La National Credit Union Administration (NCUA), qui supervise le secteur des caisses d'épargne aux Etats-Unis, a annoncé le 23 septembre qu’elle avait attaqué en justice treize banques internationales, dont la française Société Générale et les suisses UBS et Credit Suisse, en les accusant de manipulation du taux Libor.Le régulateur entend ainsi récupérer une partie des sommes perdues du fait de ces manipulations par cinq établissements qu’elle supervisait et qui ont fait faillite depuis. La plainte, pour violation des lois anti-trust fédérales et régionales, a été déposée auprès d’une cour du Kansas, selon le communiqué. «Il est de notre responsabilité de récupérer de l’argent par tous les moyens possibles à ceux qui ont causé des milliards de pertes aux caisses d'épargne», a souligné la présidente de la NCUA Debbie Matz, citée dans le texte."Certaines sociétés manipulaient les taux d’intérêt internationaux de telle manière qu’ils ont coûté aux cinq (caisses d'épargne faillies) des millions de dollars», a relevé Debbie Matz, qui s’est dit déterminée à les rendre «responsables de leurs actions».La NCUA souligne qu’une quarantaine de procédures ont été engagées dans le monde contre les banques chargées de déterminer le cours du Libor, un taux d’intérêt à très court terme appliqué aux prêts que les banques se font entre elles.A ce jour, des amendes d’un montant total d’environ 2,5 milliards de dollars ont été appliquées à trois des principaux acteurs de ce marché: UBS, Royal Bank of Scotland et Barclays. La NCUA a également attaqué JPMorgan Chase, Lloyds Banking Group, WestLB, Raiffensen Bank, Norinchukin Bank, Bank of Tokyo Mitsubishi UFJ et Banque royale du Canada. Dans un communiqué séparé, la même NCUA a annoncé avoir engagé une autre procédure en justice contre Morgan Stanley et huit autres banques internationales dont JP Morgan, Goldman Sachs, Credit Suisse et UBS, pour avoir vendu pour 2,4 milliards de dollars de produits financiers pourris. La NCUA a expliqué qu’elle entendait être indemnisée pour les pertes subies par certaines banques qu’elle supervisait et qui ont fait faillite en raison de ces mauvais investissements.