En procédant de la sorte, «les transactions fictives annulaient le risque de marché lié aux transactions réelles, ce qui ne déclenchait pas d’alerte dans nos systèmes», explique la banque. Plus précisément, les positions réelles liées aux futures, un produit centralisé qui engendre des appels de marge quotidiens, donnaient lieu tous les jours à une réconciliation des flux enregistrés par les back-offices de la Société Générale et ceux de la chambre de compensation, en l’occurrence Eurex. Si le trader s’était aussi appuyé sur des futures pour ses transactions fictives, ces contrôles auraient fait apparaître des divergences entre les livres de la banque et ceux du compensateur.
Le fonds de capital-investissement J.C Flowers qui prévoit de céder la banque d’investissement batave NIBC Holding au premier établissement bancaire islandais Kaupthing Bank pourrait se voir bloqué par le régulateur islandais. Ce dernier pourrait demander à Kaupthing d’abandonner cette offre ou de lever davantage de capital pour sécuriser son bilan.
La banque française a dit vendredi que sa participation de 3,78% dans Iberdrola n'était pas le résultat d’une décision stratégique. «C’est simplement la conséquence de la consolidation de tous nos actifs de nos fonds», a indiqué une porte-parole. Elle a ajouté que la banque ne détenait pas cette participation pour compte de tiers.
«Pour l’instant, nous ne sommes pas intéressés par une activité de premier plan sur les fusions et acquisitions», a indiqué à Reuters une source interne à la troisième banque européenne par la capitalisation. Les analystes voient en la Société Générale une cible après la découverte d’une gigantesque fraude. UniCredit, qui avait discuté avec la banque française en 2007, passe souvent pour une candidate à l’OPA.
Le Commissaire européen Charlie McCreevy a estimé ce matin à Davos que les pertes de trading de la Société Générale ne justifiaient pas la mise en place précipitée de nouvelles règles de surveillance. Côté français, le Premier ministre François Fillon a indiqué avoir été «prévenu, comme l’ensemble des autorités de l’Etat, mercredi». Vu l’ampleur du problème, «peut-être le gouvernement aurait pu être prévenu plus tôt», a-t-il estimé. François Fillon a indiqué avoir demandé à la ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, de lui fournir «sous huit jours les informations sur ce qui s’est passé». Rappelons que la banque avait prévenu dès ce week end les autorités de tutelle, dont la Banque de France.
Jean-Pierre Mustier, le patron de la banque de financement et d’investissement (BFI) de la Société Générale, a repris personnellement la supervision des activités de marché au lendemain de l’annonce d’une perte record provoquée par un trader, indique Reuters. La banque est est ainsi revenue sur la réorganisation de sa BFI annoncée en décembre qui mettait l’ensemble des activités de marché sous la responsabilité de Christophe Mianné. Celui-ci redevient aujourd’hui responsable du pôle actions et dérivés, fonction qu’il partageait jusqu’en décembre, avant sa promotion à la tête des activités de marché, avec Luc François, qui figure parmi les cinq responsables sanctionnés le moment dans cette affaire. Du côté des taux, Grégoire Varenne et Marc Breillout, les deux responsables du «fixed income» (taux, change et matières premières), quittent leurs fonctions pour être remplacés par Olivier Khayat.
Selon l’enquête de conjoncture de l’Insee, l’indicateur du climat des affaires est ressorti en janvier à 109, conformément aux attentes du consensus, un chiffre stable par rapport à décembre 2007.
De nombreux intermédiaires ont abaissé leur recommandation et/ou leur objectif de cours pour Société Générale en réaction aux pertes massives de 4,9 milliards d’euros annoncées jeudi par le groupe bancaire sur des prises de position non autorisées d’un de ses traders. La perspective d’une augmentation de capital dilutive avec une forte décote(sur la base de prix allant de 50 à 65 euros selon les estimations) explique également ces changements. Seuls CM-CIC Securities, Keefe, Bruyette & Woods et HSBC ont relevé leur recommandation, mais avec des objectifs de prix abaissés. Malgré cela, et alors que les explications données par le groupe sur l'événement, qualifié de «fraude», n’ont guère convaincu, le titre résistait vendredi matin, en hausse de 1,65% à 77,06 euros vers 12h30.
Comme Moody’s et S&P, Fitch a confirmé la notation AAA du rehausseur de crédit détenu par Dexia, avec perspective stable, en raison notamment de sa faible exposition au risque subprime par rapport à ses concurrents américains.
L’agence a ramené la note long terme à Baa2 contre Baa1. Elle juge qu’Oddo & Cie ne bénéficie plus d’un soutien suffisant d’AGF-Allianz (actionnaire à 20%) qui justifierait le cran supérieur de notation dont la société de gestion bénéficiait jusqu'à présent. Moody’s évoque aussi «la vulnérabilité croissante d’Oddo dans les conditions de marché actuelles».
Une étude présentée aujourd’hui au Forum économique de Davos montre que deux ans après leur rachat en LBO, les sociétés américaines comptent en moyenne 7% de salariés en moins que les autres entreprises du même secteur. En revanche, le nombre d’emplois s'équilibre au bout de quatre à cinq ans.
L’offre commune des brasseurs danois et hollandais valorise Scottish & Newcastle (S&N) à 7,8 milliards de livres (10,4 milliards d’euros). L’opération devrait être bouclée au deuxième trimestre.
Porsche a dépassé les attentes du marché en publiant un chiffre d’affaires pour le premier semestre (clos fin janvier) de 3,5 milliards d’euros (+ 14,2 %). En volume, les ventes ont crû de 18,7 % à 46.600 véhicules.
Le bancassureur allemand a rassuré les marchés en annonçant pour 2007 un bénéfice record, même si sa filiale bancaire plonge dans le rouge au dernier trimestre
Suite à l’annonce de la cession prochaine d’YSL Beauté, la Société Générale a relevé sa recommandation sur Clarins de « conserver » à « achat » avec un objectif de cours porté de 53 à 66 euros, estimant que le groupe familial ne pourra pas rester indépendant à terme face à la consolidation en cours du secteur des cosmétiques.
A court terme, la Société Générale n’a certes pas besoin d’abdiquer son indépendance. Bénéficiaire en 2007, elle devrait procéder dans les prochains jours à une augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros, avec droits préférentiels de souscription, pour restaurer à 8 % son ratio tier one de 6,7 % après ces charges. L’opération est d’ores et déjà garantie par un syndicat bancaire que dirigent JPMorgan et Morgan Stanley. Pas question donc de solliciter prioritairement les poches profondes de fonds souverains, comme l’ont fait ses homologues UBS, Citigroup et Merrill Lynch. Le groupe a aussi pu compter hier sur le soutien public de l’un de ses actionnaires, Groupama, qui souscrira « à hauteur de sa participation actuelle, soit 3,5 % du capital, et se réserve la possibilité de l’augmenter ». Parmi les autres actionnaires du groupe, on compte la Caisse des dépôts (2,07 % au 30 juin 2007), la CNP (1,1 %) et Dexia (1,00 %).
Après un choc pareil, la Société Générale, éternellement promise à un mariage forcé, serait-elle cette fois si affaiblie qu’un rapprochement défensif serait inévitable ? Sur le papier, la réponse est négative. La recapitalisation annoncée, la solidité de la plupart des métiers de la banque, et les ravages causés par la crise des marchés de crédit au sein du petit groupe des prétendants éventuels incitent, en première analyse, à écarter cette hypothèse. Pourtant, en matière bancaire, tout n’est pas affaire de chiffres. La banque est très fragilisée parce que l’impensable s’est produit en son cœur de métier, au sein du département des dérivés actions, un joyau patiemment taillé. C’est en plein Forum et en plein midi que le scandale est survenu et non, comme pour Barings, dans une lointaine province de l’empire mal surveillée par un procurateur négligent. Le risque de réputation est grand. Aussi la direction, maintenue en place, ce qui n’est pas illogique tant que dure la tempête, aura-t-elle beaucoup de mal à maintenir la cohésion générale dès lors qu’il s’agira, en interne, de tirer les leçons de l’événement tout en faisant face aux clients inquiets et aux rivaux désireux de tirer parti de ce faux pas. Que Groupama ait fait savoir qu’elle souscrirait à l’augmentation de capital, sans exclure de se renforcer, montre que le risque de prévenir les agressions n’est nullement absent de l’esprit des dirigeants de la Société Générale.