Dans les prochaines années, l’industrie des fonds d’investissement au Luxembourg devra faire face "à un véritable tsunami réglementaire», note Marc Saluzzi, responsable asset management chez PwC, lors d’une intervention au cours de l’Alfi Spring Conference, organisée ces 15 et 16 mars par l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement dans la capitale du Grand Duché. Pour le spécialiste, ces nouvelles réglementations, comme la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers), auront un impact particulièrement important pour l’industrie des fonds alternatifs, «qui part quasiment d’une régulation zéro», souligne-t-il. Marc Saluzzi estime que ces nouveaux cadres réglementaires offrent au Luxembourg, doté déjà d’un certain nombre d’avantages compétitifs grâce au standard UCITS, la chance d’un nouveau départ et «l’opportunité de devenir un centre mondial important pour les différents produits alternatifs». Pour s’imposer comme référence auprès des gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs, la place luxembourgeoise devra s’efforcer de poursuivre une stratégie claire et «commune à tous les acteurs de l’industrie», souligne Marc Saluzzi. Et pour y arriver, l’intéressé propose de mettre les investisseurs institutionnels «au cœur de la stratégie de conquête» menée par la place luxembourgeoise. «Ces investisseurs représentent 50 % des encours alternatifs dans le monde, et nous ne leur avons pas suffisamment tendu la main dans le passé. Cela doit changer», insiste Marc Saluzzi, qui rappelle que pour «se rapprocher des investisseurs institutionnels», il faut obligatoirement «sonder leurs besoins et s’y adapter». Cette clientèle se trouve donc au centre d’un certain nombre de mesures qui lui semblent indispensables à mettre en place rapidement. L’objectif doit être de «devenir la place de domiciliation de choix pour les investisseurs institutionnels». Il insiste par ailleurs sur la nécessité d’offrir une «boîte à outils» efficace pour les AIFM et d’attirer les meilleurs acteurs de services financiers au Luxembourg. Il faudrait également s’efforcer de créer une marque mondiale pour les fonds alternatifs luxembourgeois comme cela a été fait pour UCITS. Enfin, le Luxembourg doit avoir comme but de devenir la plateforme mondiale de distribution de produits alternatifs.Pour l’instant, seulement 4 % des encours alternatifs sont domiciliés au Luxembourg, selon les chiffres de PriceWaterhouseCooper à fin 2009. Il reste donc du chemin à parcourir pour faire du Luxembourg «la» place de référence en la matière.