L’Autorité des marchés financiers, en concertation avec l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou Esma) et l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV ou Iosco), réfléchit aux moyens de mieux contrôler le négoce à haute fréquence, voire à le limiter ou le supprimer, a indiqué le 5 octobre le président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet à l’occasion du colloque de la Commission des sanctions de l’AMF.«Si nous ne pouvons pas contrôler les high frequency traders, il nous faudra alors limiter ou supprimer le high frequency trading. Nous réfléchissons d’ores et déjà, au sein de l’ESMA et de l’OICV, aux moyens à mettre en œuvre à cet effet», a déclaré Jean-Pierre Jouyet.L’une des solutions envisagées serait de rendre les stratégies d’arbitrage du carnet d’ordres moins rentables, par exemple en en cadrant les pas de cotation, ou en décidant de facturer tout ou partie des ordres annulés, a précisé Jean-Pierre Jouyet. «Nous demanderons d’ailleurs dans le cadre de la réforme de la directive MIF que l’ESMA soit dotée du pouvoir d’édicter des standards techniques sur les temps de latence, les pas de cotation ou les structures tarifaires des plateformes de négociation», a ajouté le président de l’AMF qui a également évoqué le projet de taxe sur les transactions financières, une solution «plus complémentaire qu’alternative» mais qui réduirait la profitabilité des stratégies et limiterait les incitations au développement du trading algorithmique.«Quoi qu’il en soit, ma conviction est claire, a conclu Jean-Pierre Jouyet, si le développement du trading algorithmique rend impossible la détection ou la sanction des abus de marché, nous ne pouvons pas tolérer les risques pour l’intégrité du marché qui en découlent et nous devrons en tirer les leçons qui s’imposent en limitant ou interdisant le recours à ces méthodes de négociation».