Le secteur des ETF devrait continuer de progresser. Les investisseurs institutionnels devraient accroître leurs allocations, la taille des fonds devrait augmenter, et les promoteurs d’ETF devraient prendre des parts de marché aux autres gestionnaires, actifs ou passifs.Sauf avis de gros temps sur les marchés, la croissance du secteur des ETF pourrait se situer en 2015 entre 10% et 15% aux Etats-Unis, entre 20% et 25% en Europe et entre 25% et 30% dans la région Asie-Pacifique, selon un sondage réalisé par EY auprès d’une soixantaine de promoteurs, investisseurs, teneurs de marché et fournisseurs de services actifs des deux côtés de l’Atlantique et dans la région Asie-Pacifique. Les émetteurs ayant participé au sondage représentent 84% des actifs globaux du secteur.Le sondage souligne que les fonds de pension et les assureurs pourraient augmenter leur exposition aux ETF. La moitié des investisseurs institutionnels interrogés envisagent d’accroître leur allocation aux ETF durant les douze prochains mois.Les participants au sondage sont plus nombreux que l’an dernier à estimer que des fonds inférieurs à 50 millions de dollars sont viables économiquement (23% cette année contre seulement 8% en 2013) mais cette conclusion est due pour l’essentiel à la forte croissance des ETF en Asie-Pacifique. En réalité, les objectifs de taille des ETF augmentent, notamment aux Etats-Unis et en Europe, 18% des participants chiffrant la taille idéale d’un fonds à plusieurs centaines de millions de dollars. Les teneurs de marché se montrent très sceptiques sur la viabilité des fonds inférieurs à 50 millions de dollars compte tenu de leur illiquidité supposée et les institutionnels ont souvent des exigences qui dépassent celles des promoteurs en termes de taille. De nombreux institutionnels préfèrent investir dans des fonds supérieurs à 100 millions de dollars. La plupart des promoteurs visent un capital d’amorçage de 30 millions de dollars, les volumes les plus courants se situant entre 10 et 20 millions de dollars. Toutefois, avec la moindre liquidité du marché européen, le tiers des sondés de la région mettent la barre de l’amorçage entre 40 millions et 50 millions de dollars. La tarification reste sous pression, les participants au sondage se montrant encore plus pessimistes que l’an dernier. En 2013 en effet, moins de 10% des participants prévoyaient une augmentation des frais; en 2014, plus personne ne se risque à tabler sur une hausse, la majorité de l’échantillon s’attendant à un recul de plus de deux points de base et un cinquième des baisses de 5 points de base ou plus.Le marché européen est confronté à une série de défis spécifiques, souligne l’étude. La fragmentation du marché européen continue de constituer un frein au développement du marché, avec des fonds de petite taille en moyenne qui compliquent la recherche de l’efficience. La liquidité, également un point de préoccupation, est un autre frein de première importance au développement du marché. Autre souci européen, la cotation croisée qui force les teneurs de marché à acheter et vendre le même produit sur différentes places. Reste le marché retail, qui ne représente que 15% du total, contre 45% aux Etats-Unis. «De plus en plus de promoteurs européens espèrent que les réformes de la réglementation de la distribution retail viendront à leur secours, mais nous ne considérons pas la réforme de la réglementation comme une panacée. Le fait que la plupart des plateformes et des supermarchés interdisent le trading intraday constitue un obstacle majeur. De même que le fait qu’ils fournissent beaucoup moins d’informations qu’aux Etats-Unis, où les investisseurs retail ont la possibilité de comparer un large éventail d’ETF, d’analyser les coûts et de recevoir des recommandations», commente Lisa Keal, responsable EMEIA Wealth & Asset Management ETF chez EY.Cela dit, indique EY, le marché européen reste intéressant, en raison notamment des régimes fiscaux différents appliqués aux fonds américains et européens. Les promoteurs américains continuent d’ailleurs d’enrichir leurs gammes européennes et de rester à l’affût d’éventuelles possibilités d’acquisition. On peut aussi relever que le déficit d’information est peut-être en bonne voie de résorption avec le lancement récent par Koris International d’une plateforme d’analyse des ETF européens, il est vrai réservée aux institutionnels…