Le projet du gouvernement français de céder entre 5 et 10 milliards d’euros d’actifs de l’État dans le cadre du budget 2015 pourrait se traduire par une détérioration de la qualité de crédit des sociétés à actionnariat public (GRI), et ce, en dépit de la possibilité octroyée par la loi Florange de compenser la réduction de la participation de l'État dans les sociétés cotées par une augmentation de ses droits de vote, indique Moody’s Investors Service dans une étude publiée récemment (« French GRIs and Florange law: F.A.Q. »). « Une diminution potentielle par l'État français de son niveau de participation pourrait avoir un impact négatif sur notre estimation de sa volonté d’apporter son aide à titre exceptionnel à ces émetteurs en cas de besoin », déclare Paul Marty, vice-président de Moody’s, analyste senior et auteur du rapport. « Toutes choses étant égales par ailleurs, nous considérons qu’un niveau de participation plus élevé du gouvernement l’incitera davantage à venir en aide à une entreprise à titre exceptionnel. » Moody’s remarque que les émetteurs notés les plus susceptibles d'être concernés par une réduction potentielle de la participation de l'État français dans le cadre de la loi Florange sont les sociétés GDF SUEZ S.A. (notée A1, perspective stable) et Orange (notée Baa1, perspective stable) en raison du niveau de participation déjà relativement faible de l'État. Moody’s ne s’attend pas à une réduction significative de la participation publique dans la société Électricité de France (notée Aa3, perspective négative), compte tenu de l’obligation légale pour l'État de conserver 70 % de participation et des déclarations publiques du gouvernement dans ce sens. En outre, l’agence de notation ne prévoit actuellement pas de changement du niveau de participation – et donc du niveau de soutien « très élevé » dont bénéficient leurs notations – des sociétés Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) (Aa1, perspective négative), SNCF Mobilités (Aa2, perspective négative) et SNCF Réseau (Aa1, perspective négative). Par ailleurs, les notations actuelles de Renault S.A. (Ba1, perspective positive) et Peugeot S.A. (Ba3, perspective stable) ne tiennent pas compte d’une éventuelle aide du gouvernement à titre exceptionnel.