Les banquiers privés suisses sont appelés à rester des acteurs incontournables dans leur secteur, la question est de savoir s’ils le seront en Suisse ou à l’étranger. «Au cours des dix dernières années, les effectifs des banques privées ont quasiment doublé à l’étranger alors qu’ils n’ont augmenté que de 15-20% en Suisse», a indiqué Yves Mirabaud, président de l’Association de banques privées suisses (ABPS) en marge du 3e Private Banking Day qui s’est tenu ce vendredi à Lugano, selon L’Agefi suisse qui relaie un entretien à l’agence AWP.En cause, l’épineuse question de l’accès aux marchés étrangers, notamment européens, principaux débouchés du secteur en dehors de la Suisse. «Sur les 2.500 milliards d’actifs privés étrangers placés en Suisse, l’Europe occidentale reste notre principal marché d’exportation, avec une part de 40%», assure le banquier genevois. Il rappelle qu’à l’exception notable de l’Allemagne, presque tous les pays européens exigent la présence sur leur territoire d’une succursale locale, rendant selon lui «impossible, ou du moins inutile» la conclusion d’accords bilatéraux. «Les nouveaux clients européens ouvrent plus souvent un compte hors de Suisse qu’en Suisse», fait remarquer le président de l’ABPS, soulignant qu’ils restent servis par un établissement helvétique, mais à l’étranger. Un accord sur les services financiers avec l’Union européenne permettrait de servir les clients européens directement depuis la Suisse, avec à la clé une augmentation de près d’un tiers des effectifs en Suisse, estime Yves Mirabaud.