Six mois après sa prise de fonction à la présidence de la commission des sanctions de l’AMF, Michel Pinault, ex conseiller d’Etat, a accordé un entretien, au journal Les Echos, dans lequel il explique les évolutions récentes et à venir dans le mandat de la commission des sanctions.« Le législateur nous a envoyé un signal pour une plus grande sévérité quand il a relevé le plafond des sanctions de 10 à 100 millions d’euros » déclare Michel Pinault pour qui, il faudrait d’une part, catégoriser davantage les sanctions et d’autre part que le législateur dise de manière plus articulée ce qui doit être pris en compte dans la détermination du montant de la sanction.Par ailleurs, Michel Pinault considère que la récente condamnation de l’Italie par la Cour européenne des droits de l’homme pour le cumul des poursuites pénales et administratives, « pose évidemment de grandes questions sur cette conception du cumul ». Pour lui, « La réponse n’a rien d'évident ». Aujourd’hui, le système français est totalement conforme aux textes de l’Union en négociation qui prévoient la possibilité de faire cohabiter les deux types de sanctions, pénales et administratives. Toutefois, « il est clair que cette décision de la CEDH pourrait changer fondamentalement l'équilibre et la puissance du système de sanction dans plusieurs pays européens, dont la France », prévient le président de la commission des sanctions de l’AMF.