En 2022, l’univers des hedge funds a vécu une année contrastée. Le secteur a d’abord affiché une certaine vigueur lors du premier trimestre qui a vu le lancement de 185 hedge funds, majoritairement des long/short et des global macro. Puis l’inflation, la remontée des taux et la guerre en Ukraine sont passés par là. En conséquence, le nombre de nouveaux hedge funds a baissé drastiquement au deuxième trimestre (80 lancements) et au troisième trimestre (71 lancements) selon les estimations du fournisseur américain de recherche et d’indices sur les hedge funds HFR. Ces 71 lancements recensés au troisième trimestre 2022 représentent un point bas plus vu depuis le quatrième trimestre 2008, au cours duquel seuls 56 hedge funds téméraires s’étaient lancés en dépit de la crise financière mondiale. Les liquidations de hedge funds ont, elles, été les plus nombreuses au deuxième trimestre 2022 (156 liquidations), le premier ayant fait 126 victimes et le troisième 145. Entre fin septembre 2021 et fin septembre 2022, HFR estime que 449 hedge funds ont vu le jour quand 544 autres ont mis la clé sous la porte. «Avec une incertitude significative et une grande disparité dans les perspectives économiques pour début 2023, il est probable que les lancements et les liquidations de hedge funds restent proches de niveaux historiques. Ce, alors que les investisseurs évaluent soigneusement les opportunités et positionnent délibérément les portefeuilles face à la volatilité attendue en 2023», commente Kenneth J. Heinz, président de HFR. Niveaux de frais les plus bas depuis 2008 Aussi les frais des hedge funds ont-ils été au troisième trimestre 2022 les plus bas jamais enregistrés par HFR depuis le début de son activité en 2008. Fin septembre, les frais de gestion moyens des hedge funds s’élevaient à 1,35%, y compris pour les fonds lancés durant le troisième trimestre, quand les frais de performance (incentive fee) se situaient à 16,01%. Ces derniers étaient de 17,23% pour les hedge funds ayant vu le jour au troisième trimestre. Cependant, la structure de frais traditionnelle 2+20, qui consiste en 2% de frais fixes de gestion et 20% de frais de performance, est de plus en plus délaissée par les gros hedge funds comme Citadel, Millennium ou Brevan Howard au profit des frais répercutés («pass through»). Ces frais, qui couvrent notamment les dépenses de fonctionnement des gestionnaires, n’ont pas de plafond et peuvent grimper jusqu'à 10% voire plus. Côté performance, l’industrie des hedge funds s’est majoritairement retrouvée dans le rouge à l’issue des onze premiers mois de 2022, possiblement sa pire année depuis 2018 et la seconde plus mauvaise depuis 2013. L’indice HFRI 500 Fund Weighted Composite affichait une performance négative de -3,87% sur la période. Cet indicecouvre les performances des 500 plus gros hedge funds fournissant leurs données à HFR, ouverts aux investissements et offrant une liquidité trimestrielle ou mensuelle. Avant le mois de décembre, les hedge funds macro et les plus gros hedge funds en termes d’encours, à l’image de Citadel, s’affichaient déjà comme les grands gagnants de 2022.
Citadel Securities aurait engrangé des revenus records à hauteur de 7,5 milliards de dollars en 2022, +7,1% par rapport à 2021, dont 4,2 au premier semestre avec 2,6 milliards d’Ebitda. Capitalisant sur la volatilité des marchés pour enregistrer 12 trimestres consécutifs de revenus de trading nets supérieurs à 1 milliard, la société du milliardaire Ken Griffin renforce sa position comme principal teneur de marché sur les actions et les options aux Etats-Unis, notamment auprès des investisseurs particuliers dont elle traite environ 40% des flux, en plus de 1.600 clients institutionnels. La société de trading a également intensifié son activité sur les taux et les swaps, ainsi que hors des Etats-Unis (à Tokyo notamment) où une nouvelle régulation pourrait la contraindre. Le hedge fund historique exploité séparément par la société de gestion Citadel a également enregistré de solides performances, encore évaluées à plus de 20% selon Bloomberg, ce qui aurait fait bondir ses encours (54 à 60 milliards selon les sources).
La société de gestion alternative Quantology Capital Management fait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire depuis le 10 novembre 2022, selon les informations de L’Agefi. Le hedge fund systématique parisien, qui gère trois fonds ouverts, se trouve en cessation de paiement depuis le 25 octobre. La firme ne compte plus que quatre salariés, ayant enregistré les départs du responsable de la R&D et co-fondateur Julien Messias et d’un analyste quantitatif, qui ont démissionné quelques jours avant que la cessation de paiements ne soit constatée. La période d’observation de la procédure de redressement judiciaire sera clôturée le 10 mai 2023. Le hedge fund n’a pas donné suite aux sollicitations de L’Agefi. Fin 2021, Vincent Fourcaut, président et co-fondateur de Quantology Capital Management, confiait à NewsManagers, vouloir s’exporter hors de France et viser le leadership de la gestion systématique en Europe, le marché institutionnel français se montrant peu réceptif à l’offre du hedge fund. Il tablait alors sur une collecte de 400 à 500 millions de dollars auprès d’investisseurs étrangers. La société gérait une vingtaine de millions d’euros à l’époque. Cette procédure de redressement judiciaire est une nouvelle étape dans la vie de la firme qui avait connu une première vie entre 2013 et 2017 sous le nom d’Uncia AM. Une période durant laquelle la société avait, sans grand succès, proposé deux fonds sur les actions internationales avant de rebondir dans la gestion systématique. Si le fonds de performance absolue de Quantology est parvenu à limiter la casse l’an dernier, les deux autres fonds ouverts du gestionnaire ont souffert en 2022. En particulier celui investi sur la thématique du métavers que la firme avait présenté comme le premier fonds Ucits sur ce thème lors de l’annonce officielle de son lancement en décembre 2021. Pénalisé par la forte correction des valeurs technologiques l’an dernier, le fondsa troqué son appellation d’origine «Quantology Metaverse» pour «Quantology US Equity» en cours de route. Sa performance a perdu près de 50% sur l’année. Hedge funds, l’hécatombe L’année 2022 a vu la disparition de plusieurs hedge funds de la place parisienne. Eraam et John Locke Investments, deux gestionnaires qui comptaient chacun plus de 20 ans d’existence, ont été liquidés. Le hedge fund Verrazano Capital, qui s’était reconverti en family-office en 2018, a aussi été dissous l’an dernier. En outre, Revel AM, fondé en 2018 par un ancien de Verrazano Capital, a été liquidé, tout comme Rivoli Fund Management, dont le fondateur Thaddée Tyl faisait partie des conseillers de Quantology. D’autres boutiques de gestion alternatives parmi lesquelles Sagara Financière, qui avait repris la suite de Day Trade Asset Management, et Correl Invest, dont un des fondateurs avait ensuite rejoint Quantology avant d’en partir en 2021, ont également disparu au cours des cinq dernières années. Dans un entretien à NewsManagers, en mars 2022, Denis Beaudoin, fondateur et président de la société de gestion quantitative Finaltis, faisait le constat d’une place quantitative de Paris«plutôt en attrition». «La gestion quantitative porte une quasi-obligation de résultat: elle nécessite de réaliser ses objectifs sous peine de renforcer le soupçon de «boîte noire». Vous pouvez manquer une année mais, si vous sous-performez à moyen terme, vos investisseurs remettent en question la pertinence de votre modèle d’autant plus vite que leur analyse initiale a été courte, et vous affrontez un risque de liquidation», expliquait-il. En revanche, le Brexit suscite depuis plusieurs trimestres une vague d’installation de hedge funds britanniques à Paris. Des hedge funds américains ont aussi ouvert des bureaux dans la capitale française.
La demande d’un groupe de hedge fundsdans son litige l’opposant à la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange ou LME) sur l’annulation de transactions liées au nickel survenues en mars dernier a été rejetéepar un juge britannique ce vendredi selon Reuters. Les hedge fundsdemandaient la remise detranscriptions de conversations téléphoniques et de réunions concernant la décision du LME d’annuler plusieurs transactions sur le nickel en mars dernier. Le groupe, qui estimait avoir perdu plusieurs milliards de dollars, incluait AQR Capital Management, Winton Capital, Capstone Investment Advisors, Flow Traders et DRW Commodities. L’agence Reuters rapporte que le juge britanniqueAdrian Beltrami a indiqué dans sa décision que s’il y avait du côté du LME, «un bon exemple discutable d’irrégularités», il considérait «le bienfondé de l’affaire insuffisant».
Les fonds spéculatifs dits «macro», rendus célèbres par des personnalités comme George Soros et Louis Bacon, ont prospéré cette année grâce aux mouvements sismiques des marchés obligataires mondiaux et à la hausse du dollar, la Réserve fédérale américaine et d’autres banques centrales luttant contre une inflation galopante, rapporte le Financial Times. Parmi les gagnants figure le trader milliardaire Chris Rokos, qui s’est remis de ses pertes de l’année dernière pour gagner 45,5 % en 2022, aidé par des paris sur la hausse des taux d’intérêt, notamment pendant les turbulences du marché britannique à l’automne. Le cofondateur de Brevan Howard est donc en passe de réaliser sa meilleure année depuis le lancement de son propre fonds, qui est aujourd’hui l’un des plus grands fonds macro au monde avec environ 15,5 milliards de dollars d’actifs, en 2015. Le directeur général de Caxton Associates, Andrew Law, a gagné 30,2 % à la mi-décembre dans son fonds macro de 4,3 milliards de dollars, selon un investisseur. Haidar Capital de Said Haidar, basé à New York, a gagné 194 % dans son fonds Jupiter, aidé par des paris sur les obligations et les matières premières, après avoir été à un moment donné en hausse de plus de 270 % cette année.
Arnaud Amberny, responsable de la gestion déléguée actions de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf), explique la façon dont il utilise les couvertures de risques.
Le hedge fund activiste TCI Fund Management demande à Alphabet, la maison mère de Google, de diminuer les coûts et réduire les pertes de certaines activités comme celle de voiture autonome Waymo, rapporte le Wall Street Journal. Le fonds affirme que la société sera plus efficiente avec moins d’employés. TCI, qui indique détenir des actions Alphabet pour plus de 6 milliards de dollars, a fait sa demande dans une lettre au directeur général Sundar Pichai. «Nous vous écrivons parce que nous pensons que la base de coût d’Alphabet est trop élevée et que la direction doit prendre des mesures agressives», écrit TCI. «La société a trop d’employés et le coût par employé est trop élevé».
Deuterium Capital Management, hedge fund américain basé à Clearwater dans l’Etat de Floride, a reçu, le 10 novembre, l’aval de l’Autorité des marchés financiers pour la commercialisation de son fonds long/short actions Deuterium Global Dynamic Allocation Long/Short auprès des investisseurs français, a appris NewsManagers. Il s’agit du premier fonds - domicilié dans une Icav irlandaise - enregistré en France par Deuterium Capital Management. La stratégie était simulée depuis 2013 aux côtés de la version long-only du fonds Global Dynamic Allocation. Elle se compose de quatre portefeuilles, utilise les mêmes données et systèmes de notations que le fonds long-only avec néanmoins des positions longues et courtes (contrats à terme sur les actions mondiales, secteurs des actions américaines, dollar par rapport aux principales devises et contrats à terme sur les principales obligations souveraines). Le hedge fund investit dans un large éventail de classes d’actifs: actions, dette, devises, matières premières, biens immobiliers et cash. Ancien gérant de Jupiter, Merian Global Investors et Kestrel Investment Partners, John Ricciardiest le gérant principal du fonds et responsable de l’allocation d’actifs mondiale au sein du hedge fund.
Millennium Management, l’une des principales sociétés de hedge funds au monde, a dévoilé une réorganisation de ses activités d’investissement qui conduira au départ de son co-directeur des investissements, Bobby Jain, rapporte le Financial Times. Le fondateur Izzy Englander a écrit aux employés mardi, dans une note lue par le FT, que la société, qui gère 59 milliards de dollars, allait créer un «bureau du directeur des investissements», qui inclura deux nouveaux codirecteurs des investissements et les responsables de la gestion des risques des classes d’actifs couvertes par la société. Paul Russo, le responsable mondial du risque actions, deviendra l’un des codirecteurs des investissements. Le second sera annoncé prochainement.
La société de gestion suisse Eric Sturdza Investments s’est associée au hedge fund américain Crawford Fund Management, basé à Boston, pour lancer un fonds long/short actions. Le fonds Strategic Long Short est géré par Christopher Crawford, Scott Utzinger et Jonathan Saunders, co-fondateurs de Crawford Fund Management en mars 2009. Le portefeuille long du fonds se concentre sur les titres non découverts et peu suivis, en mettant l’accent sur les sociétés exploitées par leur propriétaire, où les incitatives et la rémunération de la direction sont étroitement alignées sur celles des investisseurs, indique un communiqué. Quant à la partie courte du portefeuille, elle s’appuie sur deux stratégies : des options de vente sur de jeunes sociétés dont le modèle d’entreprise n’a pas fait ses preuves, et du levier sur des titres confrontés à de potentielles difficultés. Le fonds, classé article 8 au sens du règlement européen SFDR, est initialement distribué en Irlande et le sera sur d’autres marchés européens prochainement.
Les fluctuations brutales observées sur les marchés britanniques ont fourni une «occasion unique» de négocier des devises et des obligations, ont déclaré mercredi à Reuters des fonds spéculatifs et des traders.La livre sterling et les gilts britanniques ont été secoués après que la Banque d’Angleterre soit intervenue pour endiguer la déroute des marchés obligataires déclenchée par le mini-budget de vendredi. La BoE a déclaré qu’elle achèterait 65 milliards de livres (71 milliards de dollars) d’obligations britanniques si nécessaire d’ici le 14 octobre pour stabiliser les marchés. Les investisseurs qui utilisent les signaux économiques pour négocier des obligations d'État et des devises affirment que mercredi était un jour où il fallait miser gros ou rentrer chez soi. John Floyd, cambiste depuis 30 ans et gérant de son propre fonds spéculatif, Floyd Capital Management, a déclaré qu’une politique du gouvernement britannique visant à accroître la dette du pays et une banque centrale désireuse de relever les taux mais qui finit par acheter des obligations ont créé une tempête parfaite. Floyd a refusé de dévoiler les montants des fonds qu’il gère. «L’environnement macroéconomique et géopolitique offre certaines des plus grandes opportunités de profit dans l’espace des devises depuis la fin de Bretton Woods au début des années 1970", a déclaré Floyd, en référence à la conférence mondiale des États-Unis qui a établi une série de directives pour le système financier international.
La société de gestion française Carmignac a annoncé, ce mardi, l’arrivée deKarna Sethia en tant qu’analyste quantitatif. Il sera basé à Londres et est rattaché à Jean-François Louvrier - arrivé comme gérant alternatif chez Carmignac en mai - avec qui il créera un fonds actions internationales market neutralet catégorisé article 8 au sens du règlement européen SFDR. Le gestionnaire précise que le fonds est en cours de développement dans le « LAB » permettant de développer des produits Carmignac, et n’est actuellement pas disponible pour les clients externes. Karna Sethia officiait précédemment au sein du hedge fund Exodus Point en qualité de responsable de la conception, de l’ingénierie et de la construction d’outils d’analyse quantitative. Avant de rejoindre ExodusPoint, il travaillait comme ingénieur des données chez Morgan Stanley à Londres, où il gérait des produits spécialisés pour l’équipe Alternative Data Research de la banque.
L’indice HFRI 500 Fund Weighted Composite a progressé de 0,5% durant le mois d’août selon le fournisseur de données et d’indices sur les hedge funds HFR. Cet indicecouvre les performances des plus gros hedge funds fournissant leurs données à HFR, ouverts aux investissements et offrant une liquidité trimestrielle ou mensuelle. Les composants de l’indice, recalculé sur une base trimestrielle, sont classés en fonction de leur stratégie (equity hedge, event-driven, macro, relative value, risk premia). Sur l’année en cours, la performance de l’indice est négative (-2,5%). Environ 45% des hedge funds ont terminé le mois d’août en territoire positif selon HFR, les hedge funds macro et event-driven affichant les meilleures performances moyennes.Le fournisseur de recherche américain constate que la dispersion des performances des hedge funds s’est réduite le mois dernier. Le décile supérieur des hedge funds de l’indice HFRI 500 Fund Weighted Composite a enregistré une performance moyenne de +6,5% et le décile inférieur une performance moyenne de -12,3%. L’écart de dispersion s’est élevé à 18,8% contre 22,8% en juillet et 22,5% en juin. Sur l’année en cours, la dispersion de performance est bien plus large (66,4%) selon HFR entre le décile des hedge funds les plus performants (+36,7% de performance en moyenne) et le décile des moins performants (-29,7% de performance en moyenne).
Les hedge funds ont pris leur plus gros pari contre la dette italienne depuis janvier 2008, face aux inquiétudes grandissantes concernant la stabilité politique du pays et sa dépendance aux importations de gaz russe, rapporte le Financial Times. La valeur totale des obligations souveraines italiennes empruntées par les investisseurs pour parier sur une chute des cours a dépassé ce mois-ci les 39 milliards d’euros, selon des données de S&P Global Market Intelligence.
Les investisseurs ont retiré un montant net de 7,8 milliards de dollars des hedge funds au cours du deuxième trimestre 2022, selon des données publiées mercredi par Citco, une entreprise qui fournit des services administratifs au secteur, et reprises par l’agence Reuters. Cela met fin à une collecte positive de 18 mois. Les hedge funds exposés aux marchés d’actions ont subi les rachats les plus importants, perdant 6,4 milliards de dollars net d’actifs, selon Citco. Les fonds spéculatifs basés aux États-Unis ont été les grands perdants, suivis par ceux d’Asie et d’Europe.
Julian H. Robertson, l’un des pionniers des hedge funds, est mort à l’âge de 90 ans, rapporte le Wall Street Journal. Durant vingt années, il a dirigé l’un des fonds les plus importants et les plus en vue, Tiger Management, et affiché des gains annuels d’environ 25 %. Julian Robertson a formé et soutenu plusieurs gérants reconnus, que l’on a surnommés les «Tiger Cubs». Julian H. Robertson a lancé sa société Tiger en 1980 avec 8 millions de dollars. A la fin des années 90, il en gérait 22 milliards.
L’autorité américaine des marchés financiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), veut s’éviter de nouvelles affaires similaires à Archegos. Elle a proposé, ce mercredi, des modifications au Form PF. Il s’agit d’un formulaire confidentiel que doivent remplir les sociétés de conseil en investissement enregistrées auprès de la SEC pour leurs fonds privés, ce qui inclut entre autres les hedge funds. Ces amendements au Form PF, qui sont proposés conjointement avec la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), doivent permettre au conseil de supervision de stabilité financière (FSOC) de mieux évaluer le risque systémique porté par ces fonds mais aussi de renforcer le pouvoir de supervision de la SEC sur les conseillers et gérants de fonds privés. « Au cours de la décennie écoulée, depuis l’adoption conjointe par la SEC et la CFTC du Form PF, les régulateurs ont acquis des connaissances essentielles concernant les fonds privés. Depuis lors, cependant, l’industrie des fonds privés a augmenté de près de 150 % la valeur brute de ses actifs et a évolué en termes de pratiques commerciales, de complexité et de stratégies d’investissement », a commenté le président de la SEC, Gary Gensler, dans un communiqué, confirmant que les propositions visaient avant tout les grands hedge funds. La SEC indique avoir identifié des cas pour lesquels des informations révisées amélioreraient sa compréhension et sa réglementation de l’industrie des fonds privés. Elle en a observé d’autres pour lesquelles des informations plus détaillées fourniraient de meilleures données empiriques que le FSOC pourrait utiliser pour déterminer dans quelle mesure les activités des fonds privés ou de leurs conseillers présentent des risques systémiques. L’un des amendements au Form PF poussés par la SEC et la CFTC vise ainsi à ce que les plus grands conseillers en hedge funds détaillent davantage un certain nombre de points. Cela englobe leurs expositions en matière d’investissement, d’emprunts, de contreparties, de devises, de pays et de secteurs, les effets des facteurs de marché, le chiffre d’affaires, les contreparties de compensation centrale, les mesures de risque, la performance des investissements par stratégie, la corrélation du portefeuille, la liquidité du portefeuille et celle du financement. Une autre proposition vise à améliorer la qualité des informations de base rapportés par les fonds privés et leurs gérants. Cela inclut les informations portant sur l’identification des gérants et des bénéficiaires finaux, les actifs sous gestion, les droits de retrait des fonds et de rachats des parts, la valeur brute des actifs et la valeur nette d’inventaire, les collectes et décollectes, la devise de base, les emprunts et les types de créanciers, la hiérarchie des justes valeurs (fair value hierarchy), let la performance. La SEC estime que cela permettra de mieux comprendre les transactions et stratégies des fonds privés et d’aider à identifier les tendances, y compris celles qui pourraient créer un risque systémique. Enfin, un autre amendement au Form PF demanderait davantage de transparence aux hedge funds en général vis-à-vis de leurs stratégies d’investissements, leurs expositions en matière de contrepartie, leurs mécanismes de compensation et de trading.
Les autorités fédérales américaines enquêtent sur la société de conseil en investissement Concord Management, qui supervisait les investissements de plusieurs milliards de dollars du milliardaire russe Roman Abramovitch dans des hedge funds, rapporte le New York Times. Ces investigations sont conduites par le Bureau fédéral d’investigation (FBI) et la Securities and Exchange Commission (SEC). Elles s’intéressent à la manière dont les associés de l’homme d’affaires russe et ancien propriétaire du club de football de Chelsea ont utilisé plus d’une douzaine de sociétés écran offshore, basées dans les Iles Vierges britanniques et à Jersey, pour investir 8 milliards de dollars dans des hedge funds et des sociétés de private equity, relate le New York Times qui cite des sources proches de Concord Management.