Aujourd’hui, mercredi 5 octobre 2011, s’est tenu la quatrième édition du colloque de la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers. Ce rendez-vous annuel a réuni plus de 400 participants autour de deux tables rondes : la première, sous la conduite de Jean-Claude Hassan, président de la 2ème section de la Commission des sanctions de l’AMF, avait pour sujet la manipulation de cours : la preuve à l'épreuve des nouvelles technologies ; la seconde, sous la conduite d’Olivia Dufour, journaliste, a porté sur la publicité des séances : publication des décisions de sanctions : droit à l’information du marché et droit à l’oubli. Lors de son propos d’ouverture, Claude Nocquet, présidente de la Commission des sanctions de l’AMF, a déclaré : « contrairement à ce que son nom indique, la Commission des sanctions ne saurait en être réduite à une fonction de distribution de sanctions prononcées dans un délai raisonnable. Notre positionnement et les règles de procédure que nous appliquons ont fait de la Commission, au sens de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, un vrai « tribunal ». Nous constituons une formation très spécialisée, statutairement indépendante et dont les règles de procédure répondent aux standards européens les plus exigeants : séparation des fonctions de poursuite, d’instruction et de jugement - développement des droits de la défense - extension des règles du « contradictoire » - équilibrage des voies de recours et plus grande transparence grâce à la publicité des séances et à la publication des décisions. Cette nouvelle transparence a l’incontestable mérite de montrer au public comment nous fonctionnons, de donner une plus grande visibilité à nos décisions et, par là même, de renforcer le caractère à la fois dissuasif, expressif et pédagogique de notre jurisprudence ». Bilan de la Commission des sanctions Au cours de la période du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011, la Commission des sanctions a examiné 24 affaires et a ainsi réduit le « stock » des dossiers restant à juger, qui est passé de 32 le 1er octobre 2010 à 28 aujourd’hui. 70 % des personnes -physiques ou morales- jugées ont été sanctionnées, parmi lesquelles un peu moins d’une sur trois a introduit un recours. Le délai moyen entre la saisine de la Commission et le prononcé de la décision est de l’ordre de 12 mois, ce qui continue de marquer une progression par rapport aux années 2007, 2008 et 2009. Publication du recueil 2010 des décisions de la Commission des sanctions de l’AMF et des juridictions de recours La Commission des sanctions publie chaque année un recueil rassemblant les décisions qu’elle a prononcées, mais aussi les arrêts rendus sur recours contre ces décisions par la Cour d’appel de Paris, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat. L'élaboration de ce recueil s’inscrit dans la mission de la Commission des sanctions qui, au-delà de son pouvoir répressif, a également pour vocation d’informer le marché et les professionnels en précisant la portée de la réglementation financière. Le recueil ne saurait se résumer à une simple compilation, puisqu’il est assorti d’outils destinés à faciliter la consultation, la recherche et la compréhension de ces décisions et arrêts. Il se compose notamment d’une table de jurisprudence qui permet, en sélectionnant un thème, de retrouver sous forme de résumé toutes les décisions s’y rapportant.
L’Association européenne de la gestion d’actifs (Efama) a publié le 4 octobre une étude réalisée par Strategic Insight qui vise à fournir aux investisseurs une plus grande transparence et une plus grande compréhension de la structure des coûts au sein du total des frais sur encours (TFE ou TER).Dans le cadre de son programme de promotion de l'éducation et de l’information des investisseurs, l’association professionnelle souligne qu’une plus grande transparence est nécessaire pour décortiquer la structure des commissions mise en place par les fonds de façon à ce que les investisseurs aient une meilleure compréhension de ce qu’ils payent.En Europe, l’investisseur dans un fonds d’actions retail va ainsi payer environ 175 points de base en moyenne de commissions (TFE) alors que pour le détenteur de parts dans un fonds obligataire, le montant moyen des frais tourne autour de 117 points de base.En moyenne, les gérants de fonds Ucits conservent 42% du TFE. Les distributeurs peuvent revendiquer 41% du TFE sous forme de rétrocessions, le reliquat de 17% étant alloué pour un certain nombre de services comme la conservation ou l’administration de fonds. Au sein des chaînes de distribution de la banque et de l’assurance, les gérants d’actions et les gérants obligataires appliquent 47% et 45% respectivement de charges annuelles sous forme de frais de gestion. Des proportions de 53% et 55% respectivement sont attribuées aux distributeurs sous forme de rétrocessions.Après rétrocession des commissions aux distributeurs, les frais de gestion des gérants de fonds communs européens s'élèvent en moyenne à 74 points de base pour les fonds d’actions activement gérés et 49% pour les fonds obligataires.L'étude relève que si l’on ne tient pas compte des trois plus gérants de fonds américains (American Funds, Fidelity et Vanguard), dont les actifs sous gestion peuvent atteindre jusqu'à 1.000 milliards de dollars chacun, les commissions de gestion moyennes pratiquées aux Etats-Unis sont supérieures de seulement 3 points de base à celles des commissions en Europe. Si l’on tient compte des poids lourds américains, les frais de gestion outre-Atlantique sont inférieurs de 11 points de base à ceux pratiqués en Europe.A noter toutefois que le marché américain dépend encore très largement des conseillers financiers. Plus de 50% des ventes de fonds américains se sont par l’intermédiaire de conseillers financiers avec à la clé des commissions sur la base des actifs de 1% à 1,5% qui viennent s’ajouter au TFE des fonds. L'étude indique dans ses conclusions que le développement et la maturation du secteur de la gestion d’actifs en Europe devraient s’accompagner d’améliorations opérationnelles qui pourraient se répercuter sur les coûts. La directive OPCVM IV devrait notamment favoriser des économies d'échelle avec les fusions transfrontières et les structures maîtres-nourriciers. Les évolutions réglementaires outre-Manche, avec la RDR (Retail Distribution Review), et les réflexions ailleurs dans le monde (Australie, Etats-Unis, Inde) devraient influencer les initiatives européennes à venir.
Après plusieurs semaines de bataille, les ministres européens des Finances sont finalement parvenus le 4 octobre à Luxembourg à un accord à l’unanimité sur le projet de règlement sur les infrastructures européennes de marché (Emir). La Grande-Bretagne -qui freinait des quatre fers pour protéger la City, où se concentre environ 75% de cette activité- s’est ralliée au consensus général. Cet accord entre les Vingt-Sept va permettre d’engager des négociations avec le Parlement européen, afin qu’un texte définitif puisse être finalisé d’ici à la fin de l’année.La philosophie générale n’a pas varié dans les négociations: Bruxelles veut obliger les produits dérivés, notamment les dérivés négociés de gré à gré, à passer par des chambres de compensation, organismes qui ont pour rôle de s’assurer que tous les intervenants disposent de suffisamment de moyens pour jouer en Bourse. Cette mesure doit permettre de dissiper une partie des risques systémiques.
Un haut représentant du gouvernement japonais a indiqué que son pays est disposé à acheter davantage d’obligations émises par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont il détient déjà 20%, afin de participer à la stabilisation de la situation en Europe, rapporte L’Agefi.
Dans un entretien aux Echos, la présidente de la Commission des sanctions de l’AMF, Claude Nocquet, indique que la Commission a sanctionné en mai dernier «une «manipulation de cours» d’un type nouveau, procédant de l’utilisation de techniques proches de celles du trading à haute fréquence».Dans cette affaire, les griefs portaient sur cinq titres dont les cours avaient, selon l’accusation, fait l’objet de manipulations pendant une période d’un an et demi mais les éléments de preuve étaient limités à un seul de ces titres et couvraient une quinzaine de minutes seulement. «Cet exemple est démonstratif du défi que doit relever l’AMF pour s’adapter à des techniques de plus en plus sophistiquées et prendre de vitesse ces «manipulateurs» de la nouvelle génération», déclare au quotidien Claude Nocquet.
L’agence d'évaluation financière Moody’s a annoncé le 4 octobre l’abaissement à A2 de la note souveraine de l’Italie, contre Aa2 auparavant, en raison des «risques pour le financement» sur les marchés de la dette à long terme, de l’atonie de l'économie et des «incertitudes politiques». Moody’s a assorti sa décision d’une perspective négative.Moody’s a donné comme premier motif au déclassement italien «l’accroissement des risques pour le financement des dettes publiques élevées dans la zone euro (pour des pays) comme l’Italie en raison de l'érosion soutenue et non cyclique de la confiance» des investisseurs.Deuxième raison: «les risques négatifs croissants pour la croissance économique liés à des lacunes structurelles et à un affaiblissement des perspectives (de croissance) au niveau mondial». Selon l’agence, une troisième raison pour déclasser l’Italie réside dans les «risques et le temps dont aura besoin le gouvernement pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit et pour inverser la tendance (à l’accroissement) de la dette publique en raison des incertitudes économiques et politiques».
A quelques heures d’intervalle, le Département de la Justice et l’avocat général de New York ont déposé mardi des plaintes séparées au civil contre BNY Mellon Corp à laquelle ils reprochent d’avoir fraudé ou d’avoir induit en erreur des fonds de pension publics, des entreprises privées, des universités et des banques avec un système qui, pendant une dizaine d’années, s’est traduit par une surfacturation des opérations sur devises, rapporte The Wall Street Journal.En ce qui le concerne, Eric Schneiderman, l’avocat général de New York réclame à la banque la restitution de 2 milliards de dollars.
Le leader mondial en matière d’ETF, BlackRock, appelle de ses vœux une plus grande transparence sur les ETF et une réglementation plus forte et plus uniforme, rapporte le Financial Times. Joseph Linhares, le responsable d’iShares en Europe, a déclaré : «les ETF ont débuté comme des véhicules transparents, liquides et simples, mais certains sont devenus opaques. Nous devons retrouver cette transparence totale sur l’ensemble des ETF».
Malgré la chute de plus de moitié de l’action Morgan Stanley depuis le début de l’année, la banque japonaise Mitsubishi UFG a réaffirmé hier son engagement dans son partenariat stratégique avec l’établissement financier américain dans lequel elle détient une participation de 22,4%.
Après la Floride et la Virginie en août, c’est au tour du Procureur général de New York Eric Schneiderman d’indiquer avoir engagé des poursuites à l’encontre de Bank of New York Mellon concernant son activité sur le marché des changes. Depuis dix ans, la banque aurait gagné deux milliards de dollars sur le dos de ses clients, dont des fonds de pension privés et publics, en pratiquant des commissions excessives sur les transactions.
Olli Rehn, Commissaire européen aux affaires économiques, a déclaré au quotidien qu’il est bien temps d’avancer pour forger une approche commune quant aux besoins de recapitalisations des banques. Les ministres des finances seraient disposés à cette coordination après que les banques ont échoué à convaincre les marchés de leur solidité actuelle. Aucune décision formelle n’est prise pour une initiative paneuropéenne selon Olli Rehn.
Trois banques nipponnes vont se partager 43 milliards de dollars destinés à financer des prêts en dollars pour réaliser des acquisitions à l’étranger. Selon le quotidien, un accord devrait être signé dès aujourd’hui prévoyant l’octroi de 15 milliards à Bank of Tokyo Mitsubishi, alors que Sumitomo Mitsui Banking et Mizuho Corporate Bank devraient percevoir 14 milliards chacune. Le gouvernement avait annoncé son intention d’utiliser la force du yen pour favoriser les acquisitions à l’étranger.
Après le pic atteint en mai, la production de crédit à l’habitat en cumul sur douze mois a reculé pour le troisième mois d’affilée en août, à 166,9 milliards d’euros, selon les statistiques de la Banque de France. Le taux moyen des crédits immobiliers d’une durée supérieure à un an augmente, à 3,99% en août contre 3,68% en mars, malgré la baisse des rendements de la dette française sur la même période.
Deutsche Bank a annoncé que son objectif d’un bénéfice imposable de 10 milliards d’euros tiré de ses activités coeur de métier pour 2011 n'était plus atteignable. La première banque allemande a ajouté qu’elle anticipait néanmoins un bénéfice au troisième trimestre et un niveau de résultat consistant pour l’ensemble de 2011. L’exposition de Deutsche Bank au risque souverain est très faible, a, par ailleurs, déclaré mardi Josef Ackermann, président du directoire. Il a également dit que la banque n’avait pas l’intention de lever des capitaux frais, soulignant qu’elle disposait de plus de 180 milliards d’euros de réserves de liquidités.
UBS a soulagé le marché en annonçant mardi qu’elle anticipe quand même un modeste bénéfice net pour son troisième trimestre malgré la perte de 2,3 milliards de dollars due à des transactions non autorisées d’un courtier indélicat à Londres. Cette estimation comprend également des coûts de 400 millions de francs (329 millions d’euros) en charges de restructuration.
La Société Générale a annoncé que ses besoins de financement à long terme pour 2012 étaient fixés entre 10 et 15 milliards d’euros, soit environ 50% de moins que le montant levé en 2011, grâce à la réduction de son bilan.
La participation du secteur privé au second plan d’aide à la Grèce devra être revue pour tenir compte de la situation dégradée de l'économie et des marchés européens, a déclaré lundi le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker. L’accord intervenu le 21 juillet dernier entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne prévoit une participation des banques et assureurs européens à hauteur de 50 milliards d’euros environ dans le cadre d’un plan d’aide total de 159 milliards d’euros. Cette participation doit notamment prendre la forme d’un échange d’obligations grecques actuelles contre de nouvelles assorties d’une décote de 21%. Selon plusieurs sources, Athènes peine cependant à réunir les 90% minimum de participation des créanciers privés exposés à sa dette souveraine qu’elle demandait pour accepter le plan.
«L’ensemble du groupe Dexia serait à vendre», a indiqué mardi un responsable syndical belge à l’issue d’une réunion des représentants de la direction et du personnel de la banque franco-belge, au bord du démantèlement trois ans après avoir échappé de justesse à la faillite. «Selon les informations dont nous disposons à l’issue de cette première réunion, tout serait à vendre», a déclaré à l’AFP le secrétaire général du syndicat socialiste belge Setca pour le secteur de la finance, Jean-Michel Cappoen. Joint par téléphone, M. Cappoen s’exprimait à l’issue d’une réunion extraordinaire du bureau du comité d’entreprise européen de la banque, qui rassemble des représentants de la direction et des salariés belges, français et luxembourgeois. «C’est la fin d’une route. Maintenant, différents chemins vont être offerts à chacun. Les salariés sont inquiets. On n’en est même pas au stade de savoir quels seront les impacts sociaux», faute d’information communiquée directement par la direction, a de son côté déclaré Pascal Cardineaud, représentant du syndicat français CFDT au Comité d’entreprise de Dexia Crédit Local et au Comité d’entreprise européen de Dexia. Une porte-parole de Dexia à Bruxelles, Ulrike Pommee, a confirmé la tenue de ce bureau du comité d’entreprise européen mais n’a pas donné d’information sur son contenu, indiquant simplement que les syndicats avaient été «informés de l'évolution de la situation». Selon M. Cappoen, un comité d’entreprise de Dexia Holding, la structure qui chapeaute les différentes entités de Dexia, se déroule depuis 11H00 (09H00 GMT) à Bruxelles. «Il y a 600 personnes qui travaillent pour le holding, 350 à 400 en Belgique et 200 à 250 en France. Notre première inquiétude est pour ces personnes», car si le groupe est démantelé, la raison d'être du holding n’existe plus, a souligné le syndicaliste. Rattrapée par la crise, Dexia semble aller tout droit vers un démantèlement qui ferait d’elle le premier établissement européen victime de la crise de la dette, une perspective qui a affolé les investisseurs et fait fondre l’action du groupe de plus d’un tiers de sa valeur mardi matin.
Selon La Tribune, l’ancien trader Jérôme Kerviel sera rejugé en appel du 4 au 28 juin prochain. En première instance, le tribunal correctionnel avait jugé Jérôme Kerviel, 34 ans, seul responsable d’une perte de près de 5 milliards d’euros enregistrée par la Société Générale.
Des cabinets spécialisés en renseignement politique comme Gerson Lehrman, Coleman Research Group Inc. ou Public Insight LP sont souvent consultés par les hedge funds qui obtiennent par ce moyen légal des renseignements sur le cheminement des décisions dans l’appareil de l’Etat, rapporte The Wall Street Journal. Le «political intelligence» représente un marché évalué à 100 millions de dollars par an, et il permet à Wall Street de se tenir au courant des derniers développements en matière de prises de décisions à Washington. D’ailleurs plusieurs hedge funds ont recruté des grosses pointures : Alan Greenspan (ancien président de la Fed) est conseiller chez Paulson & Co et John Snow (ex secrétaire au Trésor) travaille pour Cerberus Capital Management tandis que SAC Capital Advisors et Eton Park Capital Management ont recruté des anciens du Congrès.
L’activité allemande d’assurance vie d’Ageas est cédée à Augur Capital. Ageas Deutschland distribue ses produits par le biais de banques, de courtiers et de partenariats. La transaction devrait être finalisée pour fin 2011 et engendrer pour Ageas une perte limitée en capital.
Le patron de Deutsche Bank a alerté dans un entretien accordé au journal que la crise de la zone euro pourrait se prolonger sur le « moyen terme » et que l’incapacité des dirigeants européens à adresser une réponse claire à la crise de la dette que connaît la région pourrait endommager la «marque sociale» européenne. La seule réponse à la crise est le retour de la croissance, selon lui.
La cour d’appel de Paris rejugera du 4 au 28 juin 2012 l’ex-trader de la Société Générale Jérôme Kerviel, condamné en première instance à cinq ans de prison dont trois ferme pour une perte de 4,9 milliards d’euros essuyée par la banque en 2008, a indiqué lundi son avocate.