Le «Madoff helvétique» revient sur le devant de la scène. Quelque 70 créanciers – domiciliés partout en Suisse et en France – lésés par les agissements du groupe Ambros Baumann exigent aujourd’hui réparation au civil, rapporte le quotidien Le Temps. Le volet pénal étant prescrit depuis 2014, ils réclament à Julius Baer, qui aurait dû mieux surveiller le gestionnaire défunt, la restitution des montants investis auprès dudit gestionnaire. Soit un peu plus de 20 millions de francs. La chute du groupe Ambros Baumann, du nom du défunt financier surnommé le «petit Madoff suisse», a englouti la fortune de centaines d’épargnants suisses. L’affaire, relative au détournement de quelque 130 millions de francs, remonte à 2007. Mais elle reste plus que jamais d’actualité pour les victimes qui ont vu leurs économies de toute une vie s’évaporer. Contactés, les représentants légaux de la banque n’ont pas souhaité commenter cette affaire, «dans la mesure où la politique de la banque est de ne pas communiquer sur les dossiers judiciaires en cours». Pourquoi les plaignants visent-ils Julius Baer? Outre la banque zurichoise, leur ex-gestionnaire indépendant avait en effet détourné les fonds qui lui avaient été confiés, via également la Banque Cantonale de Bâle-Campagne, la Sparkasse Offenburg/Ortenau ou encore la Landesbank Baden-Württemberg. Pour ce qui est de Julius Baer, des notes internes de l'établissement font état de négligences. Julius Baer, qui conteste les accusations, avait pourtant écopé d’une amende de 265.000 francs de son organisation faîtière.