Selon le le journal britannique The Guardian, la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies (CCPPNU, 64 milliards de dollars d’encours) a investi près de 1,5 milliard de dollars dans 24 entreprises cotées en bourse, dont un grand nombre ont été impliquées dans des violations des droits de l’homme ou dans des catastrophes environnementales. Ces entreprises seraient en outre actuellement poursuivies ou ont déjà été poursuivies pour corruption. Le Guardian indique que le plus gros investissement du fonds est une participation de 210 millions de dollars dans la compagnie pétrolière Shell, qui, selon le rapport de 2011 des Nations Unies, est partiellement responsable des dommages environnementaux causés par les déversements de pétrole au Nigeria. Le fonds détient également un total de 244 millions de dollars dans les banques HSBC et Barclays, qui, toujours selon le Guardian, ont été accusées d’opérations financières secrètes et ont de fait payé des centaines de millions de dollars d’amendes. «Ces investissements minent clairement la crédibilité d’une organisation respectée», a déclaré Thomas Küchenmeister, directeur général de l’organisme de surveillance Facing Finance. Et d’ajouter : «Comment est-il possible de promouvoir le développement durable et la protection des droits de l’homme tout en profitant des violations de ces droits?» Un manque de surveillance Selon Ian Richards, l’un des 11 représentants du personnel du conseil d’administration de la caisse, le conseil d’administration avait déjà exprimé ses préoccupations concernant le manque de surveillance lors de sa rencontré avec le représentant du secrétaire général responsable des investissements du fonds de pension en mars dernier. «Tout est relativement complexe à l’ONU, mais cela ne nous empêche pas d’y regarder de plus près», a-t-il déclaré au Guardian. Nous ne voulons pas que nos retraites soient payées par des entreprises qui vont à l’encontre des valeurs que nous défendons depuis toujours.» Le porte-parole de l’ONU a pour sa part indiqué que la CCPPNU ne ferait aucun commentaire sur des investissements spécifiques, mais a souligné que sa stratégie d’investissement inclut des considérations ESG. Selon le site Internet de la Caisse, les critères de ses investissements sont définis par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a imposé des restrictions aux investissements dans les tabacs et les titres d’armement, mais ne mentionne pas les investissements dans les combustibles fossiles. AB
Sortie en capital, transférabilité des produits, gestion pilotée… Le projet de loi porté par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, devrait libéraliser l’épargne retraite , La montée au créneau des assurances pourrait peser sur les arbitrages, qui seront connus fin mai
De toutes les réformes annoncées par le locataire de l’Élysée, celle des retraites apparaît comme la plus complexe et la plus ambitieuse. Elle l’est tellement que le candidat Macron s’était laissé dans son programme deux quinquennats pour en achever la mise en œuvre, et que le Président en a décalé le point de départ d’un an, à 2019. Qu’il aboutisse à un système par points ou par comptes notionnels, ce projet de dispositif universel où la retraite serait calculée de la même manière pour tous et pour chaque euro cotisé ouvre un nouveau front pour des groupes de protection sociale déjà sommés par leur tutelle, l’Agirc-Arrco, de trouver des économies (lire Horizons, page 10).
La Cipav annonce le lancement d’un simulateur en ligne des cotisations liées aux régimes obligatoires de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès. Accessible aux adhérents comme aux non-adhérents, le nouvel outil permet d’estimer leur total, en fonction de l’option de cotisation (avec réduction ou non). À noter que le simulateur ne prend pas en compte les cotisations en début d’activité, les exonérations ACCRE, les bénéficiaires du RSA et de la prime d’activité, et la dispense de régime invalidité-décès.
L’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) compte un nouveau membre, selon la dernière édition de la lettre d’information de l’Af2i (avril 2018). L’association professionnelle vient d’accueillir dans ses rangs la Caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires (CRPCEN). Au 1er janvier 2018, la CRPCEN gère 132500 bénéficiaires au titre de l’Assurance Maladie, elle verse des pensions à 76 600 retraités. Ses ressortissants actifs sont au nombre de 53 000. Le régime est structurellement équilibré et enregistre des résultats excédentaires croissants (7,2 millions d’euros en 2015, 31 millions d’euros en 2016, 85,3 millions d’euros en 2017). EJ
L’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) annonce la constitution d’une commission permanente «formation et recherche», dans l’objectif d’«établir la politique de l’association sur ces sujets et conduire les actions qu’elle jugera utiles pour ses membres». Celle-ci est placée sous la présidence d’Étienne Stofer, directeur de la Caisse de retraite des navigants (CRPN), avec pour vice-président Olivier Rousseau, membre du directoire du Fonds de réserve pour les retraites (FRR).
La Caisse des Dépôts conserve le même nombre de voix au conseil d’administration de la foncière Icade dont elle détient 39,11% du capital et ce, malgré l’opposition du Crédit Agricole Assurances. L’assemblée générale mixte des actionnaires d’Icade, réunie ce mercredi 25 avril, a en effet approuvé la nomination ou le renouvellement du mandat de quatre administrateurs proposés par la Caisse des Dépôts : Nathalie Tessier, Carole Abbey, Sophie Quatrehomme et Jean-Marc Morin. Les trois candidatures présentées par Crédit Agricole Assurances ont été rejetées. Ainsi, sur les 13 membres du conseil, la CDC compte 8 administrateurs contre 1 représentant de Crédit Agricole Assurances et 4 indépendants. Si la Caisse des Dépôts garde la majorité des postes au conseil, elle a indiqué qu’elle souhaitait se conformer aux recommandations du Code AFEP-MEDEF concernant la présence d’un tiers d’administrateurs indépendants au conseil. Le comité des nominations et des rémunérations devrait donc proposer prochainement un nouveau candidat indépendant. «Ce résultat conforte la stratégie menée par Eric Lombard qui a rappelé le 12 avril dernier, qu’Icade était un actif stratégique et a réaffirmé son ancrage dans les territoires. En tant que filiale historique de la Caisse des Dépôts, Icade contribue à l'émergence des villes de demain, vertes, intelligentes et responsables tout en s’affirmant comme un acteur majeur du Grand Paris et des métropoles régionales et en étant la première foncière européenne de santé», indique un communiqué de la CDC qui réaffirme sa confiance aux dirigeants d’Icade et dans le projet stratégique.
L’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) a décidé de faire de la formation et de la recherche une de ses priorités de développement des années à venir. C’est pourquoi elle a constitué une commission permanente pour établir la politique de l’association sur ces sujets et conduire les actions qu’elle jugera utiles pour ses membres.
Dans son rapport d'activité pour l'année 2017, l’ASR (Autorité fédérale de surveillance en matière de révision) met à nouveau le doigt sur les faiblesses affectant l’audit des institutions de prévoyance.
Ces dernières années, les actifs sous gestion des fonds souverains ont continué de croître mais à un rythme accéléré. Les encours ont ainsi augmenté de 4% entre mars 2015 et mars 2017 mais sur les douze mois à fin mars 2018, ils affichent une progression de 13%, contre 1% sur l’année à mars 2017, indique Preqin dans une étude sur les fonds souverains. Les actifs sous gestion des fonds souverains au niveau mondial se sont accrus de 866 milliards de dollars sur ces douze mois pour atteindre le niveau record de 7.450 milliards de dollars en mars. Preqin souligne que 71% des fonds souverains ont vu leurs encours progresser mais près d’un sur cinq (19%) ont subi une érosion de leurs actifs. Emblématiques de ces évolutions, le fonds souverain norvégien a franchi la barre des 1.000 milliards de dollars à 1.060 milliards de dollars tandis que le fonds de réserve russe a cessé ses activités début 2018, les fonds étant utilisés pour couvrir le déficit budgétaire. On compte actuellement 78 fonds souverains dans le monde, soit deux de plus en net au cours des douze derniers mois. Les actions et l’obligataire restent les classes d’actifs dominantes dans les portefeuilles des fonds souverains qui affichent toutefois un intérêt croissant pour les classes d’actifs alternatives. En effet, 64% et 59% d’entre eux investissent respectivement dans les infrastructures et les ressources naturelles. Des augmentations de 1 point de pourcentage sur douze mois pour les infrastructures et de 4 points pour les ressources naturelles.
« Cela ne sera pas une énième réforme des retraites », a déclaré Agnès Buzyn, la ministre de la Solidarité et de la Santé, jeudi 19 avril, lors du colloque sur la réforme des retraites, organisé à l’initiative du Sénat. Une journée de débat devant servir « d’amorce », selon Gérard Larcher, président du Sénat, à la réforme du gouvernement. Cette réforme systémique vise à la création d’un système universel par répartition où « un euro cotisé donne les mêmes droits aux cotisants, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé », selon la promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Ce système unique des retraites qui concernera aussi bien les salariés du privé que les fonctionnaires et les indépendants doit permettre de remplacer les 42 régimes existants pour réduire « les inégalités de traitement » et « adapter le système de retraite aux nouveaux besoins de la société et à ses besoins futurs », a souligné la ministre. Mais « attention aux tentations du ‘grand soir’ qui font que l’on se réveille le matin, parfois, avec la gueule de bois », a mis en garde Gérard Larcher. « Nos 42 régimes sont aussi le fruit de l’histoire sociale de notre pays, et on ne peut pas gommer l’histoire sociale (…) on ne peut pas effacer le résultat de compromis social (…) la brutalité peut parfois paralyser des réformes qui sont pourtant nécessaires », a ajouté le président du Sénat. La ministre de la Santé a affirmé que la réforme des retraites ne viserait pas « une réduction des droits ni leur nivellement vers le bas ». Le nouveau système pourrait permettre la création de nouveaux droits notamment pour les personnes malades, dépendantes ou handicapées ou encore pour « les situations qui sont aujourd’hui mal prises en compte », a-t-elle fait savoir. Des consultations en cours Le gouvernement espère présenter un projet de loi devant le Parlement en 2019 pour un vote à l’été. Depuis lundi 16 avril, le gouvernement consulte d’ailleurs les syndicats et patronat afin de préparer la réforme. Pour le calendrier, Agnès Buzyn a indiqué que «dans les trois, quatre mois qui viennent nous allons travailler sur ce qu’on entend par un régime universel, ce qui doit être de l’ordre de la redistribution et de l’ordre de la solidarité, par exemple». Et en mai, une « consultation citoyenne » sera lancée pour permettre l’expression du plus grand nombre. Ce vaste projet qui pourrait s’appuyer sur les expériences de pays étrangers où Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire à la réforme des retraites, s’est notamment rendu (Italie, Suède, Allemagne), pourrait transformer le système par annuités en un système géré avec des comptes notionnels ou par points. Un projet qui fait penser à la fusion des régimes complémentaire Agirc-Arrco programmée au 1er janvier 2019 et qui instaure un compte de points et une liquidation unique pour les actifs.
Les bilans des caisses de pension des entreprises suisses se sont améliorés au premier trimestre 2018. Le degré de couverture des caisses, soit le rapport entre actifs et passifs de prévoyance, a progressé de 0,7 point de pourcentage au cours des trois premiers mois de l’année, selon Willis Towers Watson qui analyse tous les trois mois l’impact du rendement des marchés sur l'état financier des régimes de retraite en Suisse. L’indice des plans de pension de Willis Towers Watson est ainsi passé de 104% à fin 2017 à 104,7% à fin mars 2018. L’augmentation des rendements des obligations d’entreprises au dernier trimestre a permis une diminution des engagements des caisses de pension plus importante que les pertes encourues sur les actifs. La volatilité et les rebonds des rendements obligataires des marchés ont certes freiné la performance des actifs financiers en début d’année. En dépit du rendement négatif des actifs au premier trimestre, le résultat global est positif, car la diminution des risques de prévoyance a pesé plus fort, explique la société de conseil dans un communiqué.
La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a présenté ce 18 avril sa stratégie d’investissement face au défi climatique. Cette stratégie couvrant l’ensemble du portefeuille propose des cibles et des moyens concrets qui permettent à la Caisse de contribuer, comme investisseur, à la transition vers une économie mondiale sobre en carbone de manière constructive et d’en saisir les occasions d’investissement rentables.
Le groupe a dégagé un résultat net en hausse de 6,4% en 2017. Il assume un fort recul de l’activité assurance vie, refusant des souscriptions sur son fonds euros.