Avec le fonds luxembourgeois de fonds alternatifs Mirabaud Opportunities Emerging Markets lancé fin 2011 et qui a déjà levé 100 millions de dollars mais ne bénéficie pas d’un agrément de commercialisation en France, le suisse Mirabaud a sorti de sa nursery un produit à l’approche a priori contre-intuitive.Lionel Aeschlimann, associé de Mirabaud et patron de la gestion d’actifs, a en effet expliqué à Newsmanagers que ce fonds «allie la thématique de la consommation intérieure dans les pays émergents à une gestion active et alternative pour réduire la volatilité et à la notion de partage». Concrètement, le portefeuille d’une bonne vingtaine de lignes est alloué à des fonds traditionnels ainsi qu'à des gérants alternatifs (stratégies global emerging/alpha tactical et global macro, principalement), ces derniers étant certes destinés à générer de la performance mais -presque surtout- à réduire la volatilité.Dans sa sélection, le gestionnaire helvétique a opté pour une approche environnementale, sociale et de gouvernance globale, récusant la formule du «best-in-class». Et Lionel Aeschlimann précise qu’une «des originalités de ce produit tient au fait que nous sommes parvenus à faire accepter par tous les gérants des fonds sous-jacents qu’ils excluent les entreprises impliquées dans la production d’armements».En outre, Mirabaud a imparti à ce fonds une dimension de partage au profit d’Interpeace, une ONG dont l’action d’intermédiaire dans les conflits est volontairement peu médiatisée, comme l’explique son directeur général Scott M. Weber : il faut que les «locaux» s’approprient le processus de paix et Interpeace, soutenue par nombre de gouvernements occidentaux, les y aide sans chercher à s’en attribuer le crédit.Comme l’explique Lionel Aeschlimann, il est de l’intérêt des financiers que la paix et le progrès gagnent du terrain pour que les marchés se développement. De plus, avec ce fonds, «ce n’est pas le client qui opère directement le don : il décide du pourcentage de la commission de gestion et de celle de performance que Mirabaud reverse à Interpeace. Et nous avons aussi des classes de parts pour les clients que ce concept de partage n’intéresse pas». Il est prévu ainsi une reversion de 10 % des frais de gestion pour les classes de parts H/HO/C/CO et 50 % de la commission de performance qui est de 15 % pour les parts HO et de 10 % pour les parts CO (dans les deux cas avec high watermark).