Le projet de Loi sur les services financiers met en danger la gestion privée en Suisse, selon Christian Wiesendanger, responsable de la gestion de fortune d’UBS pour la Suisse. S’il n’est pas modifié avant d’être accepté, le texte limitera fortement la capacité des banques à fournir du conseil, estime le responsable interrogé par L’Agefi suisse. Alors que pour les deux grandes banques, voire pour toute l’industrie financière, l’avenir du métier repose justement sur la mise en valeur du conseil et sa rémunération transparente.«Si le projet de loi LSFin est accepté tel qu’il est actuellement, fournir un conseil au client engendrerait un risque trop grand, car le client serait littéralement mis sous tutelle», s’inquiète Christian Wiesendanger, en référence à certaines propositions contenues dans le projet de loi sur les services financiers (LSFin ou FIDLeg ). Le responsable de la gestion de fortune d’UBS en Suisse vise en particulier l’inversion du fardeau de la preuve, qui obligerait les intermédiaires financiers à prouver qu’ils n’ont pas commis de faute dans la gestion des avoirs de leurs clients. Autre grief, «si le portefeuille du client échoue au test de suitability (il n’est pas conforme au profil et aux objectifs définis initialement, ndlr), le client ne pourra pas souscrire de mandat de gestion, il ne pourra faire que des transactions sans conseil», poursuit le dirigeant, en poste depuis octobre 2010.La modernisation de la réglementation financière et le renforcement de la protection des investisseurs pourrait pousser la place financière suisse vers une évolution à l’anglaise, avec une quasi-disparition du conseil au profit d’une gestion dans laquelle l’investisseur doit décider tout seul de ses investissements. Or UBS (depuis 2013) et Credit Suisse (à partir d’avril) se sont engagées dans la direction inverse, celle de la mise en valeur du conseil de gestion et sa rémunération en tant que tel.