyenne.