Les banques privées suisses sont inquiètes pour la sécurité de leurs nombreux clients étrangers dont les noms et avoirs seront bientôt dévoilés aux autorités de leur pays en vertu de la fin du secret bancaire, rapporte L’Agefi suisse. Dans un communiqué publié le 27 mars, l’Association de banques privées suisses (ABPS) demande à Berne une ultime vérification avant la transmission en septembre de leurs données bancaires, avec l’entrée en vigueur de l’échange automatique d’informations (EAR). Depuis le 1er janvier 2017, les banques collectent les données fiscales pour 38 pays et le gouvernement propose d’en rajouter 41 autres l’année prochaine, dont le Mexique, la Russie ou encore la Chine."L’ABPS ne conteste pas l’activation de l’EAR avec ces 41 pays supplémentaires, mais souhaite que des vérifications soient encore effectuées avant le premier échange vers chacun d’entre eux. En effet, un standard global de lutte contre la soustraction fiscale ne fonctionne que si tous les centres financiers internationaux l’appliquent effectivement. L’ABPS souhaite donc que le gouvernement suisse, avant d’envoyer pour la première fois des données à un pays en septembre 2019, vérifie à nouveau que la Suisse ne fasse pas cavalier seul, et que ses principaux concurrents envoient aussi des renseignements fiscaux au même pays. Dans ce contexte, la pression doit être mise par tous les moyens sur les Etats-Unis, dont la loi FATCA n’est pas du tout aussi réciproque que le standard de l’OCDE», selon le communiqué. La question de la confidentialité des données échangées préoccupe aussi l’ABPS, notamment en «Amérique latine, en Russie ou en Asie». Ces inquiétudes ne sont pas d’ordre fiscal. Elles concernent l’intégrité physique des clients concernés, en raison des risques de corruption et des jeux politiques dans leur pays.