La réunion, le 17 octobre, du Club de prospective 2012 de l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) s’est focalisée sur le rôle de ces agents dans le financement de l’économie. Pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle et s’engager sur le long terme, le président de l’Af2i, Jean Eyraud, a souligné qu’il faut nourrir une grande confiance en l’avenir et disposer d’une stabilité institutionnelle adéquate, dans un environnement à propos duquel Dominique Senequier, présidente du directoire d’Axa Private Equity, a souligné que la France est entre autres pénalisée par son instabilité et son incohérence fiscales.Peu avant, Bronka Rzepkowski, chargée d'études à l’Af2i, avait montré, graphiques à l’appui, que la situation s’est détériorée très fortement pour les financements par le capital-investissement(ce qui pose la question de l’opportunité de certaines nouvelles mesures fiscales en préparation) et qu’il y a eu effondrement, cette année, du financement par les émissions d’actions.Pour assumer correctement leur mission citoyenne, les investisseurs institutionnels devraient aussi pouvoir disposer de modes de financement spécifiques de long terme, a poursuivi Jean Eyraud. En complément, il faut «rechercher une bonne adéquation entre la demande de financement et les contraintes des investisseurs». Autrement dit, «nos gérants doivent pouvoir promouvoir leurs produits tant en France qu’à l’étranger. Cela passe par des véhicules adaptés à la clientèle recherchée».Enfin, le président de l’Af2i insiste sur la nécessité d’allouer aux investisseurs la «juste rémunération du risque additionnel qu’ils prennent en plaçant leurs capitaux à long terme».Parmi les pistes à explorer ou à redécouvrir, Jean Eyraud a mentionné les sociétés d’investissement à capital fixe (sicaf) cotées ou non cotées, les fonds à liquidité réduite et à engagement de détention, les fonds de prêts ou de dettes immobilières, les financements participatifs et les fonds de participations stratégiques.En tout état de cause, comme l’a rappelé Philippe Haudeville, secrétaire général de l’Af2i, à l’issue de la rencontre, les investisseurs institutionnels se doivent de participer au débat de place et d’être une force de proposition. Cela se concrétise en particulier par des travaux en commun avec l’Association française de la gestion financière (AFG).