Dans un contexte de rapide évolution technologique, de fragmentation des marchés et alors que se développent de nouveaux espaces pour des activités opaques ou non régulées, le rôle du régulateur est essentiel pour maintenir la confiance, a souligné le 9 octobre le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Gérard Rameix, à l’occasion d’une intervention devant l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE).Gérard Rameix a notamment évoqué le dark trading et le gré à gré qui représentent plus de 50% des échanges sur les marchés si bien que la valeur du cours ne reflète plus qu’une minorité de transactions. Dans ce contexte de fragmentation et d’opacité accrue, l’AMF négocie actuellement «avec beaucoup d’attention la révision de la directive MIF, discutée actuellement au Parlement européen. «Notre objectif principal est de forcer un maximum de transactions à participer au mécanisme de formation des prix, dans le cadre d’un processus transparent. Nous souhaitons également mieux encadrer certaines activités, comme par exemple la tenue de marché afin de s’assurer qu’elle contribue réellement à amener de la liquidité au marché» a indiqué Géard Rameix.Le président de l’AMF s’est également penché sur les nouvelles technologies et notamment le développement «préoccupant» du trading haute fréquence. «Nous réfléchissons avec nos partenaires européens à d’autres solutions pour limiter les déviances. Par exemple nous examinons la possibilité de modifier la tarification pratiquée par les plateformes de négociation, afin que tous les ordres passés soient facturés et non plus simplement les ordres réalisés. Une augmentation des pas de cotation pourrait également avoir des effets bénéfiques, sous réserve que cela ne diminue pas la liquidité», a précisé Gérard Rameix.Autant de voies explorées qui ne visent qu’un seul objectif : la restauration de la confiance. «Il est important que les Français retrouvent la confiance nécessaire pour constituer une épargne longue investie dans l’économie», a souligné Gérard Rameix qui rappelle que les périodes pendant lesquelles les marchés financiers se sont développés, sont des périodes pendant lesquelles la régulation a été forte.