«Ce terrible accident dont nous sommes victimes, avec cette fraude exceptionnelle, ne modifiera pas notre stratégie. Nous avons l’intention de la poursuivre, dans la mesure où nous nous attendons à avoir le soutien de nos actionnaires», a déclaré Daniel Bouton le PDG de la Société Générale, lors d’une conférence destinée à faire le point sur la fraude de trading subie par la banque et qui a généré une perte de 4,9 milliards d’euros. Interrogé sur un éventuel rapprochement, il a répondu: «nous ne recherchons pas spécifiquement dans cette direction», ajoutant que la banque a les moyens de continuer «seule».
Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, tiendra un point de presse à 14h30 au sujet de la Société générale. La Banque de France a annoncé l’ouverture prochaine d’une enquête de la Commission bancaire sur le sujet.
A l’annonce des pertes, on pouvait craindre le pire. Mais la modération était de mise ce matin sur le marché concernant la Société Générale. Si Fitch a déjà abaissé de AA à AA- la note à long terme, S&P a de son côté simplement décidé de placer sous surveillance négative la note de contrepartie à long terme (AA); «L’annonce simultanée par la banque de mesures pour rétablir une position en capital satisfaisante est une élément clé soutenant la note», explique l’agence en faisant référence à l’augmentation de capital prévue, de 5,5 milliards d’euros. Un élément jugé également «rassurant» par Fitch. Les CDS sur la banque ne s'écartaient d’ailleurs «que» de 10 pb à 95 pb et la panique ne s’est pas emparée du marché. l’Itraxx reculait même de 7pb ce matin. Sur les actions, le titre Société Générale cédait environ 6 % vers 12h30. Une réaction qui là encore peut sembler contenue au vu de l’ampleur des pertes. Finalement, pour plusieurs experts, c’est surtout en termes d’images que la banque risque gros.
La deuxième banque espagnole, a publié un bénéfice net de 6,13 milliards d’euros, contre 4,74 milliards d’euros. Hors le résultat exceptionnel lié à la vente de la participation de la banque dans Iberdrola, le résultat net a progressé de 18% à 5,4 milliards d’euros. La banque a déclaré qu’elle n’avait pas passé des dépréciations. BBVA a souligné que ses provisions pour créances douteuses avaient augmenté de 29% par rapport à 2006, à 1,9 milliard d’euros.
Le bénéfice d’exploitation du cinquième constructeur automobile européen en termes de capitalisation boursière est ressorti, au niveau du groupe, à 3,233 milliards d’euros et celui de la seule division automobile à 803 millions d’euros. Pour l’année en cours, Fiat a confirmé son objectif d’un bénéfice d’exploitation compris entre 3,4 et 3,6 milliards d’euros ainsi que son objectif d’un bénéfice net compris entre 2,4 et 2,6 milliards.
Carlsberg et Heineken ont jusqu'à vendredi midi pour déposer leur offre sur S&N. Le 17 janvier, Carlsberg et Heineken ont relevé leur offre sur Scottish & Newcastle à 800 pence par action, ce qui représente 7,8 milliards de livres (10,5 milliards d’euros).
Ford a fait état d’une perte nette de 2,75 milliards de dollars, soit 1,30 dollar par action, contre une perte de 5,63 milliards (2,98 dollars) un an auparavant. Le constructeur automobile américain a fait savoir qu’il comptait poursuivre les réductions de coûts en Amérique du Nord, notamment en proposant des départs anticipés aux ouvriers syndiqués de l’United Auto Workers (UAW).
Le climat des affaires en Allemagne s’est amélioré plus que prévu en janvier au vu de l’indice Ifo, considéré comme un baromètre des tendances économiques à venir, qui est ressorti à 103,4 après 103,0 en décembre. L’institut estime que l’industrie allemande reste solide et que les entreprises du secteur manufacturier sont pratiquement aussi optimistes qu’en décembre quant à leurs perspectives à l’exportation.
Le gouvernement brésilien s’oppose à la volonté du géant minier Vale de racheter le groupe anglo-suisse Xstrata, selon un journal brésilien. Le quotidien économique Valor Economico écrit que Brasilia est notamment en désaccord avec la façon dont Vale prévoit de financer le rachat de Xstrata, estimant qu’un trop grand nombre d’actions avec droits de vote se retrouveraient dans des mains étrangères. L’opération pourrait représenter jusqu'à 100 milliards de dollars selon des analystes.
L'économie chinoise a enregistré une croissance de 11,4% en 2007, mais devrait connaître une hausse un peu moins vive cette année en raison d’une probable baisse de la demande mondiale et d’un durcissement des conditions de crédit. Il s’agit de la cinquième année consécutive d’une croissance à deux chiffres pour la Chine, qui est bien parti pour déloger l’Allemagne de la place de troisième puissance économique mondiale.
L’Arabie saoudite envisage de mettre sur pied un fonds souverain de six milliards de dollars pour recycler une partie de ses excédents pétroliers mais elle peut toujours y renoncer en cas de débats sans fin sur des abus présumés. Le royaume par ailleurs ne compte pas modifier sa politique des changes et son ancrage au dollar.
Les banques américaines ont été conviées par le régulateur du secteur de l’assurance de l’Etat de New York à se mobiliser pour le sauvetage des principaux assureurs «monoline». Le Financial Times évoque une somme de 15 milliards de dollars destinés à la recapitalisation des rehausseurs.
La banque américaine est parée à supprimer 400 de ses postes de banque d’investissement à Londres. Il s’agirait surtout de ne pas remplacer la plupart des personnes partantes en ce début d’année. Citigroup dispose de 11.000 salariés outre-Manche.
Singapour, tout comme la Norvège ou Abou Dhabi, ont été priés par le Fonds monétaire international de participer à l’élaboration de standards de conduite concernant les fonds d’investissement souverains. C’est ce qu’a confié au quotidien le Ministre singapourien Lee Kuan Yew, qui se trouve être le président du fonds Government of Singapore Investment Corp (GIC). Il espère que les acteurs chinois seront également conviés. Le Financial Times souligne de son côté les efforts déployés à Davos par les représentants du Trésor américain pour convaincre les fonds asiatiques et du Golfe à jouer un rôle plus actif et public pour le redressement des marchés.
L’équipementier automobile indien Mahindra & Mahindra qui collabore avec Renault dans la fabrication de la Logan étudie actuellement des façons d’étendre sa collaboration avec le constructeur français alors qu’il souhaite s’entourer de partenaires pour développer sa présence dans le marché en plein développement des petites voitures.
Le premier ministre français, François Fillon, prévoit de geler les dépenses publiques pour cinq ans et réduire les déficits publics, martèle-t-il dans un entretien accordé au journal, sans pour autant donner de plus amples détails. François Fillon signale ainsi son intention de restaurer les finances publiques françaises.
L’activité internationale de fusions-acquisitions connaît une passe difficile, du fait de l’agitation sur les marchés actions qui rend toute valorisation risquée. Selon le quotidien qui cite des chiffres de Dealogic, ce début d’année 2008 est le plus calme en la matière depuis 2002, avec un volume d’opérations en repli de 17 %, et particulièrement sensible en Amérique du Nord et en Europe.
La banque américaine discute actuellement avec Rank Group sur la possibilité de racheter son fonds de pension doté de 700 millions livres sterling, l'équivalent de 1,37 milliard de dollars, rapporte le journal. Ces discussions seraient au stade final et l’opération pourrait être bientôt annoncée.
La société de gestion sera rapprochée de KBL France, société de banque privée de KBC dans l’Hexagone. L’entité affichera 5,7 milliards d’euros d’encours
A 82 %, nos lecteurs estiment que le coup de tabac boursier du mois de janvier et particulièrement de cette semaine, est appelé à se poursuivre. Il faut dire qu’une nouvelle baisse des taux de la Fed sonnerait comme un aveu de faiblesse, tandis qu’un statu quo doucherait les espoirs du marché. Deux bonnes raisons pour que les actions corrigent encore.
L’effet négatif sur le dollar de la baisse surprise de 75 points de base des taux directeurs de la Fed aura été de courte durée. Après avoir chuté mardi de 1,2 % face à l’euro, la devise américaine s’est raffermie mercredi, profitant d’une extension des craintes à l’ensemble des économies mondiales
Si Ben Bernanke pensait se donner de l’air en abaissant de trois quarts de point le taux des Fed funds, il s’est bien trompé. Au vu des réactions sur les marchés de taux et d’actions hier, on peut même dire que sa main ne s’est pas renforcée, bien au contraire. La chute des marchés d’actions et le rush vers les produits de taux sans risque dans un mécanisme classique de «fuite vers la qualité», en privilégiant les maturités les plus courtes possibles, montre que les investisseurs sont persuadés que la Fed devra compléter ce qu’elle a commencé lors de son comité de politique monétaire du 30 janvier. Les indicateurs de marché pointent vers une baisse supplémentaire de 50 à 75 points de base faute de quoi, d’autres journées noires sont à craindre sur les marchés d’actifs. De quoi porter la baisse des taux aux Etats-Unis à 225, voire 250 points de base en cinq mois à peine, soit davantage que ce qui avait été fait après le 11 septembre 2001. De quoi aussi renforcer la réputation de Ben Bernanke qui se dessine déjà, de l’homme qui ne sait pas résister aux pressions des arbitragistes. Sa crédibilité pourrait bien en souffrir, mais il est vrai qu’avec un prédécesseur qui avait toujours veillé à répondre aux exigences des marchés, le nouveau patron de la Fed n’a pas vraiment le choix. Si l’inflation fut, en son temps, une drogue, le laxisme monétaire générateur de bulles financières en est une autre, dont il est tout aussi difficile de s’affranchir.