Le procès des anciens dirigeants de la banque germano-luxembourgeoise Sal. Oppenheim, accusés d’abus de confiance, s’est ouvert le 27 février à Cologne, et la bataille juridique s’annonce longue.Le comte Matthias von Krockow, 63 ans, le baron Christopher von Oppenheim, 47 ans, l’ancien directeur financier Carl Janssen, 68 ans, l’ex-chef de la division d’investissement de la banque Dieter Pfundt, 60 ans, ont comparu, accompagné de leur ancien associé, le magnat de l’immobilier Josef Esch, 56 ans, surnommé par les médias allemands le Parrain de Cologne, rapporte l’AFP.Les ex-dirigeants sont accusés de s'être personnellement enrichis dans l’immobilier au détriment de leur propre banque, et d’avoir fait profiter une de leur proche des largesses de leur institut. Le dommage total pour Sal. Oppenheim a été évalué à environ 150 millions d’euros et les anciens dirigeants sont passibles de dix ans de prison maximum.Ce procès passionne en Allemagne car il lève le voile sur le monde habituellement discret de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie du pays, dont Sal. Oppenheim était la banque de référence. Par ailleurs, ces affaires immobilières ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Le parquet de Cologne a ainsi lancé, le 26 février, de nouvelles poursuites pour abus de confiance à l’encontre des anciens dirigeants.En cause, les conditions d’allocation de crédits très risqués pour aider le groupe de tourisme et de distribution Arcandor, dont la faillite en 2009 a précipité celle de la banque elle-même. Sal. Oppenheim a dû être rachetée quelques mois plus tard par la première banque du pays, Deutsche Bank.La juge Sabine Grobecker a prévu pas moins de 78 jours d’audience d’ici la fin de l’année, et le procès va probablement se poursuivre l’an prochain.