C’est une tendance lourde. Le secteur de la gestion d’actifs en Europe joue un rôle crucial et de plus en plus important dans le financement de l’économie réelle. Sur la base des frais de personnel, des taxes payées et des bénéfices réalisés, le secteur européen de la gestion d’actifs contribue en moyenne à hauteur de 0,35% par an au PIB européen, selon une étude rédigée de Jens Hagendorff, professeur de finance et d’investissement à l’université d’Edimbourg, avec le soutien de EY (1). L’étude dispose du potentiel nécessaire pour combler le vide laissé par les banques pour financer l’économie réelle en Europe. Le secteur européen de la gestion d’actifs pèse très lourd, les actifs sous gestion représentant plus de 115% du PIB européen (ou près de 17.000 milliards d’euros). Le secteur emploie directement environ 95.000 personnes et indirectement 530.000 emplois équivalents plein temps. La valeur ajoutée du secteur est particulièrement marquée au Royaume-Uni, où il contribue à hauteur de 1% par an au PIB, et en France où la contribution au PIB est de 0,5% par an. En termes absolus, les chiffres sont également très significatifs, avec une valeur ajoutée de l’ordre de 50 milliards d’euros pour le secteur européen. «Ce qui est particulièrement marquant dans le secteur, c’est le rythme auquel il progresse. Sur la base des statistiques de l’OCDE pour le Royaume-Uni en 1980 et des données comparables aujourd’hui, le secteur européen a été multiplié par six en un peu plus de 30 ans. Cette évolution, due en grande partie à l’augmentation, au vieillissement et à l’enrichissement des populations, ne semble pas près de ralentir. L’asset management est une réussite européenne. Les responsables politiques devraient reconnaître le potentiel du secteur de la gestion d’actifs pour jouer un rôle plus important dans le financement de l’économie réelle», commente Roy Stockell, responsable Wealth & Asset Management pour EMEIA chez EY. Le secteur joue déjà un rôle clé dans le financement de l’économie. En 2012, le secteur détenait des titres de dette détenus par des résidents de la zone euro pesant quelque 4.000 milliards d’euros. Ce qui représentait alors 23% de l’encours obligataire et 32% de la valeur des prêts bancaires de la zone euro. Ce ratio monte à 43% si l’on exclut les prêts hypothécaires du total des prêts bancaires. Côté actions, les chiffres sont également très significatifs. En 2012, les gestionnaires européennes pilotaient des actions pour une valeur de 1.374 milliards d’euros, soit 31% de la valeur de marché des sociétés cotées de la zone euro et près de 40% du flottant des sociétés cotées européennes. L’étude relève que près de 500 milliards d’euros dans la valeur du marché des actions européennes sont liés au rôle que jouent les gestionnaires européens dans l’amélioration de la gouvernance des sociétés dans lesquelles ils investissent. «L’épargne long terme et la gestion des risques sont au cœur de ce que le secteur peut offrir, ce qui le rend tout à fait apte à fournir du financement de long terme aux entreprises européennes. Dans cette mesure, le secteur constitue un lien primordial entre les investisseurs et les besoins de l’économie réelle», commente Jens Hagendorff. «Il faut aussi souligner que le secteur de la gestion d’actifs en Europe ne nécessite pas un mécanisme coûteux de sauvetage et peut en conséquence proposer des solutions de financement moins coûteuses que celles des banques, générant des économies importantes pour la société», ajoute-t-il. (1) Societal and Economic Impacts of the European Asset Management Industry