Le changement, c’est maintenant, mais le changement, ça prend du temps. Telle pourrait être l’une des conclusions de l’enquête européenne Ernst & Young Solvabilité II sur le niveau d’avancement des compagnies d’assurance dans la mise en œuvre de la directive.L’enquête a été réalisée au printemps 2012 (1), c’est-à-dire avant la réunion du 18 septembre dernier entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne évoquant un possible report de la date de mise en œuvre de Solvabilité II au 1er janvier 2015, voire 2016.Un report plutôt bienvenu dans la mesure où les compagnies d’assurance ont dans l’ensemble progressé mais sont encore loin du compte.Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont les mieux préparés, suivis de près par l’Allemagne l’Italie et la France. Les gros acteurs sont les plus avancés, y compris sur le processus de validation du modèle interne que la plupart d’entre eux ont déjà initié.Si le niveau de préparation du Pilier 1 (exigences quantitatives) semble satisfaisant, dans la moyenne européenne pour les assureurs français, l'état d’avancement des travaux pour les Piliers 2 (exigences qualitatives et règles de contrôle) et 3 (information pour le superviseur et le public) laisse encore à désirer. Sur le Pilier 2, le niveau de préparation des assureurs français est «mitigé, légèrement en dessous de la moyenne européenne. Les assureurs français sont notamment moins avancés que leurs homologues européens en matière de stratégie de risque, de rémunération, de cadre de tolérance au risque et d’ORSA (Own Risk and Solvency Assessment, analyse périodique des risques et de la solvabilité).Le Pilier 3 est globalement le moins avancé à l'échelle européenne, les assureurs français étant cette fois légèrement en avance par rapport à leurs homologues européens.Plus du tiers des compagnies françaises interrogées s’attendent à être conformes aux exigences de Solvabilité II au cours de l’année 2013, et au cours de l’année 2014 pour les autres. Près de 90% des assureurs européens prévoient de respecter l'échéance du 1er janvier 2015. «Cette vision semble cependant être une cible plutôt qu’une évaluation réaliste compte tenu des efforts restant à réaliser», estime Ernst & Young.Par ailleurs, Ernst & Young s'étonne de l’engagement limité des assureurs français sur la question de l’optimisation du capital. Si 70% des compagnies d’assurance européennes reconnaissent la nécessité de mettre en place des stratégies d’optimisation du capital, seulement la moitié des assureurs français manifestent un intérêt dans ce sens. Afin d’atteindre le niveau requis, des ressource significatives seront dédiées auxprojets Solvabilité II, 50% des entreprises françaises envisageant par exemple d’y consacrer au moins 5.000 jours/homme contre 29% au niveau européen.(1) Enquête réalisée dans 19 pays européens auprès de 160 compagnies d’assurances, l’Allemagne, la France (18 compagnies) et l’Espagne étant les pays les plus représentés