AU POINT MORT Danser au bord de l’abîme : le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré vendredi que, « à moins d’un changement fondamental de position », il faut se préparer à un Brexit sans accord. Le dirigeant s’était donné jusqu’au 15 octobre pour signer un accord commercial, alors que les discussions sont au point mort sur l’ensemble des sujets. Pour la plupart des observateurs, ces déclarations relèvent de la posture : un rapport récent de la BCE, récapitulant le coût du Brexit mesuré par différentes études, permet de mieux saisir les implications d’une sortie désordonnée de l’UE. Du FMI à l’OMC, malgré des estimations parfois très différentes, le Royaume-Uni sort en effet systématiquement perdant d’une telle situation. Le Trésor britannique, très pessimiste, estime ainsi à 9,9 points de PIB le coût d’un divorce sans accord à moyen terme (10 à 15 ans). D’autres études évoquent une déviation plus modeste de 3 points. L’impact sur le PIB européen pourrait représenter de -0,5 à -0,8 point de pourcentage. A l’inverse, un accord de libre échange sans tarifs douaniers représenterait une perte de -1,7 à -2,5 points de PIB pour le Royaume-Uni, et de -0,2 à -0,6 point pour l’UE. Il reste jusqu’au 31 décembre au gouvernement de Sa Majesté pour conclure un accord avec Bruxelles et éviter la catastrophe économique.