Une des conséquences des taux bas s’avère être essentiellement la révision des produits d’assurances, a expliqué Marie Lemarié, directeur des investissements de Groupama. L’ensemble des assureurs vont réviser les caractéristiques des produits pour y donner moins de garantie, ils peuvent dans ce but accentuer le développement des unités de comptes, mais aussi des placements euro croissance. Un point de vue partagé par Mikaël Cohen, directeur des investissements de CNP Assurances. Une solution envisageable dans cette situation est de changer la nature des produits, notamment en s’orientant vers les unités de compte et les euro croissance, a déclaré Mikaël Cohen avant d'émettre une réserve. Les euros croissance étaient réellement le bon produit pour l’assureur vie lorsque les taux étaient un peu plus hauts. Marie Lemarié a relevé deux points positifs dans l’environnement de taux bas. Dans l’univers actuel, l’accès au capital est plutôt facile, a-t-elle développé. Par ailleurs, en assurance-vie, les produits sont montés avec un mécanisme de lissage de la performance, le problème, si tel est le cas, ne sera donc pas visible tout de suite. La directeur des investissements estime que la problématique de pilotage et de performance va se révéler lentement, ce qui va laisser le temps à chacun de mettre en ??uvre sa stratégie afin de faire face aux taux bas. De son côté, Mikaël Cohen a estimé que la spécificité des modèles de gestion actif-passif est qu’ils ont été réalisés afin de gérer le problème principal de l’assurance-vie : celui de la hausse des taux. Théoriquement, le problème principal de l’assureur vie est celui de la hausse des taux mais, paradoxalement, aujourd’hui le risque n’est plus la hausse des taux mais à leur baisse, a développé le directeur des investissement de CNP Assurances. Cela introduit une optionalité à l’assuré dépendante de la courbe des taux. Les modèles s’avéraient d’ailleurs compliqués mais fondamentalement orientés vers les risques de hausse des taux. Selon Mikaël Cohen, l’environnement de taux bas s’avère risqué pour les institutionnels. La période actuelle est assez anxiogène car les taux restent bas longtemps, a insisté Mikaël Cohen. Plus cela dure, plus s’accumule dans les bilans des actifs à très faible rentabilité qui feront souffrir le portefeuille lors d’une éventuelle hausse des taux, qui ne sera vraisemblablement pas liée à une reprise de l’activité économique. Plus les taux restent bas, plus les institutionnels recherchent des actifs risqués. Mikaël Cohen a poursuivi son analyse en expliquant que ces modèles ALM ont cependant servi à mettre en place l’organisation de la gestion des portefeuilles d’assurance-vie. Pour diversifier son allocation dans ce contexte de taux bas, le financement de l'économie est une des solutions retenues par de nombreux investisseurs institutionnels. Il nous paraît naturel de financer les entreprises, a déclaré Sylvain de Forges, directeur général délégué d’AG2R La Mondiale. Si les investisseurs institutionnels ne prennent pas de risques, au nom de quoi voulez-vous qu’un citoyen lambda en prenne, s’interroge Sylvain de Forges.
Ce 28 mai 2013, Bruno Bézard se tortille sur sa chaise. Carrure d’armoire à glace, costume rayé et lunettes carrées, il bout intérieurement et peine à le cacher. Face à l’armée de députés qui le passent au gril en pleine affaire Cahuzac, celui qui dirige l’administration fiscale depuis moins d’un an se défend bec et ongles pendant deux heures. Il joue gros : les élus veulent savoir si son administration a bien épuisé tous les moyens à sa disposition pour vérifier l’existence du compte suisse de l’ancien ministre. Le haut fonctionnaire ne vacille pas, il en rajoute même, maniant l’ironie, frisant l’arrogance avec sa voix douce. Il s’autorise à rappeler à l’ordre Charles de Courson, le président de la commission d’enquête, qui prend plaisir à lui tendre des pièges et ne l'écoute pas assez attentivement... Les élus n’en reviennent pas. Devant eux, ministres ou hauts fonctionnaires font toujours preuve de déférence. Pas lui. Il ne tolère pas que la probité de l’administration puisse injustement être mise en cause. Il sortira complètement blanchi de l’affaire Cahuzac, mais sa prestation est encore dans toutes les mémoires. Un an après, celui qu’on surnomme déjà « BB » à Bercy s’apprête à prendre la prestigieuse et très convoitée Direction du Trésor. Autant dire l’un des plus beaux postes de la République, cumulant le pilotage de l'économie, des finances publiques et des sommets internationaux. Un choix balisé et sans risque pour le gouvernement, après des mois de rumeurs. Bruno Bézard est l’archétype du grand commis d’Etat un rien austère, préférant l’ombre à la lumière et peu politique, du moins en apparence. « Tout le monde le connaît, tout le monde l’apprécie professionnellement, mais il n’a pas de premier cercle identifié », constate un habitué du ministère. « Je dois tout à la République » Bruno Bézard est un véritable moine-soldat du service public, avec ses raideurs et son intégrité. « C’est à la fois un modèle et une caricature du haut fonctionnaire », résume un patron. Son parcours irréprochable d’inspecteur des finances le rendrait presque ennuyeux. Sauf qu’il n’est pas totalement semblable aux autres : pur produit de la méritocratie républicaine, Bruno Bézard est issu d’un milieu modeste. Originaire d’un petit village de Picardie, père contremaître, mère assistante médicale. Boursier, il travaille « comme un dingue », avant d'être repéré par ses professeurs, qui l’envoient en prépa à Tours. Il n’a pas les moyens d’aller à Paris et donne des cours de maths pour payer ses livres. Les grandes écoles, sa famille en ignore même l’existence. Il n’en tire aucune fierté et assure n’avoir jamais été dans une logique de revanche sociale. « Ca ne m’intéresse pas », jure-t-il. En revanche, cela lui a forgé certaines convictions. « Je dois tout à la République », dit-il sobrement. La suite de son parcours est tout aussi rectiligne, même s’il n’est pas premier mais trentième à l’issue de Polytechnique, contrairement à ce que dit sa légende. Il sort en revanche major de l’ENA, ce qui aide toujours à prendre de l’assurance. Un élève plus jeune se souvient de l’avoir vu poser pour une gazette étudiante, rayonnant. « Il nous filait des complexes car il disait que le nerf de la guerre, c'était d'être épanoui ! » raconte-t-il. Un autre se souvient l’avoir vu au volant d’une belle décapotable blanche. Le jeune inspecteur des finances est tout sauf un frimeur, mais ne déteste pas la mise en scène. En mission d’inspection, il n’hésite pas à poser ostensiblement un code pénal sur la table, alors qu’il reçoit le patron tétanisé d’une chambre de commerce de province. « Il a l’art des rapports de forces », décrypte un ancien haut fonctionnaire de Bercy, qui raille son « petit côté Fouquier-Tinville ». Comme tout haut fonctionnaire de Bercy qui se respecte, il fait ensuite ses classes au Trésor, gravissant les échelons avec une régularité de métronome. En 2000, avouant une certaine « tendresse » pour la gauche, il rejoint le cabinet de Christian Sautter à Bercy, puis celui de Lionel Jospin à Matignon. Sans toutefois adhérer au Parti socialiste. L’homme n’a pas un tempérament de militant et revendique une absolue liberté de pensée. « Je ne roule pour personne, précise-t-il. Mes amis de gauche pensent que je suis furieusement de droite, et vice versa ». Etiqueté malgré lui, il paiera la défaite de la gauche en revenant au Trésor en 2002. Une chance en réalité. Quelques mois plus tard, il rédige une petite note de quatre pages pour Francis Mer, alors ministre de l’Economie, dans laquelle il pose les pierres de ce qui deviendra l’Agence des participations de l’Etat (APE). Autrement dit l’entité autonome gérant le copieux portefeuille de participations de l’Etat, en faisant appel, au besoin, à des méthodes et à des personnalités du privé. Une petite révolution. Le service des participations, c’est le coeur du réacteur au Trésor, le saint des saints. Pour les hauts fonctionnaires maison, c’est un déchirement. Le directeur du Trésor, Jean-Pierre Jouyet, lui donne pourtant carte blanche, un pincement au coeur. « C’est la partie du Trésor que j’aime le plus ! » lui confie-t-il à regret. Pour Bruno Bézard, qui a tout juste quarante ans, ce sera un tournant. L’APE, c’est sa création, même s’il n’en sera que le numéro deux les premières années. « On lui avait collé Denis Samuel-Lajeunesse car il fallait un senior, mais c’est lui qui faisait tourner la maison », raconte un ancien. Tenu parfois à l'écart, il parvient peu à peu à s’imposer. Ses analyses techniquement impeccables rassurent les politiques et les cabinets, qui le suivront sur la plupart des gros dossiers des années 2000 : création de La Banque Postale, privatisation des autoroutes, fusion de GDF Suez, cotation d’EDF... C’est Thierry Breton - un ministre de droite - qui finira par lui confier la tête de l’agence, quatre ans après sa création. Véritable machine intellectuelle « C’est un type extraordinairement rigoureux et travailleur, très nettement au-dessus du lot, se souvient un ancien collaborateur. Parfois trop, au point de donner une image un peu bureaucratique de l’APE. » Véritable machine intellectuelle, Bruno Bézard dissèque les dossiers et les raisonnements de manière chirurgicale. Follement exigeant avec ses équipes comme avec lui-même, il n’hésite pas à faire refaire plusieurs fois une note qui ne lui convient pas. « Il s’attend à ce que tout le monde soit à 300 % tout le temps », reconnaît un haut fonctionnaire de Bercy. On lui connaît peu de faiblesses, à part un goût prononcé pour le chocolat. Il hérite d’une réputation de dureté, de distance, voire de brutalité. « Je n’aime pas les raisonnements approximatifs », avoue-t-il. Dans les conseils d’administration où il représente l’Etat, il met les pieds dans le plat, pose les questions qui fâchent. Ce qui lui vaut des échanges parfois musclés avec les dirigeants d’entreprise. « Comme nombre de hauts fonctionnaires, il a la conviction qu’il détient à lui seul l’intérêt général », juge un patron. Lui se targue d’avoir instauré avec eux une relation de confiance réciproque. « Beaucoup de dirigeants auraient préféré un actionnaire dormant, raconte un ancien. Mais dans l’ensemble, ils l’aimaient bien. » Avec d’autres, les relations sont notoirement orageuses, comme avec la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, dont il bloque plusieurs opérations d’acquisition en conseil. Sauf celle de la société minière Uramin, surpayée, qui lui vaut aujourd’hui les foudres de la Cour des comptes. Pour lui, l’entreprise n’a, à l'époque, pas tout dit. « Sur la base des réponses données par oral et par écrit par l’entreprise à l’ensemble des questions que nous avions posées sur la consistance des réserves et l’analyse du prix, je resignerais », admet-il calmement. Il faut dire que Bruno Bézard est difficilement soupçonnable de compromissions, on lui reprocherait plutôt son pointillisme et son manque de souplesse. « Un haut fonctionnaire doit avoir une colonne vertébrale », rétorque-t-il aux députés de la commission Cahuzac, avant de préciser, pour ceux qui en doutaient encore : « Ce n’est pas exactement mon style d’accepter les amicales pressions. » Plaire ou déplaire lui importe peu, il force toujours les conditions pour dire ce qu’il pense. Il s’opposera ainsi tant qu’il pourra à la solution de l’arbitrage dans l’affaire Tapie, qui lui semble alors pure folie, et finira en effet par coûter beaucoup d’argent à l’Etat. Hasard ou coïncidence, il est nommé, la même année, à la mission économique de l’ambassade, à Pékin. Certains y voient une forme d’exil. « Il avait tenu tête sur plusieurs dossiers », suppose un haut fonctionnaire de Bercy. Il fallait, aussi, faire tourner un poste convoité. Lui assure avoir toujours voulu partir en Asie, évoquant une passion très ancienne pour la Chine. Les quelques chefs d’entreprise qu’il consulte le poussent à accepter. Ce sera une révélation. « Ce fut une période exceptionnelle, raconte-t-il avec une émotion débordante, comme si ce pays l’avait renvoyé à tout ce que lui, incarnation du cartésianisme à la française, n’est pas. Se prendre dans la figure vingt chocs culturels par jour vous remet en cause. J’ai eu parfois le sentiment de tout réapprendre. » Malgré sa formation accélérée au chinois, il commet quelques impairs, traitant malgré lui un ministre de « pauvre imbécile ». Ce qui ne l’empêche pas de constituer un réseau qui se révélera fort utile quelques années plus tard, lors de la signature de l’opération PSA... Avec le retour de la gauche en 2012, son nom est évoqué pour différents postes. Ce sera finalement l’administration fiscale, un paquebot de 115.000 personnes. Pas évident quand on est, comme lui, habitué à piloter des petites équipes de premiers de la classe. Restructurée à plusieurs reprises, syndiquée, la DGFiP est un Etat dans l’Etat à Bercy, que les ministres surveillent comme le lait sur le feu. Lui se lance avec enthousiasme dans une vaste opération de séduction et sillonne la France à la rencontre des agents. Qui l’apprécient plutôt, même si les syndicats l’accusent ironiquement d’orchestrer le « grand bond en arrière » de l’administration fiscale. « Il a bien défendu la maison pendant l’affaire Cahuzac, mais il lui a manqué ce supplément d'âme qui aurait été nécessaire pour faire passer les réformes. Avec 115.000 agents, il faut un peu d’affect », dit un syndicaliste, que Bruno Bézard a, un jour, mis au défi de venir en réunion « avec un col Mao ». C’est l’une des faces cachées du personnage. Derrière un abord un peu aride, Bruno Bézard a de l’humour. Dans son grand bureau de la DGFiP, où il reçoit peu, entre quelques souvenirs de Chine, il a fait poser une affiche. « Il est interdit, sous peine d’amende, de prononcer dans ce bureau les expressions suivantes : il y a un problème : 5 euros. Je suis inquiet : 10 euros. Ce n’est pas possible : 15 euros... » Et surtout : « On a toujours fait comme ça : 20 euros. » On l’imagine assez bien répondre à son interlocuteur ce qu’il dit parfois à voix haute. « Je n’aime pas qu’on me balade. »
Alors que les groupes Macif et Matmut ont signé une lettre d’intention qui confirme leur volonté de constituer un pôle mutualiste référent sur le marché de l’assurance et des services financiers, la gouvernance de Sferen évolue. Jean-Marc Raby est nommé directeur général de la société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam) en remplacement de Paul le Bihan. L'épée de Damoclès planait au-dessus de l’actuel directeur général de Sferen depuis l’annonce de la sortie de la Maif. A compter du 30 juin, Paul le Bihan est remplacé à ce poste par Jean-Marc Raby, directeur général du groupe Macif. Une évolution de la gouvernance prévisible, compte tenu du souhait de Macif et Matmut d’aller plus loin dans l’intégration et la mise en commun des compétences au sein de Sferen. Dès lors, comme nous l’indiquions le 2 mai dernier dans nos colonnes, le maintien de Paul le Bihan à ce poste se posait clairement. Joint par l’Argus de l’assurance, Paul le Bihan indique que la décision a été prise d’un commun accord. Et d’ajouter : Tout cela s’est fait en parfaite intelligence. Macif et Matmut ont décidé de poursuivre l’aventure dans une nouvelle configuration qui n’a pas besoin d’un directeur général externe, ce qui pouvait se justifier dans un Sgam à 3. Ce dernier n’a pas évoqué ses nouveaux projets pour la suite. Une feuille de route jusqu’au premier semestre 2015 La gouvernance renouvelée de Sferen a pour but de préparer le nouveau projet de Sferen qui vise à renforcer l’alliance entre les deux mutuelles d’assurance. Alain Montarant, président de la Macif et Daniel Havis, PDG de la Matmut, viennent de formaliser cet engagement par la signature d’une lettre d’intention, validée par les deux conseils d’administration. Cette phase de travail préparatoire, qui devrait aboutir au cours du premier semestre 2015, a pour objectif de préciser la gouvernance, les structures et les projets stratégiques de la Sgam à 2.
Pour Julien Cuminet, responsable des services aux fonds France chez BNP Paribas Securities Services, le chantier de la mise en œuvre de la directive AIFM est bien avancé. Mais il est loin d'être terminé.et toutes les équipes de la banque restent mobilisées. Avec en ligne de mire la date butoir du 22 juillet prochain et des nouvelles exigences qui s’y attachent."Globalement, nous avons là une réforme intelligente car elle instaure un cadre qui rassure les investisseurs. Grâce à cette réforme, la gestion alternative va rester en Europe. Elle va aussi faciliter l’ouverture des FIA (Ndlr : fonds d’investissement alternatifs) à une clientèle plus large. Et nous pensons aussi que les fonds AIFM peuvent devenir une référence internationale au même titre que les fonds Ucits"", a indiqué à Newsmanagers Julien Cuminet.Mais avant d’en arriver là, le prestataire de services aux fonds accompagne depuis plusieurs mois les sociétés de gestion dans la phase de transition, après avoir depuis longtemps préparé le terrain.. «Il y a environ trois ans, nous avons aussi procédé à une réorganisation des équipes qui pouvaient à l'époque intervenir sur toutes les classes d’actifs. Nous avons désormais des spécialistes par sous-jacent : fonds classiques, private equity, immobilier, titrisation. Une initiative dont nous félicitons aujourd’hui et qui nous permet de mieux accompagner les sociétés de gestion», relève Julien Cuminet.Les impacts de la directive peuvent être regroupés autour de quatre grandes têtes de chapitre: le reporting, la tenue de position, le cash monitoring et le contrôle des sous-dépositaires La directive introduit notamment des reportings périodiques qui sont déterminés en fonction de la taille de la société de gestion. Selon les encours affichés, la société de gestion sera invitée à produire des reportings trimestriels, semestriels ou annuels, avec plus ou moins de détails sur la composition des actifs, les marchés couverts, les instruments négociés, la liquidité des positions ou encore l’effet de levier. Pour les plus gros acteurs, l’AMF attend un premier reporting le 30 septembre qui portera sur l’année proforma à fin 2013.Deuxième tête de chapitre, la tenue de position. A savoir que la société de gestion doit connaître tous les titres de propriété pour pouvoir faire face à une demande de restitution des actifs. «Dans le cas d’une SCPI par exemple, il nous faut reconstituer les titres de propriété jusqu’en bout de chaîne, ce qui n’est pas forcément évident puisqu’une SCPI peut investir dans une autre SCPI…", relève Julien Cuminet. «Pour réduire les contraintes liées à cette exigence, nous avons mis en place des plateformes d'échange d’informations», précise Julien Cuminet.Troisième défi, le cash monitoring qui comporte deux grands volets. Tout d’abord, le dépositaire est tenu de suivre tous les mouvements espèces d’un fonds, consolider l’ensemble des mouvements et les réconcilier avec la comptabilité du fonds. Par ailleurs, le dépositaire doit contrôler les mouvements anormalement élevés. La directive parle en fait de mouvements «significatifs». «Le dépositaire doit déterminer le niveau de ces mouvements en fonction de la cartographie des flux, suivant la règle du 80/20», explique Julien Cuminet. «Il n’existe pas de reporting sur ces mouvements mais nous avons un devoir d’alerte. La trace de tous ces flux est conservée afin de pouvoir répondre à une demande éventuelle du superviser», remarque Julien Cuminet. «Nous avons mis en place une équipe spécialisée d’une dizaine de personnes qui est opérationnelle depuis février dernier.Cette équipe intervient sur toute l’Europe et mobilise bien entendu les ressources du groupe», explique-t-il.Quatrième point, le contrôle des sous-dépositaires. Cet exercice implique d'évaluer la solidité financière de ces acteurs jusqu’ici négligés, avec à la clé la nécessité de mener un due diligence et d’en restituer les résultats auprès de la société de gestion. «Une fois l’alerte éventuelle donnée, c’est la société de gestion qui est responsable, pas le dépositaire», insiste Julien Cuminet. «Pour faire face à cette nouvelle mission, nous avons installé une équipe dédiée au Luxembourg. Il faut souligner que notre réseau de sous-dépositaires est très large, ce qui nous facilite la tâche. Car la dissémination des sous-dépositaires est un facteur de risque», indique Julien Cuminet."Nous avons restructuré nos services pour accompagner les sociétés de gestion dans ce nouvel environnement, pour que la transition ne soit pas trop violente. C’est aussi un défi pour nous, mais également une opportunité. Nous avons répondu à de nombreux appels d’offres. Le 22 juillet est une étape très importante mais nous avons encore du pain sur la planche. Je dirais que les lignes n’ont pas fondamentalement changé mais il n’est pas exclu que les frontières évoluent dans les mois qui viennent…" La bataille des parts de marché continue…
Zhou Xiaochuan, Gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBOC), et Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, ont signé le 28 juin 2014 un Memorandum of Understanding (MoU) afin d’établir à brève échéance à Paris un système de paiement en renminbi. La signature de ce MoU par les deux banques centrales est une première étape vers la création d’une infrastructure de compensation et de règlement des transactions en RMB à Paris, indique un communiqué publié dimanche.Il est précisé que ce système de paiement s’appuiera sur une banque de règlement désignée par la PBOC. La Banque Populaire de Chine et la Banque de France ont convenu que la supervision et la surveillance du système, l’évaluation de ses besoins d’évolutions feront l’objet d’une coordination et d’une coopération entre les deux banques centrales, et seront sujets à échanges d’information réguliers. Ce projet est porté par les principaux acteurs financiers de la place de Paris, sous l'égide de Paris Europlace. Il doit permettre de régler les paiements en RMB de façon sûre et efficace, au sein d’un système ouvert traitant les opérations tant dela zone euro que des régions avoisinantes. Cette infrastructure a vocation à soutenir une croissance maîtrisée de l’usage transfrontière du renminbi.La signature de ce MoU intervient après l’attribution par les autorités chinoises d’un quota RQFII (Renminbi Qualified Foreign Institutionnal Investors) de 80 milliards de renminbi aux investisseurs institutionnels français. Il s’agit de permettre aux sociétés d’assurance, banques, sociétés de gestion et fonds d’investissement français d’investir directement sur le marché financier domestique chinois et de développer ainsi leurs activités en Chine. C’est le premier et le seul quota RQFII accordé pour l’instant en zone euro.
Pier Francesco Saviotti, directeur général de Banco Popolare, table dans une interview au journal transalpin sur «une nouvelle vague de fusions» entre banques italiennes lorsqu’elles auront passé les stress tests de la BCE et il compte faire participer son établissement à ce mouvement. Mais il juge que les conditions ne sont pas réunies pour la cession de sa «bad bank» Release spécialisée dans les prêts immobiliers.
La Fondation de France, fondation reconnue d'utilité publique, abrite 744 fondations sous égide. « Chaque fondation qui nous rejoint a le choix entre une gestion collective ou une gestion particulière en conservant son ou ses gérants », précise Jean-Pierre Lefranc, son directeur financier.
Jean-Pierre Lefranc reconnaît lui-même avoir un profil atypique dans le monde institutionnel. Après avoir passé plusieurs années à la direction financière de grandes entreprises cotées, françaises et étrangères, il a décidé de rejoindre la Fondation de France le 1er février 2012. Retour sur le parcours d'un homme qui n'était a priori pas destiné à se retrouver au coeur du monde associatif.
Un Conseil pour l'économie au Vatican présidé par un cardinal nommé Marx, cela ne s’invente pas. Mais l’archevêque de Munich, 60 ans, joue volontiers de son nom et est connu pour son appétence en matière économique. Il a d’ailleurs publié en 2008 un ouvrage titre Le Capital. Le pape François lui a confié la coordination de ce nouvel organe, dont la composition complète a été annoncée samedi par le Saint-Siège. Comme prévu par le motu proprio réformant la gouvernance économique du Saint-Siège, ce conseil comprend quinze membres, huit cardinaux et sept laïcs, des diverses parties du monde pour limiter l’emprise italienne. Avec la mise en place de ce conseil le pape poursuit sa réforme de la Curie, dont la création le 24 février dernier d’un Secrétariat pour l'économie, dirigé par le cardinal australien George Pell, fut un premier pilier. Les relations précises entre les deux nouvelles institutions seront précisées ultérieurement mais, comme l’a précisé dès samedi le P. Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le nouveau conseil pour l'économie « est un organisme qui aura sa propre autorité et ne sera pas un simple organe consultatif pour le Secrétariat ». Deux Français : le cardinal Ricard et Jean-Baptiste de Franssu Parmi les quinze nommés par le pape siégeront deux Français???: le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, et Jean-Baptiste de Franssu, consultant en fusions-acquisitions et expert en gestion d’actifs, qui figurait déjà parmi les membres de la commission référente d’experts créée le pape l'été dernier pour auditer les structures économiques et administratives du Vatican, et qui est désormais dissoute. Dans cet entretien exclusif, Jean-Baptiste de Franssu évoque la réorganisation actuellement mise en oeuvre de la gestion administrative et financière du Vatican et du Saint-Siège telle que l’a souhaitée le pape François. Ce spécialiste en conseil et stratégie dans la gestion des actifs a participé à l’audit conduit au Vatican d’août à décembre 2013.
Au moins dix banques américaines, dont JPMorgan et Goldman Sachs, sont sur le point de lancer à compter du mois prochain, en partenariat avec Tradeweb, une nouvelle plateforme de trading dédiée aux obligations privées d’émetteurs américains, rapporte le Financial Times. « Nous faisons une importante percée sur le marché des obligations corporates investment grade américaines, a confié au quotidien britannique le directeur général de Tradeweb, Lee Olesky. Nous avons écouté les gestionnaires d’actifs et avons obtenu le soutien des principaux fournisseurs de liquidité. » L’initiative des banques de Wall Street intervient en pleine crise de confiance sur leurs activités de trading obligataire, leurs revenus dans cette activité ayant chuté significativement en raison d’une faible volatilité, de nouvelles contraintes réglementaires et de la concurrence de plateforme d’exécution comme Bloomberg ou MarketAxess.
La banque spécialiste des marchés émergents, Standard Chartered a lancé un avertissement sur ses résultats, annonçant que ses bénéfices 2014 seront inférieurs à ceux de 2013 après une baisse de 20 % de ses profits au premier semestre en raison du ralentissement de son activité sur les marchés financiers, rapporte le Financial Times. Cette annonce intervient alors que la banque a perdu son troisième cadre dirigeant en l’espace de six mois. De fait, Lenny Feder, le responsable de l’activité sur les marchés financiers, a récemment pris un congé sabbatique de 12 mois et il ne devrait pas reprendre son poste. Ce départ fait suite à ceux de Richard Meddings, ancien « finance director » de la banque, et de Steve Bertamini, responsable de l’activité « consumer ».
La demande de fonds d’investissement alternatifs liquides étant appelée à croître, BlackRock a décidé de lancer un nouveau fonds à performance absolue destiné aux investisseurs institutionnels en Europe. Le fonds BlackRock Multi-Strategy Absolute Return Fund est «le premier fonds alternatif multi-stratégies conforme à la réglementation OPCVM – c’est à dire à la législation européenne – que BlackRock propose en Europe, et qui vient compléter sa gamme des fonds alternatifs et liquides en version UCITS», souligne BlackRock dans un communiqué. Le lancement de ce fonds intervient au moment où les nouvelles réglementations financières européennes (directive AIFM, Solvabilité II) et les valorisations historiquement élevées des marchés actions et obligataires incitent fonds de pension et assureurs à rechercher des sources alternatives de rendement «onshore».Le fonds suit cinq stratégies sous-jacentes de recherche d’alpha, à travers des stratégies actions, obligataires et global macro, et sera géré par l’équipe gestion diversifiée de BlackRock. Les stratégies sous-jacentes suivront une approche valeur relative afin de permettre au fonds de satisfaire à ses objectifs de rendements positifs dans diverses conditions de marché et ce, avec un meilleur profil de risque que de nombreux fonds «long-only» traditionnels.Les investisseurs institutionnels qui opteront pour ce fonds auront l’avantage de pouvoir réaliser des transactions (investir ou effectuer des rachats) sur une base journalière. En outre, les clients jouiront d’une totale transparence concernant les positions détenues par le fonds.«Il s’agit d’un vrai produit multi-stratégies. Les frais de performance sont calculés sur la performance agrégée des différentes sources d’alpha, ce qui fait de ce fonds un produit très compétitif. Nous pensons en outre que le niveau élevé de transparence du fonds constitue un avantage considérable pour les investisseurs», souligne Ingo Heinen, responsable des stratégies d’invetissement alternatives de BlackRock en Europe. Caractéristiques du fonds: Nom du fonds: BSF Multi-Strategy Absolute Return Fund Code ISIN (parti i): LU1058139459 Frais de gestion: 0,75% Frais de surperformance: 24% Minimum d’investissement: 1 million de dollars US (équivalent en euros)
Pas moins de dix banques américaines, parmi lesquelles JPMorgan et Goldman Sachs, s’apprêtent à lancer dès le mois prochain en partenariat avec Tradeweb, une nouvelle plateforme de trading dédiée aux obligations privées d’émetteurs américains. «Nous faisons une grande percée sur le marché des obligations corporates investment grade» a confié au quotidien britannique le directeur général de Tradeweb, Lee Olesky. Ce dernier se targue d’avoir «écouté les gestionnaires d’actifs et obtenu le soutien de fournisseurs majeurs de liquidité». L’initiative des banques intervient en pleine crise de confiance sur leurs activités de trading obligataire.
Il faudra attendre la rentrée pour savoir si La Mutuelle générale (LMG) opte pour un rapprochement avec Humanis ou avec Malakoff-Médéric. Patrick Sagon, président de LMG, avait annoncé, lors d’une conférence de presse, le 19 juin, que la mutuelle avait retenu en short-list ces deux groupes de protection sociale pour son projet de partenariat structurant. Il avait précisé que la décision d’entrer en négociation exclusive avec l’un d’eux pourrait intervenir lors d’un conseil d’administration, le 26 juin. Deux dossiers de qualité Cependant, le conseil a décidé de reporter la publication des bans. Il considère, «au regard de la qualité et de la richesse des deux dossiers étudiés et compte tenu de l’importance des enjeux stratégiques et économiques de ce partenariat, qu’une instruction complémentaire des propositions est nécessaire pour prendre une décision définitive», indique un communiqué. Tout en confirmant sa volonté de constituer, avec ce futur partenariat, «un modèle précurseur dans le secteur de l'économie sociale et solidaire [...] reposant sur deux piliers équilibrés paritaire et mutualiste», La Mutuelle générale annonce que le conseil d’administration, qui choisira l'élu pour l’entrée en négociation exclusive, se tiendra le 3 septembre.
Bervin Bouani vient de quitter Sham où il occupait le poste de gestionnaire de portefeuilles, en charge des investissements en private equity, depuis septembre 2008. Il rejoint Turenne Capital en qualité de Senior Investment Management. Il apporte à Turenne Capital son expertise en matière d’investissement dans des sociétés innovantes du secteur de la Santé, une expertise acquise chez Sham qui reste une des institutions les plus engagées dans ce domaine. Titulaire d’un Master II, Capital Markets & Corporate Finance décroché à l’université catholique de Lille en 2006, Bervin Bouani a débuté sa carrière comme Ingénieur financier junior chez CIC de mai 2007 à juillet 2008, avant de rejoindre Sham deux mois plus tard.
Adrea Mutuelle et CCMO Mutuelle engagent une «démarche de rapprochement visant à créer un partenariat stratégique afin de constituer, d’ici la fin de l’année, un pôle mutualiste d’envergure», annoncent les deux mutuelles dans un communiqué commun, ce jeudi 26 juin. Cette alliance, dont la forme n’est pas précisée pour l’instant, vise à développer des actions communes tout en conservant leur identité propre. Patrick Brothier, président d’Adrea, avait annoncé l’an dernier son intention d’engager des partenariats structurants. Créer des synergies Les deux mutuelles affichent en particulier comme objectifs d’organiser la vie mutualiste de proximité tout en ??uvrant dans les instances nationales, de fidéliser leurs adhérents par des offres et services innovants dans une approche multi-canal ainsi que de mettre en commun des moyens. Cette alliance a déjà été approuvée par les assemblées générales respectives de CCMO Mutuelle à fin mai et d’Adrea Mutuelle, le 25 juin 2014. Issue de la fusion mutuelles interprofessionnelles régionales, Adrea totalise un chiffre d’affaires de 542 M€ pour 986 000 personnes protégées. CCMO, dont le siège est à Beauvais (Oise), affiche un chiffre d’affaires de 110 M€ pour 184 000 personnes protégées. Adrea et CCMO se classent respectivement au 7e et 30e rang des mutuelles santé françaises (source Top 30 de la mutualité 2013 de l’Argus de l’assurance).
Pour les acteurs institutionnels, le pilotage de l’allocation d’actifs afin de répondre dès aujourd’hui aux exigences de la directive Solvabilité II, mise en application en janvier 2016, conduit trop souvent à considérer exclusivement le SCR. Contrairement aux objectifs poursuivis, ce réflexe intuitif peut générer des effets négatifs en termes de gestion des risques et dégrader ainsi la solvabilité. Convié aux Rencontres Mutuelles & Institutions de Prévoyance de Rothschild & Cie Gestion, Michel Piermay, Président de la société d’actuariat-conseil Fixage, a expliqué que le SCR n’est pas un indicateur de risque mais un indicateur réglementaire, qui sert à évaluer des fonds propres. Or cela ne suffit pas à optimiser la gestion sous Solvabilité 2, le SCR n'étant qu’une partie de l'équation. Le bon critère est celui du ratio de solvabilité, c’est-à-dire les fonds propres (provision calculée en Best Estimate) sur le SCR. Chercher à minimiser le SCR à tout prix revient à effectuer un arbitrage réglementaire parfois problématique, qui peut conduire à ignorer certains risques. En effet, le ???SCR marché' d’une obligation d’Etat ne tient compte que du risque de taux (et non du ???risque pays’). Une signature allemande, italienne ou grecque contribue ainsi de façon égale au SCR. La minimisation du SCR a conduit à préférer les signatures périphériques durant cette période, alors que leur risque était mal rémunéré, ce qui a provoqué des moins-values. Autre exemple, la minimisation du SCR a abouti à la sous-pondération en actions des portefeuilles des institutionnels depuis trois ans. Cela a contribué à majorer le choc standard actions, avec le rebond de ces dernières duquel les investisseurs sont restés à l'écart. Le rally des actions n’a pas profité aux assureurs et mutuelles français, a constaté Michel Piermay. La définition d’objectifs financiers adaptés à Solvabilité 2 appelle un pilotage systémique de l’ensemble des postes du bilan prudentiel, c’est-à-dire la provision calculée en Best Estimate, la marge de risque, les fonds propres économiques. La directive Solvabilité 2 n’est pas contradictoire avec la gestion institutionnelle traditionnelle. La logique qui a toujours prévalu chez les investisseurs institutionnels est celle de la stabilité, c’est-à-dire intégrer avec justesse l’ensemble des risques pour éviter les à-coups de marché et ne pas avoir à sur-réagir lorsque les risques se réalisent, a conclu le Président de Fixage
Passation de pouvoirs à la tête de la Smacl, la mutuelle des collectivités locales. Jean-Luc de Boissieu, ex-secrétaire général du Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (Gema), a été porté à la présidence du conseil de surveillance de la mutuelle d’assurance, le 20 juin, à l’issue de l’assemblée générale réunie à Evian. Un conseil de surveillance «fit and proper» L’arrivée de Jean-Luc de Boissieu coïncide avec le renouvellement de neuf des dix-huit membres du conseil de surveillance. Parmi les nouveaux entrants, notons, entre autres, la venue de Jean Auroux, fondateur de la fédération des villes moyennes, ancien maire de Roanne (42) et ancien ministre du Travail, de 1981 à 1983, sous la présidence de François Mitterrand, Patrick Ayache, directeur général des services de la ville de Besançon et Jean-Louis de Mourgues, diplômé de l’ENA, délégué général d’AG2R de 1990 à 2007 et maire adjoint de Crépon. «Ce renouvellement s’inscrit dans la perspective de Solvabilité 2. Nous souhaitions qu’il donne une juste image du sociétariat tout en poussant la compétence de nouvelles personnalités», souligne Jean-Luc de Boissieu. Et d’ajouter : «Je présente à l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR) un conseil représentatif avec un degré de compétence collective indiscutable.» De quoi convaincre le régulateur du caractère «fit and proper» («compétence et honorabilité») du conseil de surveillance dans la perspective de la directive Solvabilité 2. Une santé financière solide en 2013 La mutuelle niortaise a dévoilé, dans le même temps, ses comptes pour l’exercice 2013. Il en ressort un chiffre d’affaires de 341 M€ (+20 M€ par rapport à 2012), pour un résultat net de 6,1 M€, contre 1,2 M€ l’an passé, «acquis malgré une sinistralité climatique forte», rappelle Christian Ottavioli, président du directoire de Smacl Assurances depuis 2008. La tempête Dirk et les intempéries de fin d’année ont pesé entre 2 et 3 M€ sur le résultat net final. Malgré cela, le ratio sinistres à cotisations (S/C) s'établit à 84% toutes branches confondues, en amélioration de 5 points par rapport à 2012, pour un ratio de frais généraux de 19,8%. «Le marché n’est pas encore, de mon point de vue, à maturité. Le ratio S/C peut passer sous le seuil des 80% ou 75% en net de réassurance», précise Christian Ottavioli. Au plan financier, la Smacl renforce ses fonds propres de 11% pour atteindre 62,3 M€ et maintient sa marge de solvabilité à 161% hors plus values latentes et à 200% avec plus values latentes. Des partenariats à venir A propos de ses perspectives, la Smacl, ancrée historiquement dans l’assurance dommages des collectivités, n’exclut pas de nouer des partenariats futurs avec «des opérateurs financiers de la banque qui souhaitent construire avec nous», avance Jean-Luc de Boissieu, à l’instar du partenariat existant depuis dix ans avec Pacifica. L’objectif : conserver le leadership de la Smacl sur le marché de l’assurance des risques territoriaux, loin devant son concurrent direct, Groupama. A ce jour, la mutuelle, qui emploie 700 salariés, assure une commune française sur quatre, 56% des villes de plus de 2500 habitants, 90% des conseils régionaux et généraux, 31% des communautés de communes et 75% des communautés d’agglomérations. La réduction du mille-feuille administratif : une opportunité Concernés au premier plan par le projet de loi portant sur la réforme territoriale présenté au Conseil des ministres du 18 juin 2014, les dirigeants de la Smacl y voient davantage «une opportunité, plus qu’un handicap». Parmi les principales dispositions du texte, le projet de loi prévoit notamment un regroupement des régions, la suppression des départements et des intercommunalités de moins de 20 000 habitants. «Les intercommunalités qui lanceront des appels d’offres le feront avec une plus forte expertise. Nous avons observé que plus les cahiers des charges étaient denses, meilleur était notre taux de pénétration», rappelle Michel Paves, président sortant du conseil de surveillance. Et d’ajouter : «Nous ne redoutons pas une mise en concurrence organisée, bien au contraire.»
Beaucoup de bureaux, suffisamment de commerce et un peu d’hôtellerie et de santé : c’est, selon une étude exclusive du cabinet d’expertise-comptable et d’audit Denjean & Associés réalisée en partenariat avec Business Immo et La Tribune, le tiercé de tête des investisseurs immobiliers pour 2014. Au rayon des actifs délaissés : la logistique, jugée « trop technique, très règlementée et souffrant du mauvais état de l'économie française. Et surtout le logement qui ne rallie que très peu de suffrages avec 40 % des investisseurs interrogés qui vont diminuer ou stopper leurs investissements cette année. Les motifs les plus souvent avancés restent « le niveau trop élevé des prix, le rendement faible voire nul de ce placement et la forte méfiance suscitée par les différentes réformes intervenues récemment et en cours ». « Seuls 3 % des investisseurs jugent son rendement global attractif. Si l’on ajoute le fait que 90 % des professionnels trouvent cet investissement difficile à gérer, ces réactions suffisent à expliquer pourquoi les investisseurs boudent cette classe d’actifs », ajoute Thierry Denjean, président de Denjean & Associés. L’aversion des investisseurs pour le logement gagne du terrain Désavoeu cinglant enfin pour le logement : la mesure de la loi de finances 2014 en faveur du logement - une TVA à 10 % et une exonération de taxe foncière pendant 20 ans pour la construction de logements neufs - est rejetée par 77 % des investisseurs. Au hit parade des mesures qui pourraient booster le secteur du logement : l’exonération de plus-values immobilières, les ventes à la découpe facilitées et l’arrêt de l’obligation d’inclure dans toute construction de logements neufs une part de social. « C’est un message que nos gouvernants ont intérêt à entendre s’ils veulent que les investisseurs professionnels modifient leur perception de l’immobilier de logement et fassent, à celui-ci, une vraie place dans leurs portefeuilles », conclut Thierry Denjean.
Bercy souhaite améliorer les procédures d'échange d’informations en matière fiscale entre Berne et Paris. Dans une interview au Temps, le ministre français des Finances Michel Sapin, en visite à Berne ce mercredi, critique la «lenteur» de certaines procédures actuelles et évoque un «nouvel accord bilatéral» plus efficace.Avec la ministre suisse des finances, Eveline Widmer-Schlumpf, «nous allons signer un avenant à la convention fiscale bilatérale qui vise à simplifier les conditions de l'échange d’informations sur demande», souligne Michel Sapin. «Le nouvel accord permettra à la France de faire des demandes groupées sur plusieurs contribuables» et «sans citer précisément l'établissement financier dépositaire du compte».Les réponses suisses seront ainsi «de meilleure qualité» et «transmises plus rapidement», affirme le ministre, qui enjoint Berne à se rallier à «cette ère nouvelle» et "à la transparence» en matière fiscale. Il assure en outre que les demandes groupées ne visent pas d'établissements en particulier.
Michel Cazaugade, praticien hospitalier à l’hôpital de Mont-de-Marsan, vient d'être élu président du Groupe Pasteur Mutualité. Il succède à Bruno Gaudeau, dans l’impossibilité de se représenter, après que l’ACPR autorité de contrôle prudentiel et de résolution a signifié que les administrateurs dont le mandat venait à échéance fin mai ne pourraient continuer à siéger au conseil d’administration, comme l’a révélé La lettre de l’assurance. Une présidence somme toute très fragile puisque l’autorité de contrôle a, entre temps, engagé une procédure visant à mettre le groupe sous administration provisoire. Une solidité financière affichée Une décision pour le moins surprenante puisque ce groupe spécialisée dans la couverture des professionnels de santé présente a priori des comptes solides, avec notamment une marge de solvabilité de 567%. En fait, selon nos informations, l’ACPR lui reprocherait une gouvernance non conforme. Plus précisément, les bulletins d’adhésion aux 86 mutuelles de base de Livre III seraient invalides car communs aux contrats d’assurance. Ce qui entacherait tout le scrutin pyramidal classique en mutualité : les adhérents élisent des délégués, qui élisent des administrateurs, qui élisent le conseil d’administration de l’union mutualiste AGMF Prévoyance, qui élit le président du Groupe Pasteur Mutualité. In fine, l’autorité de contrôle estimerait réel le risque de blocage du fonctionnement du groupe, ce qui constitue bien un motif de nomination d’administrateur provisoire. Un plan de régularisation Si cette situation remonterait à plus d’une vingtaine d’années, l’ACPR aurait mis les pieds dans le plat l'été dernier et serait convenue d’un plan de régularisation avec les dirigeants du Groupe Pasteur Mutualité. L’assureur mutualiste, qui n’appartient pas à la Mutualité française, aurait ainsi refait souscrire les adhérents avec l’objectif de réélire ses instances, et lancé la création d???une mutuelle de livre II, GMP santé, afin de lui transférer l’ensemble des actifs de l’union mutualiste AGMF prévoyance. Une sanction disproportionnée Mais visiblement, cela n’aura pas suffi. Selon nos informations, l’ACPR considérerait que Groupe Pasteur Mutualité n’a pas activé ce plan de régularisation assez rapidement. Certains évoquent aussi des différences d’appréciation et d’information entre les contrôleurs et le collège de l’ACPR. En tout état de cause, le ciel est tombé sur la tête des dirigeants du groupe qui estiment qu’une mise sous administration provisoire serait totalement disproportionnée au regard du problème de formalisme. Décision attendue cette semaine A moins que d’autres motifs aient conduit l’ACPR à envisager cette mesure rarissime. Certains ne manquent pas d'évoquer la liquidation du courtier Assor : Groupe Pasteur Mutualité était non seulement l’un de ses créanciers mais avait également investi dans la société de Stéphane Verdeil. A l’heure où nous écrivions ces lignes, l’autorité de contrôle n’avait pas encore apporté de réponse à notre sollicitation. Mais ses motifs pourraient être exposés rapidement avec la publication de sa décision qui pourrait intervenir dès cette semaine. Et au sein du Groupe Pasteur Mutualité, on ne s’attendait pas forcément à un traitement de faveur.
Au 13e congrès des actuaires qui se tient ce 20 juin à Paris (84,3 % de ces professionnels travaillent en Ile-de-France), les « architectes du risque », selon l’expression de l’un d’entre eux, auront plaisir à discuter des nombreux sujets qui animent leur communauté. Il faut dire qu'à l’heure où l’emploi des cadres souffre de la conjoncture, les actuaires, eux, ne connaissent pas vraiment la crise. « Les profils dotés de deux à huit années d’expérience sont particulièrement recherchés », observe Nicolas Ladoucette, dirigeant d’Actualise Search & Selection, cabinet de chasse de têtes spécialisé dans l’actuariat. Si ce dernier est basé à Londres, 80 % de ses missions concernent le marché français. « L’impact de Solvabilité II joue davantage sur les cabinets de conseil qui sont très demandeurs que sur les groupes d’assurance, leurs principaux employeurs, qui restent timorés, explique le chasseur de têtes. Et il faut aussi rappeler que recruter des actuaires a un coût...élevé. » Inflation sur les salaires Depuis 2009, les salaires de ces experts bénéficient d’une tendance à la hausse qui n’est pas contrariée à ce jour. Dans le conseil et l’assurance, les juniors affichent des rémunérations fixes situées entre 38.000 euros et 40.000 euros par an. Après dix années d’expérience, elles peuvent dépasser 80.000 euros dans les deux secteurs (lire le tableau page 40). Dans ce contexte, les employeurs (compagnies d’assurance, cabinets de conseil, institutions de prévoyance, groupes d’audit...) ont compris que la rétention des talents ne devait pas être négligée. Ainsi, de plus en plus d’actions RH sont mises en place pour gérer et accompagner les carrières de ces professionnels issus de formations scientifiques de haut niveau. Formation continue Chez BNP Paribas Cardif, un dispositif continu a été déployé pour les 400 actuaires qui exercent en France et à l’international : une formation initiale d’une semaine, des conférences téléphoniques régulières pour échanger sur des sujets techniques de leur choix, un séminaire biennal pour les confirmés et la création d’une communauté permettant le partage d’information. Mohamed Baccouche, lui, a rejoint Axa France après ses études à l'École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), une des dix formations reconnues par l’Institut des actuaires (IA). « Lorsque je suis arrivé, j'étais chargé d'études actuarielles. Puis j’ai gravi les échelons », raconte celui qui occupe aujourd’hui le poste de responsable de l’actuariat assurance de personnes chez Axa France. C’est justement l'évolution interne qui a incité ce spécialiste de 42 ans à ne pas changer d’employeur en quatorze ans. « Si je suis resté fidèle à mon entreprise, c’est parce que l’on peut innover chez Axa France !, souligne-t-il. Il y a ce côté entrepreneur dans un grand groupe et j’ai toujours été encouragé par le management, notamment en élargissant mes champs d’intervention. J'étais dans l’action et je voulais mettre en oeuvre mes idées. Il est important pour un actuaire d’avoir les moyens de son action, tient à ajouter ce professionnel, d’abord afin de s'épanouir mais aussi pour rester créatif et innovant, car le nerf de la guerre est vraiment là. » D’ailleurs, pour répondre à ce besoin constant d’innovation, l’une des principales spécificités de la profession consiste à devoir se former en continu. L’IA a en effet instauré une règle pour ses membres : attester tous les ans leurs démarches de formation afin de pouvoir conserver la certification délivrée par l’IA. Depuis le 1er janvier 2013, le titre d’actuaire certifié de l’institut n’est accordé qu'à ceux ayant satisfait à cette obligation. Dans le cas contraire, le titre est retiré par l’IA qui diffuse la liste des professionnels concernés sur son site Internet. Pour accompagner cette nécessité de développement professionnel, et retenir leurs experts en calcul des risques, les entreprises épaulent leurs actuaires sur le terrain de la formation. « Nous permettons à de plus en plus de collaborateurs de suivre des formations continues permettant d’obtenir le diplôme reconnu par l’IA. Et nous la finançons intégralement », explique Pierre Arnal, directeur général d’Actuaris, cabinet de conseil en actuariat, où la moitié des 115 salariés est actuaire. Evolution normée Son concurrent Optimind Winter a adopté la même approche, comme l’indique Julie Norguet, DRH de ce cabinet qui emploie 180 personnes, dont 70 actuaires : « Nous incitons nos consultants en actuariat à se former auprès du Centre d'études actuarielles et du Conservatoire national des arts et métiers afin d’avoir le statut reconnu par l’IA. A ce titre, chaque année, nous accompagnons plusieurs de nos collaborateurs dans ce type de parcours ». En outre, l'évolution s’effectue naturellement dans le secteur du conseil, où les nouveaux arrivants progressent en franchissant différents paliers qui correspondent à des grades (junior, junior confirmé, manager, senior manager etc.). « Les parcours sont très suivis et très normés chez Actuaris, déclare son dirigeant. Un jeune arrivant peut tracer toute sa carrière. Il y a une dizaine de grades. Certains d’entre eux sont structurants, c’est-à-dire qu’ils ouvrent l’accès à des postes de management ou d’associés, et donnent lieu à des ???assessments’. » Evaluations serrées Qui dit évolution, dit aussi...évaluation. Les actuaires consultants voient leurs missions scrutées de très près par leurs managers et leurs DRH. Actuaris a ainsi créé un processus interne, le « work excellence », qui permet aux collaborateurs de disposer d’une grille d’analyse et d'évaluation du parcours complet, du poste de stagiaire à celui d’associé. « Il faut maintenir un contact important et régulier, affirme la DRH d’Optimind Winter. C’est pourquoi, parallèlement aux entretiens annuels, nous menons aussi depuis quelques années des entretiens trimestriels qui consistent en des points formels entre les consultants et leurs managers afin de faire le bilan de l'état d’esprit du collaborateur, l’avancement de ses missions. Le cas échéant, nous lançons rapidement les actions utiles permettant de l’accompagner au mieux, comme la mise en place de formations par exemple. » D’autres initiatives visent à étendre les compétences des actuaires dans le domaine du management, où ils ne sont pas toujours à l’aise. « Le management est un vrai sujet pour eux car leur formation initiale ne les y prépare pas, relève Pierre Arnal. On constate une nette différence sur ce point par rapport aux personnes issues d'écoles de commerce. Il s’agit de profils que nous recrutons également pour favoriser la diversité. » Arrivée en 2005 chez Actuaris après deux ans au sein d’un autre cabinet, Anne-Charlotte Bongard a progressé au fur et à mesure pour accéder à une fonction stratégique. « En 2009, j’ai pris la responsabilité d’une activité avec une équipe qui est passée de trois consultants à quinze aujourd’hui. Et tout récemment, j’ai été nommée associée au sein du cabinet, je suis donc membre du comité de direction, ce qui me permet de participer aux décisions stratégiques », raconte la jeune femme de 35 ans, diplômée de l’université Paris-Dauphine. De nouveaux horizons géographiques peuvent aussi s’offrir à ces experts. C’est la trajectoire qu’a choisie Yann Renaut, directeur technique en Irlande chez Caci, filiale de Crédit Agricole Assurances spécialisée en assurance des emprunteurs en France et à l’international. En 2011, quatre ans après avoir rejoint le groupe Crédit Agricole Assurances pour piloter l’activité actuarielle et l’asset liability management des filiales à l’international, il décide de prendre le poste qu’il occupe actuellement. « Avoir une expérience professionnelle à l’international était un souhait et je l’avais clairement exprimé, raconte ce professionnel de 37 ans, basé à Dublin. Je voulais élargir mes horizons et manager des collaborateurs en anglais. Aujourd’hui, je gère une équipe de 32 personnes, en majorité des actuaires, de plusieurs nationalités différentes. Je pense que promouvoir les mobilités à l’international constitue une source de motivation pour de nombreux actuaires, c’est un bon moyen de retenir les talents. Néanmoins, je constate que cette approche n’est pas généralisée dans tous les groupes d’assurance et les parcours internationaux restent encore atypiques... »
Selon nos informations, Erik Christiansen a quitté le poste de directeur adjoint de CDC Proppriété Intellectuelle en mai 2014. Il était chargé de concevoir des outils de notation pour garantir plus de liquidité et de transparence sur le marché de la propriété intellectuelle. Erik Christiansen fut également Responsable de la stratégie d’investissement de l’ERAFP de 2007 à 2011. En juin 2014, il a rejoint l’Edhec Risk Institute en tant que Senior Business Development Director. Erik Christiansen sera chargé de développer la plateforme web Scientific Beta qui permet à tout investisseur d’accéder à un coût extrêmement bas (voire gratuitement pour une série d’indices « flagship ») à toute l’information qui compose les indices, de « customiser » ses propres indices en fonction de son profil et de ses objectifs, et donc de gagner en transparence et surtout en contrôle des risques.
Christophe Gegout et Hervé d'Arcimoles, respectivement directeur financier et chef de service financement et trésorerie du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), acteur majeur de la filière nucléaire, nous expliquent comment sont gérés les fonds de démantèlement.
En tant que responsable du développement externe chez Aviva Investors France, Véronique Cherret nous explique comment sa société de gestion fait face à l'évolution de la demande en matière de reporting et nous éclaire sur les enjeux pour les différents acteurs de la gestion d'actifs.
L'Afrique de l'ouest et l'Afrique centrale ont mis en oeuvre une réforme majeure pour le private equity: l'acte uniforme qui intègre la variabilité du capital , explique Laureen Kouassi-Olsson, responsable des institutions financières chez Amethis Finance.
Selon nos informations, Olivier Cassin a quitté bfinance où il occupait le poste de directeur associé de la recherche, en étant basé à Londres. Il va prochainement rejoindre une société de gestion installée dans la capitale britannique. Il reste par ailleurs actionnaire de référence de bfinance.
Après une carrière dans le secteur minier, ce Lorrain entend assurer l’avenir de la mutuelle retraite qu’il préside en renouvelant ses adhérents. Notre entretien devait initialement se dérouler dans l’un des bars à bières de la capitale. « Malheureusement, ceux-ci sont trop bruyants, et souvent fermés en début d’après-midi », précisera finalement le service de communication de la Carac. Amateur éclairé dans le domaine brassicole, Claude Tarall aime partager sa passion. Créateur de la Confrérie Saint-Nabor de la bière de Saint-Avold, ce Lorrain tient à rappeler qu’il en est toujours le grand maître. Un rôle qui lui tient à coeur, mais auquel ce sexagénaire dit « consacrer aujourd’hui moins de temps en raison des responsabilités » qui sont les siennes par ailleurs. Parcours d’entrepreneur Il est vrai que depuis qu’il a pris sa retraite en 2005, Claude Tarall ne s’ennuie pas. Très engagé dans sa région, il siège au tribunal de contentieux de l’incapacité de Nancy comme juge assesseur représentant des employeurs, occupe la vice-présidence de l’Association pour l’entraide médicale en Moselle Est et celle de la télévision intercommunautaire locale TV8 Moselle Est. Ces activités très prenantes ne l’empêchent pas de passer deux jours par semaine à Paris, précisément à Neuilly-sur-Seine, au siège de la Carac. Une mutuelle qu’il préside depuis deux ans et dans laquelle sa place a parfois été contestée. En effet, avant de proposer des solutions d'épargne et de retraite accessibles à tous, la Carac s’est fait connaître comme Caisse autonome de retraite des anciens combattants. Or, Claude Tarall restera le premier président de la mutuelle à ne pas être monté au front. « Né en 1947 et sursitaire, j’ai été exempté de service militaire », s’amuse-t-il. Avant de préciser : « Pour autant, ce monde me parlait. Je baigne dedans depuis tout petit, mon père ayant été résistant et déporté durant la Seconde Guerre mondiale. Ma nomination à ce poste n'était donc pas anodine, surtout que la mutuelle avait besoin de prendre un nouveau virage tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices. Mon parcours d’entrepreneur a certainement aussi attiré l’attention des administrateurs. » Recruté en 1973 aux Houillères du Bassin de Lorraine, Claude Tarall a fait toute sa carrière dans le secteur minier. « J’ai travaillé exactement trente-deux ans dans cette entité du groupe Charbonnages de France. Une société dans laquelle j’ai gravi tous les échelons, occupant au total pas moins de dix-sept postes », indique fièrement ce diplômé de l'École nationale supérieure des mines et de la métallurgie de Nancy. Rentré en tant qu’ingénieur du fond, il finira directeur des activités industrielles de l’entreprise. Agrandir la famille En parallèle, il exercera des fonctions syndicales, notamment comme président du syndicat CFE-CGC des ingénieurs des industries extractives de Lorraine (SIIEL). « J’ai été viscéralement attaché à ce secteur, que j’ai vu progressivement mourir au début des années 2000 », reconnaît-il. Or, Claude Tarall n’entrevoit pas le même destin pour la Carac, qui fête son quatre-vingt-dixième anniversaire. Pourtant, la moitié de ses 342 000 adhérents sont aujourd’hui d’anciens combattants, âgés de plus 75 ans. « Inéluctablement, nous allons donc devoir les remplacer dans les prochaines années. C’est notre principal challenge. » Pour conquérir de nouveaux adhérents, Claude Tarall ne manque pas d’idées : ouvert aux partenariats, il a l’intention de concevoir et de distribuer des produits qui ne sont pas dans le coeur de métier de la mutuelle, sans pour autant se positionner sur le marché de la santé. « Quel que soit l’avenir, je veux que nous restions une mutuelle familiale, proche des gens. » À son image.