Patrick Odier, président de l’Association suisse des Banquiers, a demandé que la France prolonge le programme de régularisation fiscale, qui s’achève en principe fin mai, dans un entretien accordé à L’Agefi suisse. A la question «Qu’attendez-vous au juste de la France ?», Patrick Odier, qui est l’un des dirigeants de la banque privée genevoise Lombard Odier, répond : «Qu’elle poursuive le programme actuel au-delà du mois de mai en le faisant évoluer de manière plus pragmatique et efficace». Il ajoute que «la France et la Suisse ont un même intérêt dans cette affaire: qu’un maximum de clients se régularise». Avec ces régularisations, la France et la Suisse atteindraient ainsi la meilleure solution possible pour les deux États car elle permettrait d'éviter que des avoirs partent vers des juridictions moins régulées. Selon Patrick Odier, qui parle au nom des banquiers suisses, il faut agir rapidement, car d’ici 2 à 3 ans la Suisse va appliquer le système d'échanges automatiques d’informations, qui signifie la fin du secret bancaire, et les clients français non déclarés devront se décider d’ici là."Nous cherchons des solutions concrètes, et sommes à la disposition des autorités françaises pour trouver des réponses techniques performantes», a encore indiqué Patrick Odier, qui se déclare convaincu que les banques suisses pourraient proposer des moyens de faire probablement augmenter le degré de rapatriement fiscal.Les clients français des banques suisses trouvent le programme actuel «trop coûteux, trop compliqué et pas assez sûr. Ils n’ont pas confiance», ajoute Patrick Odier en indiquant qu’ils sont tentés de déplacer les fonds ailleurs, vers d’autres horizons jugés encore incontrôlés ou incontrôlables. Ces clients préfèrent prendre ce risque, car ils estiment qu’il est moins élevé que celui de se soumettre au programme français.