Le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) limité à onze pays de l’Union européenne a suscité les foudres de l’Association européenne des gestionnaires d’actifs (Efama). Selon les estimations de l’association professionnelle, la nouvelle version de TTF aurait coûté 13 milliards d’euros si la taxe avait été mise en œuvre dès le début de 2011. Ce montant comprend 7,3 milliards d’euros émanant des pays de la zone TTF et 5,7 milliards d’euros émanant de la zone non-TTF.Alors que les gouvernements devraient faire davantage pour encourager l'épargne à long terme et réduire la dépendance sur l’Etat pour le financement des retraites, «le projet de TTF va dans la direction inverse, il punit les épargnants», estime l’Efama. La mise en œuvre de la TTF dans un nombre limité d’Etats membres va entraîner des discussions de concurrence au sein du marché unique, incitant à une relocalisation des activités de gestion d’actifs en dehors de la zone TTF.L’Efama «s’oppose avec force à la TTF qui va faire payer la taxe deux fois (au moins) aux investisseurs, et qui va réduire dans des proportions considérables l’attrait de l'épargne par le biais des fonds et des programmes de pension. Ce résultat serait totalement injustifié au regard du rôle social important que jouent les fonds d’investissement, et de la réputation internationale acquise par les fonds Ucits en tant que modèle d’excellence sur le marché de l'épargne long terme», estime Peter de Proft, directeur général de l’Efama.
Dans un référé rendu public le 14 mars, la Cour des comptes s’interroge sur la stratégie de l’établissement en charge de la retraite additionnelle des fonctionnaires (Erafp). En 2009, l’Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a accru son encours d’obligations émises par des États à la santé financière incertaine : Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal. Une exposition qui a entraîné une moins-value de quelque 650 millions d’euros constatée à la fin de l’année 2011, certes en partie compensée par des plus-values enregistrées sur d’autres titres, relève la Cour des comptes. «A compter de mai 2011, l'établissement a cependant renforcé ses positions sur d’autres segments du marché obligataire, en accroissant notamment la part des obligations assimilables du Trésor dans son portefeuille», ajoute la Cour des comptes."Il convient de mieux cerner les risques induits par le choix et la détention des actifs mais également de renforcer le suivi du pilotage actif-passif. Plus généralement, l’Etat doit être tout particulièrement attentif à la stratégie d’investissement de l'établissement, au regard notamment du financement de la dette publique et de la préservation des droits des agents», estime la Cour des comptes.Interrogé par l’Agefi, Philippe Desfossés qui dirige l’Erafp a tout d’abord nuancé en précisant «qu’on ne provisionne pas les moins-values sur les obligations car on a vocation à les garder». Le responsable a également rappelé que jusqu'à la fin 2010, l'établissement était obligé d’investir au moins 75% de son portefeuille en obligations libellées en euro, une part abaissée à 65% depuis. Par ailleurs, concernant le le suivi du pilotage actif-passif, Philippe Desfossés a tenu à rappeler que le régime est «géré de manière très prudente, avec un taux de couverture des engagements très largement supérieur à 100% et un rendement technique soutenable, à 4%.»
La Deutsche Bank est rattrapée par les affaires du temps de la crise financière: elle a été condamnée mercredi à une amende de 17,5 millions de dollars par le régulateur de l’Etat du Massachusetts pour avoir celé certains conflits d’intérêts sur des titrisations hypothécaires, rapporte le Handelsblatt. Comme il est d’usage dans ce genre de composition administrative, la banque allemande n’a ni reconnu ni contesté sa responsabilité dans l’affaire, et elle a obtenu l’arrêt des poursuites judiciaires.
La Réserve fédérale américaine a annoncé le 14 mars avoir approuvé les plans d’utilisation du capital de seize des plus grandes banques américaines, dont Citigroup et Bank of America, mais n’a accordé qu’un feu vert sous conditions à deux d’entre elles, Goldman Sachs et JPMorgan Chase. Sur les dix-huit plus grandes banques qui avaient soumis à l’autorisation de la Fed leurs projets de versements de dividendes ou de rachats d’actions, deux ne sont pas parvenues à l’obtenir : Ally Financial et BB&T.Selon la Réserve fédérale, quatorze grandes banques ont observé toutes les conditions posées par la Fed, à savoir montrer leur capacité à maintenir certains ratios de solidité financière en cas de dégradation violente de la conjoncture économique, ainsi que le respect de certains critères qualitatifs. Il s’agit d’American Express, de Bank of America, Bank of New York Mellon, Capital One, Citigroup, Fifth Third Bancorp, KeyCorp, Morgan Stanley, PNC Financial, Regions Financial, State Street, SunTrust, US Bancorp et Wells Fargo.L’examen des plans de Goldman Sachs et JPMorgan a révélé des faiblesses dans leur processus de prévision de l’utilisation du capital en dépit du fait que ces deux établissements avaient fait la preuve de leur capacité à maintenir les ratios de solidité financière réglementaires, indique la Fed dans un communiqué. En conséquence, précise la banque centrale, ils peuvent commencer à mettre en œuvre leurs projets, mais devront apporter des réponses satisfaisantes aux questions soulevées par la Fed d’ici à la fin du troisième trimestre, sous peine de voir leurs projets bloqués.
La première banque italienne par les actifs pourrait annoncer dès aujourd’hui la cession de sa filiale kazakhe ATF Bank, ont confié à Reuters trois sources proches du dossier. En janvier, des sources avaient indiqué qu’UniCredit pourrait vendre ATF Bank à une firme contrôlée par l’homme d’affaires kazakh Galimzhan Yesenov pour environ 500 millions de dollars (384 millions d’euros).
La division «Asset Management Finance», détenue à 80% par la banque suisse, aurait démantelé son équipe dédiée aux stratégies d’investissement après l’échec de la cession d’une partie de son portefeuille aux géants du capital-investissement Blackstone et Carlyle, croit savoir le journal qui cite des sources proches. Credit Suisse aurait en outre gelé tous les investissements réalisés par sa filiale.
Faisant suite au récent article publié sur la Réserve de Liquidité et sa composition, voici un nouvel opus qui analyse plus profondément la problématique de la dette souveraine pour Bâle III. A en croire la récente étude réalisée par le FMI[1], la taille du marché des actifs sans risques (nettement dominé par les émissions obligataires des Etats) se réduit de plus en plus alors que la demande pour cette catégorie d’actifs est de plus en plus grande et que cette tendance devrait se confirmer lors des années à venir. De par leur nature réputée sans risque, les établissements financiers sont de grands consommateurs de dettes souveraines. Cet attrait s’explique notamment par le besoin de stabilité et de sécurité de leurs bilans ainsi que par la nécessité de respecter les contraintes réglementaires et prudentielles auxquelles ils sont soumis. La réglementation Bâle III venant renforcer encore plus le besoin d’actifs sans risque pour les besoins de la Réserve de Liquidité, l’appétence pour ces actifs va se faire grandissant. D’après les estimations menées par le Comité de Bâle, les besoins en titres liquides pourraient atteindre 4 000 milliards de dollars afin de satisfaire au besoin des Réserves de Liquidité. Environ la moitié de cette somme devrait être investie par les banques du G20 pour mettre à niveau leurs Réserves de Liquidité. Sachant qu’aujourd’hui le FMI estime le niveau de dettes souveraines des pays de l’OCDE (notées au moins AA) détenu par les banques mondiales à 13 800 milliards, cela représenterait une hausse des réserves bancaires en dettes souveraines comprise entre 15% (pour les banques du G20) et 30% (pour les banques mondiales). Lire la suite : cliquez ici
Le Board of Supervisors de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a élu hier Gérard Rameix en tant que membre du Management Board dont l’objectif est d’assurer que l’ESMA remplit les missions qui lui sont assignées en vertu de son règlement fondateur. M. Rameix, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), remplace à ce poste Kurt Pribil de la Finanzmarktaufsicht (FMA) autrichienne, qui a récemment quitté le FMA. Son mandat court jusqu’en octobre 2014. Gérard Rameix a indiqué après son élection : «Je suis heureux d’avoir été choisi par mes collègues du Board of Supervisors de l’ESMA. Le rôle de l’ESMA en matière de régulation des marchés financiers européens va devenir de plus en plus important dans les prochaines années et je souhaite vivement m’engager aux côtés de mes collègues pour aider l’ESMA à atteindre ses objectifs.» Le Management Board de l’ESMA est présidé par Steven Maijoor. La composition du Management Board est désormais la suivante : Karl-Burkhard Caspari, Bundesanstalt fu??r Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin), Allemagne ; Jean Guill, Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF), Luxembourg ; Raul Malmstein, Finantsinspektsioon, Estonie ; Gérard Rameix, Autorité des marchés financiers (AMF), France ; Julie Galbo, Finanstilsynet, Danemark ; Martin Wheatley, Financial Services Authority (FSA), Royaume Uni.
L’Espagne ne compte pas demander à ses banques de constituer plus de provisions pour couvrir de nouvelles pertes liées à des prêts à risques, après une série de dépréciations déjà imposées en 2012, a déclaré jeudi un responsable du ministère de l’Economie. La question se posait en particulier pour les prêts aux petites et moyennes entreprises, alors que les faillites se multiplient.
Le groupe bancaire helvétique va verser au moins 400 millions de dollars pour mettre un terme à des plaintes engagées par des investisseurs qui contestaient le rôle joué par l'établissement dans la faillite de National Century Financial, une société de financement dans le secteur de la santé, il y a plus de dix ans. Selon ces plaintes, Credit Suisse a commercialisé des obligations National Century et a défendu sa qualité de crédit tout en sachant que la société ne gérait pas correctement les fonds des investisseurs. Parmi les plaignants figurent notamment l'état d’Arizona, AllianceBernstein et Pimco, filiale d’Allianz. Un procès devait s’ouvrir à Manhattan dans deux semaines. L’accord va réduire son bénéfice net du quatrième trimestre, déjà publié, de 134 millions de francs suisses. Il ressort ainsi à 263 millions de francs.
UBS s’apprête à accorder une prime d’arrivée, également appelée «golden hello», d’un montant de 25 milions de francs suisses (environ 20 millions d’euros) au nouveau patron de sa division de banque d’investissement Andrea Orcel. L’annonce de la banque suisse survient moins de deux semaines après la votation par laquelle les citoyens helvétiques se sont massivement exprimés en faveur d’un système de contrôle des rémunérations des dirigeants d’entreprises.
La rémunération globale de l’ensemble des membres de la direction du groupe suisse UBS s’est élevée l’an dernier à 70,4 millions de francs suisses, un niveau sensiblement identique à celui de l’année précédente (79,1 millions de francs), indique UBS dans son rapport annuel 2012 publié le 14 mars.Le CEO de la banque Sergio Ermotti a gagné 8,87 millions de francs au total l’an dernier, contre 6,35 millions de francs l’année précédente. Le salaire de base représente 2,50 millions de francs contre 1,39 million précédemment, le reste étant notamment constitué de divers versements liés à la performance.Robert McCann, le CEO du pôle Wealth Management Amériques, a reçu une rémunération pratiquement équivalente à celle de Sergio Ermotti, soit 8,55 millions de francs contre 9,18 millions de francs en 2011.
Une étude de l’association of Professional Financial Advisers (APFA) menée avec NMG Consulting vient confirmer la tendance déjà mise en évidence par la FSA, à savoir qu’entre 2011 et 2012, donc dans la dernière ligne droite avant l’introduction de la réglementation RDR, le nombre de conseillers financiers au Royaume-Uni a diminué de presque 10 % à 23.865 contre 26.339.En revanche, le nombre d’intermédiaires autorisés a augmenté de 3 % à 14.189 sur les douze mois à fin septembre, dont 9.066 «appointed representatives» contre 8.638 et 5.123 entreprises autorisées contre 5.135.L’étude de NMG montre aussi qu’avant l’introduction du RDR 48 % du chiffre d’affaires des conseillers financiers provenaient de commissions initiales (34 %) et des commissions de suivi (14 %). Par ailleurs, 10 % des rentrées provenaient des commissions facturées directement aux clients.
The Wall Street Journal rapporte que le régulateur du Massachusetts a infligé une amende 17,5 millions de dollars à Deutsche Bank Securities pour avoir caché les conflits d’intérêt qui résultaient des multiples rôles qu’elle jouait dans un produit hypothécaire de 1,56 milliard de dollars baptisé Carina. William Galvin, le Massachusetts Secretary of the Commonwealth, a reproché à cette filiale de la Deutsche Bank de ne pas avoir convenablement supervisé ses employés, ceux du special situations group, qui savaient, mais qui n’ont pas dévoilé l’existence de ces conflits concernant le CDO.
Dans son plan d’activité pour 2013 présenté par sa nouvelle président, Elvira Rodriguez, la commission des valeurs espagnole (CNMV) annonce comme unoovation stratégique le recours à la «supervision préventive» pour détecter en amont les éventuels problèmes que pourraient rencontrer les investisseurs, notamment dans le contexte d’une migration des dépôts bancaires vers d’autres produits financiers.Le régulateur espagnol se promet aussi de réduire son délai d’intervention, notamment pour donner suite aux réclamations des investisseurs, réclamations dont le nombre a fortement augmenté ces dernières années.Enfin, la CNMV souligne qu’elle entend donner la priorité cette année à la répression des abus de marché ainsi qu’au respect du code de bonne gouvernance.
Auditionné par la commission parlementaire du Trésor, le chef de la supervision bancaire britannique a reconnu que certains établissements nécessitaient un renforcement de leurs fonds propres mais a refusé d’entrer dans les détails. Andrew Bailey a par ailleurs estimé que les salaires dans les banques concernées par la limitation des bonus pourraient augmenter la masse salariale de 500 millions de livres.
National Bank of Greece (NBG), première banque grecque, a annoncé que le canadien Fairfax Holdings était intéressé pour participer à sa recapitalisation. Les quatre premières banques grecques doivent être recapitalisées afin de rétablir leur ratio de solvabilité, après avoir enregistré des pertes provoquées par des dépréciations de dettes souveraines et de prêts.
La filiale de BNP Paribas renforce son activité de property management avec l’acquisition d’Imoplan, une société qui gère plus de 2 millions de mètres carrés à travers l’Allemagne. Grâce à cette nouvelle acquisition, BNP Paribas Real Estate Property Management gèrera désormais plus de 34 millions de mètres carrés en Europe.
Le directeur général du groupe suisse, Sergio Ermotti, a assuré que la vente de Paine Webber, la branche américaine de gestion de fortune rachetée en 2000, n’était pas à l’ordre du jour. La filiale était déficitaire et s’est séparée de plusieurs opérateurs, avant l’arrivée en 2009 d’un nouveau directeur général, Robert McCann, venu de Merrill Lynch.
Le régulateur boursier a exprimé son accord avec l’opinion de 4 grandes banques américaines (JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley) qui ne veulent pas que les actionnaires puissent être amenés à s’exprimer sur une éventuelle scission de leurs activités. Emanant de syndicats et d’associations religieuses, ces propositions en faveur d’un vote des actionnaires ont été jugées par la SEC «vagues et mal définies» et elles n’ont donc pas à figurer à l’agenda des assemblées générales à venir de ces grands établissements financiers. Les propositions avancées auraient permis aux actionnaires de demander la mise en place de comités ad hoc chargés d’étudier la scission de ces institutions jugées trop importantes pour faire faillite («too big to fail»). L’organisation syndicale AFL-CIO a réagi en estimant qu’il était «dommage que les actionnaires ne puissent avoir la possibilité de s’exprimer sur ces propositions».
Les banques chinoises ont du mal à maintenir le rythme de croissance de leurs profits, en raison d’une réduction des marges d’intérêts provenant de la libéralisation du marché des taux et de la chute des revenus tirés des autres marchés, indique Xiao Gang, le président de Bank of China, dans un entretien accordé au quotidien.
Parmi les banques d’investissement et de financement internationales, seules HSBC et Standard Chartered ont su tirer parti de la croissance des pays asiatiques qui a atteint en moyenne 5 à 6% entre 2010 et 2012, selon une enquête réalisée par le journal. Sur cette période, les profits réalisés par HSBC sur les marchés asiatiques ont progressé de 23%, et ceux de Standard Chartered de 10%.
La publication aujourd’hui du rapport annuel de la banque suisse devrait révéler que son directeur général, Sergio Ermotti, a reçu un salaire de 8 millions de francs suisses l’an passé, soit l’une des rémunérations les plus élevés parmi les directeurs des banques européennes, mais loin de ceux de ses homologues des banques américaines, rapporte le journal qui cite des sources proches.
Avec une levée de 2,5 milliards d’euros, la banque compte réduire le poids de l’Etat de 25% à 20% de son capital et porter son ratio de fonds propres durs à 8,6%.