Le spécialiste français du transport est bien parti pour pousser une fois encore les autorités européennes de la concurrence dans leurs retranchements. Il y a un an, leurs exigences avaient fait échouer le rapprochement entre Alstom et Siemens sous prétexte que cela faussait le jeu de la concurrence et des intérêts du consommateur. Pas sûr que ce dernier – face à bien des sollicitations douteuses pour sa santé physique ou mentale… – soit sourcilleux au point de voir l’Europe renoncer en son nom à un champion des transports. Margrethe Vestager, à nouveau chargée de la concurrence par la Commission von der Leyen, n’a pas, dit-elle, l’intention de changer de point de vue pour examiner le rachat tout juste annoncé du pôle ferroviaire de Bombardier. Mais dans l’intervalle, le chinois CRRC, quatre fois plus gros qu’Alstom, a entrepris de faire son marché en Europe, avec les locomotives allemandes Vossloh, le tramway de Porto… pendant que les Européens n’arrivent toujours pas à percer sur les routes de la Soie, par exemple. On verra bien aussi si la solidarité européenne, que le Brexit est censé stimuler, joue en faveur de la France, pays des grands groupes et des grands refus essuyés au nom de l’anti-dumping.