Les hedge funds ont pris leur plus gros pari contre la dette italienne depuis janvier 2008, face aux inquiétudes grandissantes concernant la stabilité politique du pays et sa dépendance aux importations de gaz russe, rapporte le Financial Times. La valeur totale des obligations souveraines italiennes empruntées par les investisseurs pour parier sur une chute des cours a dépassé ce mois-ci les 39 milliards d’euros, selon des données de S&P Global Market Intelligence.
L’indicateur du climat de la consommation GfK est tombé à un nouveau record de -36,5 en Allemagne pour août, contre -30,9 révisé pour juillet et bien au-dessous des attentes du marché (-31,8). La dernière lecture a mis en évidence les craintes persistantes de récession et les inquiétudes croissantes concernant la hausse des coûts de l’énergie. La propension à épargner a atteint son plus haut niveau en plus de 11 ans, les ménages prenant des précautions dans l’attente des prochaines factures d’énergie. La volonté de consommer a chuté de 1,2 point, pour le septième mois consécutif, à -15,7 et un plus bas depuis octobre 2008.
La confiance des consommateurs italiens a augmenté de 3,5 points à 98,3 en août, après 94,8 en juillet, dépassant les attentes du marché (92,5), même si la jauge reste inférieure au niveau de 116 d’avant l’invasion russe en Ukraine. Depuis, la hausse des factures énergétiques et l’incertitude politique continuent de peser. Le climat économique (92,9 après 84,9 en juillet) s’améliore, de même le sentiment autour des finances personnelles (100,2 après 98,1) selon les données de l’Istat.
Alors que le président Emmanuel Macron a ouvert le conseil des ministres de rentrée en demandant des efforts («la fin de l’abondance»), le porte-parole du gouvernement a déclaré mercredi que ce dernier présentera en septembre un projet de loi pour accélérer tous les projets de production d’énergie ainsi qu’un plan pour sécuriser les approvisionnements énergétiques pour l’hiver prochain. Le gouvernement prévoit également des mesures portant la planification écologique à l’automne, a souligné Olivier Véran. La Première ministre Elisabeth Borne doit s’exprimer lundi prochain au sujet de la nécessaire sobriété énergétique. L’Allemagne a, également, mercredi, entériné des mesures d’économie d’énergie en prévision de l’hiver prochain, notamment des restrictions en matière d’éclairage public et de chauffage, qui devraient permettre de réduire de 2% à 2,5% la consommation de gaz.
L’Europe semble affronter sa pire sécheresse depuis au moins 500 ans, avec deux tiers du continent en état d’alerte (17%) ou d’avertissement (47%), ce qui affecte le transport fluvial (de marchandises et matières premières notamment), la production d’électricité et les rendements de certaines cultures, montre une étude du Centre commun de recherche de la Commission européenne fondée sur les travaux de l’Observatoire européen de la sécheresse (OED). Une situation qui s’est aggravée avec la canicule cet été malgré les pluies mi-août, et qui pourrait durer jusqu’en novembre dans la zone Europe occidentale-Méditerranée. Les prévisions actuelles de rendement pour le maïs, le soja et le tournesol au niveau européens sont inférieures respectivement de 16%, 15% et 12% à la moyenne sur cinq ans.
Au lendemain d’un lourd repli, les Bourses européennes ont échoué à rebondir mardi, alors que les investisseurs redoutent une entrée en récession de l’économie cet hiver, dans un contexte de prix élevés de l’énergie et d’inflation galopante. A la clôture, l’indice Stoxx Europe 600 a perdu 0,4%, à 431,4 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 ont cédé 0,3% chacun. Le Dax 40 a également fléchi de 0,3% à Francfort, tandis que le FTSE 100 a reculé de 0,6% à Londres. La séance a été marquée par la publication des indices PMI recueillis par S&P Global après enquête auprès des directeurs d’achats (lire par ailleurs), et laissant craindre une récession prochaine en zone euro ainsi qu’au Royaume-Uni. Dans ces conditions, l’euro est aussi resté sous la parité avec le dollar, à 0,9965 après avoir atteint 0,9901 mardi matin.
Les prix à la production en Allemagne ont enregistré en juillet leur plus forte hausse d’un mois sur l’autre et en rythme annuel alors que les coûts de l'énergie continuent de flamber. L’indice est ressorti en hausse de 37,2% en rythme annuel (+32,7% en juin) et de 5,3% sur un mois, a annoncé vendredi l’Office fédéral de la statistique Destatis. Il s’agit de chiffres records depuis le suivi de cet indicateur en 1949. Ils sont en outre largement supérieurs aux attentes des économistes (+0,6% sur un mois et +32% sur un an, selon Reuters). Les prix de l'énergie dans leur ensemble ont grimpé de 105% en rythme annuel, en raison principalement de l’augmentation des prix du gaz naturel, en hausse de 163,8% sur l’année, et de l'électricité, en hausse de 125,4% sur l’année.
La croissance de l'économie de la zone euro au deuxième trimestre a été légèrement moins soutenue qu’annoncé initialement. Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,6% sur la période par rapport aux trois mois précédents et de 3,9% sur un an, a annoncé mercredi Eurostat. Une première estimation publiée fin juillet avait fait état d’une croissance de 0,7% et de 4% respectivement. La croissance du deuxième trimestre est notamment à mettre au crédit de l’Italie et de l’Espagne, qui affichent une croissance de 1% et 1,1% respectivement en rythme trimestriel, alors que l'économie allemande a stagné et que le PIB français a augmenté de 0,5%.
La Suède est devenue le premier exportateur net d’électricité en Europe au premier semestre 2022, selon le spécialiste des données énergétiques EnAppSys. Elle détrône la France qui exporte traditionnellement davantage d'électricité qu’elle n’en importe. Mais du fait des difficultés de sa filière nucléaire, qui fonctionne à moitié de ses capacités en raison de problèmes de corrosion et de maintenance, l’Hexagone est devenue importatrice nette au début de l’année (baisse de moitié de ses exportations). La Suède a exporté 16 térawattheures (TWh), principalement vers la Finlande et le Danemark. L’Allemagne s’est hissée au deuxième rang européen des exportateurs nets, avec 15,4 TWh, deux fois plus qu’au premier semestre 2021, en réponse notamment à la hausse de la demande en France.
La production industrielle a fait preuve de résilience en juin avec une progression inattendue dans trois des quatre premières économies de la zone euro, seule l’Italie affichant un repli. Elle a progressé de 0,4% en Allemagne, en rythme mensuel, de 1,4% en France et de 1,1% en Espagne, alors que le consensus des économistes anticipait des baisses. En Italie, la production a décliné sur le mois de 2,1% en raison d’un repli dans l’automobile. Les analystes d’Oxford Economics prédisent une croissance de 0,2% pour la production sur l’ensemble de la zone euro en juin (+0,3% sur le deuxième trimestre). «Mais (...) nous nous attendons à ce que l’industrie de la zone euro glisse en récession au début de l’an prochain», préviennent ces derniers.
Les ventes au détail en zone euro ont baissé plus que prévu en juin, en repli de 1,2% sur un mois (attendu stable par le consensus) et de 3,7% sur un an, alors que les prix à la production industrielle ont continué à augmenter de 1,1% en glissement mensuel (+35,8% en rythme annuel), selon les données publiées mercredi par Eurostat. Ces chiffres confirment un début de ralentissement de la consommation dans la région dans un contexte de hausse persistante des prix, de l’énergie mais pas uniquement (+15,6% sur un an pour les prix à la production hors énergie) et de poursuite des perturbations des chaînes d’approvisionnement, même si les disparités restent importantes (plongeon de 8,8% des ventes au détail en Allemagne sur un an contre une hausse de 0,6% en France).
Les exportations allemandes ont augmenté, pour le troisième mois consécutif, de 4,5% en juin sur un mois, selon les données publiées mercredi par l’Office fédéral de la statistique Destatis. Une progression, supérieure aux attentes (+1% selon les économistes interrogés par Reuters), due en grande partie à la hausse des prix. Les importations corrigées des variations saisonnières ont pour leur part progressé de 0,2%, en dessous des attentes (+1,3% selon le consensus). En juin, l’Allemagne a enregistré un excédent commercial corrigé des variations saisonnières de 6,4 milliards, contre une prévision à 0,2 milliard d’euros. Pour mai, les données ont été révisées et contrairement à l’annonce d’un déficit, le premier en plus de 30 ans, l’Allemagne a enregistré un excédent de 0,8 milliard d’euros.
La croissance de l’activité dans les services aux Etats-Unis a accéléré en juillet, selon l’enquête mensuelle de l’Institute for Supply Management (ISM) publiée mercredi. L’indice ISM du secteur est ressorti en hausse à 56,7 contre 55,3 le mois précédent, supérieur aux attentes des économistes et après trois mois de baisse. L’activité dans les services est portée par une hausse des dépenses dans ce secteur au détriment des achats de biens. L’enquête note par ailleurs de moindres difficultés d’approvisionnement et une accalmie du côté des prix contribuant à une accélération de la croissance des commandes. La zone euro ne connaît pas la même fortune. Si l’activité continue de croître, elle a nettement ralenti le mois dernier. L’indice PMI des services a atteint 51,2 contre 53 en juin. Bien que la hausse des prix se soit calmée, elle est restée forte, et l’indice des nouvelles commandes est passé de 50 à 47,6, un plus bas depuis novembre 2020.
L’activité manufacturière en zone euro s’est contractée en juillet, alors que les stocks de marchandises invendues se sont accumulés en raison de la faible demande. L’indice PMI manufacturier ressort à 49,8, sous la barre de 50 pour la première fois depuis juin 2020, selon les données de l’enquête de S&P Global. L’indice des nouvelles commandes est passé de 45,2 à 42,6, un plus bas depuis mai 2020, augmentant les craintes de récession dans la région. Le secteur est en contraction dans les quatre grandes économies de la zone euro: Allemagne, France, Italie et Espagne. «La détérioration de la conjoncture amorcée en juin dans le secteur manufacturier de la zone euro s’est accentuée au début du troisième trimestre, renforçant les risques de récession. Hormis les mois de confinements imposés pendant la crise sanitaire, les nouvelles commandes ont enregistré leur plus forte contraction depuis la crise de la dette souveraine en 2012», a noté Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global.
L’inflation en Allemagne a enregistré une accélération inattendue à 8,5% sur un an en juillet, après 8,2% en juin, montre la première estimation publiée jeudi par Destatis. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un léger ralentissement à 8,1% en rythme annuel. L’indice IPCH des prix harmonisé aux normes européennes a augmenté de 0,8% sur un mois, après 0,1% en juin (0,4% attendu). Non harmonisé, le taux annuel ressort à 7,5% en juillet, après 7,6% en juin (7,4% attendus), proche de son plus haut niveau depuis 40 ans à cause des prix de l’énergie (+35,7%) et de l’alimentation (+14,8%).
L’inflation des prix à la production en Espagne était encore de 43,2% en rythme annuel en juin, mais en baisse par rapport à la hausse annuelle de 43,6 % en mai, marquant un troisième mois consécutif de décélération, selon l’Institut national des statistiques (INE). Les coûts ont augmenté à un rythme plus lent pour les biens intermédiaires (24,1% après 25,1% en mai) et l’énergie (111,6% après 113,7%). En revanche, l’inflation a continué à augmenter pour les biens de consommation (10,3% après 9,8%) et les biens d’équipement (5,9% après 5,7%). Sur une base mensuelle, les prix à la production ont bondi de 1,9% en juin, après une révision à la hausse de 1% en mai.