Le régulateur européen des marchés financiers Esma vient de clôturer sa consultation publique sur la révision de la réglementation européenne en matière de vente à découvert (Short Selling Regulation ou SSR) en vigueur depuis novembre 2012. Un rapport en sera tiré d’ici la fin du premier trimestre 2022. Cette consultation s’inscrit dans un climat quelque peu tendu de par le prétexte utilisé pour cette révision - l’affaire Gamestop et le phénomène de liquidation forcée des positions courtes (short squeezes) qu’elle a engendré - mais aussi de par le récent historique de restrictions imposées aux vendeurs à découvert dans divers marchés européens pour tenter de circonscrire les tourments boursiers du printemps 2020 liés au Covid-19. La réponse très critique de Muddy Waters Capital à sa consultation donne une idée de la fronde à laquelle le gendarme européen peut s’attendre. Sans surprise, le fonds activiste américain est vent debout contre toute mesure d’interdiction de vente à découvert en Europe peu importe le type d’instruments visés (actions, ETF, indices, paniers d’actions, dérivés, etc). Pour le hedge fund, le régulateur européen fait fausse route. «L’analyse de l’Esma sur la vente à découvert et son impact sur les marchés financiers présente plusieurs malentendusimportants», commente Carson Block, responsable des investissements de Muddy Waters et spécialiste du sujet, dans le document de réponse à l’Esma consulté par L’Agefi. Révision injustifiée Le fonds activiste suggère d’abord que les ventes à découvert n’amplifient pas les crises économiques et financières. Elles sont même un stabilisateur de prix dans les phases de dislocation de marché, avance-t-il, alors que la gestion passive fait, elle, courir le risque d’«un crash des prix de la même ampleur qu’en 1929 couplé à la vitesse de dislocation des marchés de mars 2020» de par son comportement et son poids dans le marché. Muddy Waters soutient ensuite que les short squeezes ne justifient en rien un accroissement de la régulation européenne sur la vente à découvert. Carson Block explique que cela fait partie des risques encourus par les acteurs concernés et qu’ «au lieu de prendre un ton paternaliste pour chercher à les protéger des short squeezes, l’Esma devrait comprendre que les vendeurs à découvert connaissent et acceptent ces risques». Le fonds activiste se montre néanmoins favorable à la surveillance par le régulateur d’une potentielle coordination de squeezes orchestrée par les gros détenteurs d’actions prêtables. Abrogation de pouvoir Le hedge fund dénonce dans sa réponse le manque d’étude empirique ou théorique venant étayer l’adoption de mesures visant à limiter l’activité des vendeurs à découvert dans l’UE. Rappelons que les rares recherches menées sur les interdictions de shorter prises en 2020 dans quelques marchés européens posent question quant à leur efficacité supposée. Le fonds activiste presse donc l’Esma de se fonder «sur des évidences scientifiques plutôt que sur l’intuition et la pression politique» lorsqu’elle envisagera les réponses à apporter à la crise de marché du printemps 2020. Aussi Carson Block tacle-t-il la dangerosité du pouvoir accordé aux régulateurs nationaux en Europe de pouvoir décider d’eux-mêmes de bannir la vente à découvert «sans en démontrer l’utilité dans la prévention du risque systémique et au risque de commettre des erreurs considérables». L’expert demande l’abrogation de ce pouvoir. GameStop et les shamans L’Esma a également tout faux dans sa lecture du cas GameStop selon Muddy Waters. Notamment lorsqu’elle saisit le prétexte de l’affaire pour éventuellement renforcer les règles interdisant les ventes à découvert nues sur le marché actions, c’est-à-dire les ventes d’actions sans provision préalable de titres ni de garantie de mise à disposition des titres. Le risque que présente ce type de ventes est grandement exagéré pour Carson Block. Il juge «totalement inapproprié» que l’Esma spécule sans présenter de preuve que des ventes à découvert nues aient eu lieu dans l’affaire GameStop. Et l’activiste d’ironiser: «Les attitudes des Européens sur la vente à découvert ressemblent plus à celles de shamans et de guérisseurs qu’à celles de scientifiques. Si ce genre de spéculation est valable, nous nous demandons pourquoi l’Esma ne s’inquiète pas de la possibilité que des forces étrangères ou même des extraterrestres aient pu manipuler GameStop.» Nouveaux seuils Enfin, Muddy Waters plaide pour une révision du seuil actuel au-dessus duquel les vendeurs à découvert doivent déclarer publiquement leurs positions courtes (0,5% du titre concerné puis chaque 0,1% supplémentaire). L’activiste souhaite que le régime de déclaration de franchissement de seuil pour les positions courtes se calque sur celui des positions longues car rien ne justifie que les deux soient différents. Il s’oppose en outre à l’abaissement de manière permanent du seuil de déclaration des positions courtes de 0,2% à 0,1% du capital social émis d’une société aux autorités de marchés.
Le régulateur sud-coréen des marchés financiers FSC a révoqué, ce mercredi,la licence d’activité d’Optimus Asset Management pour un grand nombre de violations et des activités de gestion de fonds inappropriées liées au gel desremboursements des fonds de la firmesurvenu en 2020. Plus de 500 milliards de won (376 millions d’euros) n’ont pu être retournés aux clients du hedge fund dans l’un des plus gros scandales financiers qu’ait connula Corée du Sud. En juin 2020, la FSC avait suspendu l’activité d’Optimus AMen raison d’investigations sur des fraudes dans lagestion de ses fonds d’investissement. Ces opérations frauduleuses ont amené le directeur général du hedge fundKim Jae-hyun à écoper de 25 ans de prison par la justice sud-coréenne et d’une grosse amende en juillet dernier. La FSC a imposé une amende de 114,4 millions de won à Optimus AM, demandé le limogeage de membres clés du conseil d’administration. Elle a également ordonné le transfert de 43 fonds d’Optimus AM, désormais en liquidation,à une nouvelle société de gestion baptisée Recovery Asset Management.
BlackRock Private Equity Partners, filiale du gestionnaire d’actifs américain BlackRock, a signé un accord de distribution avec le tierce-partie marketeur chilien HMC Capital pour la distribution de ses fonds de private equity aux investisseurs latino-américains qualifiés.Les équipes de BlackRock dédiées au private equity gèrent 23 milliards de dollars (20,5 milliards d’euros).
HSBC a annoncé ce 24 novembre la promotion de Karl Faivre au poste de directeur des investissements et des solutions en gestion de fortune pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), hors Royaume-Uni, et directeur de cette même division pour le marché Suisse. Il était dernièrement directeur des produits et des équipes d’investissement en Suisse. Sur ce nouveau poste, il est responsable de la gamme complète de produits, de plateformes et de propositions de patrimoine pour les clients Personal, Premier et Private Banking dans la région EMEA. La société a également nommé Alexander Neil comme directeur du conseil en actions afin de renforcer ses capacités de stock picking. Il y était précédemment spécialiste de produits structurés depuis 2018. En plus de ces nominations internes, HSBC vient de recruter Cristiano Mendes en tant que spécialiste des produits structurés pour renforcer son équipe en Suisse. Il a travaillé précédemment sur des postes de gestion des investissements chez UBS, Lombard Odier et Barclays Wealth Management.
La société de gestion allemande Allianz Global Investors (AllianzGI) s’apprêteàlancer trois nouveaux fonds actions (actions européennes, internationales et américaines) pour lesquels les gérants pourront s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour l’analyse et la sélection de titres, a appris NewsManagers. Les fonds portent les noms d’Allianz Europe Equity Powered by Artificial Intelligence, Allianz Global Equity Powered by Artificial Intelligence et Allianz US Equity Powered by Artificial Intelligence et sont domiciliés dans une Sicav luxembourgeoise d’AllianzGI. Les techniques utilisées par les gérants pour l’analyse de données incluent notamment le machine learning, le traitement naturel du langage et l’IA. Les gérants des fonds garderont néanmoins la main sur les décisions d’investissement finales et donc sur le fait de suivre ou non les signaux émis par l’IA. La thématique de l’IA n’est pas nouvelle chez AllianzGI qui a été parmipremiers gestionnaires d’actifs en Europe à lancer un fonds sur le sujet en mars 2017, Allianz Global Artificial Intelligence (8,9 milliards d’euros d’encours au 23 novembre 2021).
Bettina Ducat, directrice générale de La Financière de L’Echiquier (LFDE), a gagné le Prix AM Leader 2021 de L’Agefi. Celui-ci lui a été décerné à l’occasion du dîner Grand Prix de la Gestion d’Actifs (GPGA) organisé à Paris par L’Agefi ce 24 novembre. Elle succède au palmarès à Vincent Levita, fondateur d’Infravia.
Emplettes. Plus rien ne semble arrêter le belge Sienna IM. Alors que début octobre, il prenait le contrôle de la société de gestion de Malakoff Humanis et de ses 20 milliards d’euros sous gestion et que trois mois plus tôt, le groupe annonçait le rachat du gestionnaire immobilier L’Etoile Properties (3 milliards d’euros d’encours), la société d’investissement met aujourd’hui la main sur Acofi Gestion. La maison tricolore gère 2,4 milliards d’euros et a développé une expertise notamment sur l’immobilier commercial et l’infrastructure dans le secteur de l’énergie. Le groupe La Française, qui détient actuellement 40 % du capital d’Acofi, ainsi que ses associés non dirigeants céderont leurs parts au groupe belge. Avec cette acquisition, Sienna IM voit ses encours grimper à 32,5 milliards d’euros et gravit une étape dans sa volonté de s’imposer comme un acteur majeur de la gestion alternative en Europe.
Deutsche Börse va permettre aux investisseurs de passer leurs ordres à Francfort jusqu'à 22 heures à partir de lundi, un effet de la concurrence accrue entre les différentes places financières pour attirer les investisseurs. Cet allongement des horaires, permis par le lancement en septembre de la nouvelle plateforme de compensation d’Eurex Clearing en septembre dernier, portera sur les actions, les fonds négociés en Bourse et les fonds communs de placement. Selon des traders, cette mesure pourrait permettre d’accroître les volumes de Deutsche Börse, d’entraîner une hausse des coûts et de pousser ses concurrents à s’aligner. En Allemagne, les investisseurs individuels peuvent déjà négocier jusqu'à 22 heures sur la plateforme Tradegate qui est également utilisée par les traders professionnels. Il s’agit de la dernière initiative en date des Bourses pour augmenter leurs revenus en permettant aux investisseurs d'échanger sur l’ensemble des marchés malgré le décalage horaire.
La confiance des ménages américains s’est érodée en novembre, tombant à son plus bas niveau depuis une décennie sous l’effet des craintes suscitées par l’inflation, selon l’enquête publiée mercredi par l’université du Michigan. L’indice définitif de l’université est légèrement remonté à 67,4 à la fin novembre, contre 66,8 en début de mois, et contre 66,8 selon le consensus du Wall Street Journal. L’indice se situe à son plus faible niveau depuis 10 ans et reste toujours très éloigné du point haut de 101 atteint en février 2020, avant la crise sanitaire. Les Américains sondés s’attendent à un taux d’inflation de 4,9% dans les 12 prochains mois, contre 4,8% en octobre.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) ne discutent pas actuellement d’une éventuelle suspension de l’augmentation prévue de leur production malgré la décision de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, de puiser dans leurs réserves stratégiques de brut, selon trois sources citées par Reuters. Les Etats-Unis et plusieurs autres pays ont accepté de puiser dans leurs stocks après n'être pas parvenus à convaincre l’Opep de pomper davantage de brut, une mesure destinée à faire reculer les prix du pétrole. L’Opep+, qui se réunit la semaine prochaine, a augmenté son offre de 400.000 barils par jour chaque mois depuis août afin de contribuer à alimenter la reprise.
Le président français Emmanuel Macron a réitéré sa «solidarité» avec la Pologne face aux «manipulations» qu’elle subit selon lui à sa frontière avec la Biélorussie où se trouvent des milliers de migrants. Le chef de l’Etat a reçu successivement le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et la cheffe du gouvernement estonien Kaja Kallas.
Le Parlement européen a approuvé, mardi 23 novembre, le report au 1er janvier 2023de la mise en œuvre des mesures techniques (regulatory technical standardsouRTSen anglais) de niveau 2 de la régulation européenne sur les produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance (Priips). Les acteurs concernés auront donc jusqu’au 31 décembre 2022 pour produire un document d’investisseur clé (DIC) à destination des investisseurs particuliers conforme aux RTS de niveau 2 de Priips, validés par la Commission européenne début septembre. L’association européenne de la gestion d’actifs Efama s’est réjouie de ce report qu’elle avait appelé de ses vœux et également de la confirmation par le Parlement européen que les sociétés de gestion n’auront plus à fournir un DIC conforme à la réglementation européennesur les fonds Ucits si elles produisent unDIC conforme à la réglementation Priips. L’Efama précise néanmoins dans un communiqué qu’elle espère voir la publication des RTS dans le journal officiel de l’Union européenne d’ici la fin de l’année. Ce, afin que ses membres puissent avoir assez de temps pour produire les DIC Priips.
La Banque Postale Asset Management (LBP AM), filiale de gestion d’actifs de La Banque Postale, a renforcé son pôle « Solutions ISR » (investissement socialement responsable) avec des nominations et recrutements. La société de gestion a nommé Hélène Charrier à la tête de ce pôle, composé de huit personnes. L’intéressée évoluait précédemment au sein du Groupe Caisse des Dépôts, qu’elle avait rejoint en 2012 en tant que directrice de projets investissement responsable puis en qualité de directrice adjointe des politiques durables du groupe notamment en charge des politiques ISR, ODD et climat. Auparavant, elle a exercé en tant qu’analyste extra-financière chez ODDO BHF, puis chez AXA Investment Managers à Londres. Elle est également vice-présidente du Forum pour l’Investissement Responsable. Dans ses nouvelles fonctions, Hélène Charrier est rattachée à Guillaume Lasserre, directeur adjoint des gestions. Elle s’appuie sur une équipe renforcée par l’arrivée d’Ekaterina Pomonareva, nommée au poste de responsable climat en charge de déployer les engagements climatiques de la société de gestion dans ses stratégies d’investissement, de Léonard Pirollet en charge des affaires publiques, et de Diane Moulonguet en charge du développement et de l’exécution de l’activité de vote pour irriguer les pratiques de gestion. Ekaterina Pomonareva a rejoint l’équipe ISR de LBP AM en novembre 2021. Elle travaillait précédemment, depuis 2017, au sein de l’équipe R&D d’EcoAct (groupe Atos) afin de développer les solutions visant à aligner les portefeuilles d’actifs financiers sur les enjeux du changement climatique. Léonard Pirollet a pris ses fonctions le 20 septembre 2021. Il a commencé sa carrière en 2018 à l’AMF à la direction de la régulation et des affaires internationales. Rattaché à l’équipe dédiée à la gestion d’actifs, il a notamment pris part aux négociations européennes sur la finance durable, la protection des investisseurs et la distribution transfrontière des fonds. Diane Moulonguet rejoint l’équipe Solutions ISR en novembre 2021, en tant qu’analyste gouvernance. Diane était précédemment analyste gouvernance au sein de la société Institutional Shareholder Services (ISS) où elle était notamment en charge de l’analyse préparatoire à l’émission des recommandations de vote aux assemblées générales des sociétés françaises. Le pôle Solutions ISR a vocation à piloter la stratégie finance durable de LBP AM et sa filiale Tocqueville Finance, autour de thèmes-clés incluant la définition d’une ambition climat, le déploiement de la stratégie de financement à impact, et la recherche et développement en matière de produits et data.
Deutsche Börse va permettre aux investisseurs de passer leurs ordres à Francfort jusqu'à 22 heures à partir de lundi, un effet de la concurrence accrue entre les différentes places financières pour attirer les investisseurs.
La confiance des ménages américains s’est érodée en novembre, tombant à son plus bas niveau depuis une décennie sous l’effet des craintes suscitées par l’inflation, selon l’enquête publiée mercredi par l’université du Michigan. L’indice définitif de l’université est légèrement remonté à 67,4 à la fin novembre, contre 66,8 en début de mois, et contre 66,8 selon le consensus du Wall Street Journal.