Une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE, les opérateurs de pays tiers qui s’y sont installés n’auront plus comme actuellement un accès automatique au marché européen. «En tant que pays non-membre de l’UE, la Suisse n’aura pas les moyens de compenser ce désavantage», relève Markus Fuchs, le directeur de la Sfama (Swiss funds & assets management association) dans les colonnes de L’Agefi suisse. Comme la distribution sur le Vieux Continent ne pourra plus être coordonnée depuis Londres, certains acteurs helvétiques vont transférer leurs activités vers d’autres plateformes situées dans l’UE, comme Francfort ou le Luxembourg. Quant aux activités de production, nombre d’instituts helvétiques pourraient rapatrier leurs activités de gestion d’actifs sur son marché d’origine, estime Markus Fuchs. Pour certains d’entre eux, cela représente jusqu’à la moitié de la masse sous gestion.Il s’agit d’un scénario «best case» pour la Suisse, susceptible de se concrétiser au cours des deux prochaines années. «Cela dépendra encore des formalités du Brexit, pour le moment on ignore encore à quoi ressembleront les volumes et le cadre juridique». Le patron de la Sfama ne croit pas à un Brexit «doux», c’est-à-dire agrémenté d’une période de transition. Les professionnels de la branche s’attendent au contraire à un Brexit «dur».