Advent International confirme son statut d’incontournable du private equity mondial. La société de gestion née il y a près de quarante ans à Boston vient d’empocher la bagatelle de 25 milliards de dollars pour son dixième fonds mondial de capital-investissement. Une somme de 40% supérieure à celle levée par son prédécesseur, il y a trois ans, alors que l’environnement géopolitique et macroéconomique mondial s’est dégradé sous l’effet de la guerre en Ukraine. «Le succès de cette levée est notamment à mettre au crédit de nos investisseurs historiques, qui représentent 84% du fonds», explique Michael Ogrinz, associé et président d’Advent en France. Au total, le gérant a pu compter sur le soutien de 365 investisseurs (LP, pour «limited partners»), provenant aussi bien des Etats-Unis (40%) que du reste du monde. Fonds de pension publics ou privés, fonds souverains, fondations, fonds de fonds, family offices… l’engouement a été massif et s’explique notamment par les performances passées d’Advent. Selon les données du California Public Employees’ Retirement System (Calpers), le précédent millésime, bouclé en 2019, affiche un retour aux investisseurs de trois fois la mise initiale et un TRI net de 129% au 30 septembre 2021. Une donnée à prendre avec des pincettes car le fonds était encore loin d’être totalement désinvesti. Mais le gérant a prouvé sa capacité à maintenir le cap en période de tempête. Le fonds GPE V, levé en 2005, a traversé la crise financière en affichant un multiple de 2,4 et un TRI net de 43%. Des tickets de 100 millions à2milliardsdedollars Auprès de ses investisseurs, Advent a su obtenir un mandat particulièrement flexible lui permettant d’intervenir sur l’ensemble de la planète avec des tickets compris entre 100 millions et 2 milliards de dollars. Cela dans l’idée de constituer un portefeuille d’une trentaine de participations. «Nous cherchons à être géographiquement agnostiques pour ne nous focaliser que sur les meilleurs opportunités, grâce à notre quinzaine de bureaux mondiaux», explique Michael Ogrinz. Au cours des douze derniers mois, Advent s’est illustré en France en revendant pour 3,2 milliards d’euros le fournisseur de services télécoms Circet. Toujours dans l’Hexagone, il a investi dans MangoPay et Litchi, ainsi que dans Shift Technology. Sur ses radars, le gérant a aussi identifié l’enseigne Grand Frais, dont la vente devrait redémarrer cette année sous l’égide de Morgan Stanley et d’Amala Partners.