Lors d’une présentation de l’Association européenne de la gestion d’actifs (Efama) à Paris, le président Christian Dargnat, assisté de Peter de Proft, délégué général, ont énuméré les principales priorités de leur action pour les mois qui viennent.Deux sont classiques. Il s’agit de parler d’une voix forte et unie pour le compte de tous les acteurs de la profession, notamment face au(x) régulateur(s) et de convaincre tous les acteurs que la gestion d’actifs représentent les intérêts de ses clients, que les maisons du secteur ne gèrent pas pour leur propre compte.Les deux autres priorités découlent des premières. L’Efama veut ainsi obtenir que les gestionnaires soient enfin perçus comme des investisseurs de long terme en Europe, ce qui se traduit par la promotion d’un véhicule approprié, l’ELTIF (European Long Term Investment Fund), qui ne pourra nécessairement pas cadrer avec les impératifs de liquidité des OPCVM, et l’OCERP (Officially Ceritfied European Retirement Product), le fonds de pension à portabilité transfrontalière.Par ailleurs, l’Efama veut s’attacher à démontrer que les gestionnaires apportent une réelle valeur ajoutée au sein de l'économie européenne : il faut du capital pour nourrir la croissance économique, pour canaliser l'épargne et la placer de manière optimale. C’est ainsi que la gestion d’actifs propose des produits de loans pour les PME pour vendre à des institutionnels des obligations peu liquides de PME. Toutefois, sur ce dernier point, Christian Dargnat constate un manque de gisement et un problème de régulation, parce que les investisseurs sont confrontés à des plafonds trop bas pour ce genre de produit.Les dangersChristian Dargnat n’a pas celé que le secteur de la gestion d’actifs est confronté à trois menaces principales. Tout d’abord, «pour rester politiquement correct, on a frôlé la surrégulation», note le président de l’Efama. Ce dernier rappelle que les acteurs de la branche ont été confrontés à trois réformes des UCITS sur les quatre dernières années. Toutefois, il est positif que l’on passe apparemment, désormais, d’une phase de régulation à une phase de supervision, une pause pour juger de l’effet des réformes.Ensuite, l’Efama appelle de ses vœux une égalité de traitement de tous les produits, qu’ils viennent de la gestion d’actifs, des banques ou des assurances (level playing field) avec la directive PRIPS. «C’est désormais un sujet politique plus que technique, et l’Efama appelle de ses vœux une adoption du texte avant la fin de l’actuelle mandature européenne (mars-avril 2014)».La troisième préoccupation ressortit à la fragmentation croissante du marché à l'échelon de la distribution. La Commission européenne veut une harmonisation, mais il n’y aura certainement pas, par exemple, d’interprétation harmonisée du futur RDR européen d’un pays à l’autre. Au bout du compte, cette fragmentation renchérit le coût des produits pour les investisseurs. Le RDR européen sera probablement voté avant mars, mais l’application prendra du temps.Concernant enfin la taxe sur les transactions financières (TTF), Christian Dargnat estime que, si elle devait être appliquée telle quelle dans seulement onze pays de l’Union, cela générerait une fuite des capitaux et des cerveaux tout en rapportant fort peu aux Etats parce que l’assiette fiscale se contracterait. En guise de contre-proposition, l’Efama souhaiterait qu’au moins les produits d'épargne de long terme, d'épargne salariale et d’investissement socialement responsable soient traités différemment et, surtout que la TTF soit appliquée dans tous les pays de l’UE et pa seulement dans onze d’entre eux.