Churchill Franklin, le directeur général d’Acadian, adore les anecdotes. A l’instar de cette requête, jugée un peu saugrenue en son temps, il y plusieurs années, qui l’a amené à se rendre en Australie pour une présentation de seulement 20 minutes, non pas dans la capitale Sydney, mais à Perth! Mais au bout de 25 ans à la tête d’une société de gestion, une «boutique» selon la terminologie américaine, qui gère tout de même 70 milliards de dollars, soit environ 66 milliards d’euros, il n’est pas si étonnant que son responsable ait quelques histoires à raconter! «L’innovation est au cœur de notre stratégie», soulignait récemment Churchill Franklin à Newsmanagers qui a cofondé la société. «Nous avons développé des algorithmes d’analyse sophistiqués pour favoriser une sélection active des actions. Nous avons été parmi les premiers à nous intéresser, au début des années 1990, aux marchés émergents et nous avons été aussi parmi les premiers à nous tourner vers les marchés frontières en 2007", souligne Churchill Franklin. «Notre philosophie d’investissement comporte deux grandes étapes, l’analyse fondamentale des titres qui est ensuite passé au crible d’une analyse quantitative. Cette approche nous permet d'éviter de nous laisser influencer par les bruits de marché que décrit si bien la finance comportementale», explique Churchill Franklin. Résultat, la société, dont la base de données couvre quelque 40.000 titres dans plus de 60 pays, compte quelque 200 grands clients institutionnels à travers le monde. Dès l’origine en 1988, Acadian s’est présentée comme un gestionnaire d’actions globales hors Etats-Unis qui gère aujourd’hui une cinquantaine de stratégies différentes sur les actions internationales et les marchés émergents. Tant des stratégies ouvertes Global Equity, Long/Short Equity, Managed Volatility, Emerging Markets Debt, que des stratégies sur mesure répondant aux besoins spécifiques des clients. Ce développement autour de trois grands piliers, les marchés émergents, les actions et le fixed income, qui s’accompagne d’une écoute permanente des clients et qui peut aussi surfer sur l’intérêt croissant de la clientèle institutionnelle, notamment les fonds de pension, pour les émergents, semble constituer un excellent compromis. La collecte nette s'élève à environ 2,3 milliards de dollars depuis le début de l’année, précise Churchill Franklin. Le développement de la société basée à Boston repose sur trois grandes zones géographiques. L’équipe de Boston couvre le marché américain, le bureau de Londres à partir duquel Acadian couvre l’Europe continentale, et le bureau de Singapour qui, avec une équipe d’une douzaine de personnes, permet de servir l’Asie, le Moyen-Orient et le Pacifique. Plus de 40% des actifs sous gestion de la société émanent de l’international, les Etats-Unis représentant 59,2% du total. Les actifs européens totalisent 22,5% du total des actifs, soit quelque 10 milliards d’euros émanant de quelque 120 clients. Au sein du marché européen, les fonds au format Ucits représentent 23,6% du total, les fonds domiciliés en Irlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni représentant respectivement 29%, 25,7% et 12,3% du total des actifs européens. «Notre activité se développe en Europe, mais avec des fortunes diverses. Il y a trois marchés sur lesquels nous avons du mal à nous développer, la France, l’Allemagne et l’Italie. L’une des difficultés pour nous est que les fonds de pension y sont peu développés», explique Churchill Franklin. Les actifs d’Acadian en France ne représentent encore que 0,7% du total européen...». Le marché français est donc bien difficile d’accès. Mais certainement pas hermétique comme le montrent les succès remportés par de nombreuses sociétés anglo-saxonnes. Churchill Franklin en est bien conscient et souligne que les investisseurs français, certes très attachés à l’obligataire et au monétaire, sont aussi à la recherche de rendement et semblent commencer à s’intéresser aux actions. Bien entendu, l’intérêt est encore timide mais il y a là une porte d’entrée qui peut permettre à Acadian de promouvoir son expertise, par exemple sur les petites capitalisations émergentes ou sur les stratégies de volatilité pilotée…