Avec un encours qui s’établit à 215 milliards à la mi-2014, le marché allemand de l’architecture ouverte se présente comme le champion de la zone euro en la matière. Un poids prépondérant donc qu’il convient de rapporter aux 540 milliards investis en OPCVM dans les portefeuilles des ménages outre-Rhin. Et encore a-t-on exclu ici les délégations de gestion avec des sociétés tierces et autres partenariats stratégiques qui, pour leur part, représente environ 40 milliards d’euros... Dans ce cadre, invité sur Newmanagers TV, Richard Bruyère, président du groupe Indefi dont la mission est de conseiller les sociétés de gestion dans leur développement, est venu détailler les grandes caractéristiques de ce marché et ses récentes évolutions. « Le marché de l’architecture ouverte est très cloisonné ce qui explique l’absence dans ce domaine d’institutionnels », a rappelé Richard Bruyère. Il s’agit d’un marché essentiellement retail et de distribution de fonds (fund salers), à l’inverse de la France où 15 % des encours en architecture ouverte sont issus des investisseurs institutionnels et où les 2/3 du marché sont constitués par des «fund buyers». Autrement dit, des clients qui achètent des fonds pour fabriquer leur propre gestion. Cela étant, au terme de son étude, Richard Bruyère a insisté sur le fait que la structure du marché outre-Rhin est à la base d’une profonde mutation. «Compte tenu de sa nature, le marché composé de conseillers financiers (advisories), de distributeurs de fonds s’est montré très vite sensible aux évolutions réglementaires, notamment Mifid 2, ou aux « lourdeurs administratives liées à la réglementation », a-t-il insisté. «Tout ceci est à la base de la migration des business models des différents canaux de distribution», a exposé le responsable. Avec d’un côté l’essoufflement d’acteurs traditionnels comme les fonds de fonds, les banques retail, les banques privées. Tandis que le relais de croissance est repris par de nouveaux acteurs qui ont le vent en poupe, à l’image des sociétés de gestion indépendantes (ou Registered Investment Advisors), des compagnies d’assurances, ou encore des banques en ligne dont le poids en Allemagne est quatre fois plus important qu’en France. Et l’offre de fonds à proprement parler ? Toujours selon le président d’Indefi, le segment de la distribution externe en Europe est en train d’imploser. Et l’Allemagne ne fait pas exception. Dans ce cadre, auprès des particuliers par exemple, le poids de la gestion indicielle via les ETF qui se présentent comme des produits simples, lisibles et peu couteux doit s’accroître, aidés probablement par le développement des distributeurs en ligne. Et la gestion française ? D’ores et déjà, des sociétés entrepreneuriales françaises ont réussi a rappelé le responsable - à l’image de Carmignac Gestion ou de Mandarine Gestion. Mais les filiales de grands établissements comme Axa IM, Amundi ou BNP Paribas IP y ont également leur place, même si il est probable, selon Richard Bruyère, que ces sociétés de gestion soient plus présentes auprès des investisseurs institutionnels. Plus précisément, la gestion flexible hexagonale a su démontrer sa qualité. Quoi qu’il en soit, l’Allemagne reste un marché en croissance tant en ce qui concerne son taux d’épargne que les montants investis. Et compte tenu de sa population vieillissante, il offre nécessairement un potentiel élevé dont les sociétés de gestion en général peuvent tirer profit... Vous pouvez regarder la vidéo en cliquant sur le lien suivant : http://www.newsmanagers.com/NewsManagersTV/unexpertvousparle.aspx?id=944