Les clients français des banques suisses, qui ont conservé pendant des années des fonds à l’abri du fisc français dans des coffres helvètes, une cagnotte estimée à 70 milliards d’euros, commencent à régulariser leurs avoirs, selon des professionnels du secteur interrogés par l’AFP."Il y a une indéniable prise de conscience qu’il faut régulariser», indique un avocat genevois fiscaliste, sous couvert d’anonymat. Il a de nombreux dossiers de régularisation en cours. «Longtemps, il était tabou de parler de son compte en Suisse, maintenant le sujet est sur la table, en raison d’une grande médiatisation, et les gens ont pris conscience qu’il fallait agir», dit-il. Ce mouvement est confirmé par un autre avocat de la place, spécialiste de l’installation en Suisse d’exilés fiscaux. Il souligne qu’il s’explique aussi par la volonté affichée de la banque UBS de mettre définitivement fin à ces pratiques de comptes non déclarés. Interrogée, la première banque suisse a rappelé mardi avoir mis en place «depuis 2009" et «continuellement développé et renforcé un ensemble de règles visant à empêcher les avoirs non déclarés».Selon le journal «Le Temps», qui cite des milieux informés, il y a quelque 80.000 comptes non-déclarés en Suisse détenus par des Français. Le cabinet international de consulting Booz & Cie a publié il y a 18 mois une étude sur les fonds étrangers en Suisse et a avancé le montant de 83 milliards de francs suisses détenus par les seuls clients français à fin 2010. Les Français ne sont que les troisièmes clients européens des banques suisses, selon cette étude, derrière les Allemands (210 milliards de francs) et les Italiens (158 milliards de francs).