Un audit interne de la FSA sur le scandale du Libor, publié le 5 mars, montre que le régulateur, à tous les niveaux, était conscient d’une «sévère dislocation» du marché du Libor sur la période allant de l'été 2007 au début de 2009, même si cette dislocation reflétait les conditions de marché et aurait pu se concrétiser même si les établissements mis en cause n’avaient pas sciemment fait baisser le taux.Le rapport arrive à la conclusion que la focalisation de la FSA sur le traitement de la crise financière, en dehors du fait que la contribution à la formation et à l’administration du Libor n'étaient pas des activités régulées (ce qui sera le cas à partir du 1er avril 2013), a incité le régulateur à se concentrer sur des aspects trop étroits lorsqu’il s’est agi de traiter les informations liées au Libor.D’autre part, en prenant les informations de manière cumulée, la probabilité qu’une manipulation à la baisse était en cours aurait dû être prise en considération.Enfin, l’information reçue aurait dû être mieux gérée.Il n’a pas été constaté cependant de bavure majeure de l’ampleur de celles qui ont pu être identifiées dans les rapports sur Northern Rock en 2008 ou RBS en décembre 2011.Enfin, le rapport comporte six enseignements qui devront servir aux futurs régulateurs, la Financial Conduct Authority (FCA) et la Prudential Regulation Authority (PRA). Ils concernent les activités qui ne font pas partie du périmètre de régulation, la répartition des rôles et responsabilités entre les autorités, l’intégration des enseignements de cette affaire dans la culture des deux autorités de régulation, l’utilisation et l’enregistrement des informations et du renseignement par les régulateurs, la circulation et la remontée de l’information ainsi que l’archivage des données.