Le tribunal de commerce devait se prononcer sur l’avenir de l’Imagerie d’Epinal au moment où nous mettions cette page sous presse. La légendaire société vosgienne, fondée en 1796, est connue pour ses images représentant des scènes d’un dessin vif et coloré, à valeur symbolique. Les aléas qu’elle traverse depuis quelques mois pourraient eux-mêmes servir de sujet à une nouvelle image. L’entreprise rachetée en 2014 par deux investisseurs a tenté sans succès de se développer en modernisant le style de ses lithographies. Un nouvel actionnaire, entré au capital en 2017, a demandé que transparence soit faite sur les comptes mais la procédure s’est enlisée, d’autant plus que le tribunal de commerce a dû fermer pendant le confinement. Sur ces entrefaites, le plaignant est décédé du coronavirus. Heureusement, le nouveau maire élu avait promis, pendant sa campagne, de porter la mairie à la rescousse de son trésor municipal. A l’image de l’Etat soutenant à grand renfort de prêts et bientôt de fonds propres les entreprises en difficulté du pays...
CCR Re a placé 300 millions d’euros d’obligations subordonnées Tier 2, une première pour le réassureur, qui a attiré plus de 150 investisseurs et 1,5 milliard de demandes, indiquent ses banques (HSBC, Natixis, CACIB). Le succès de cette émission inaugurale de maturité 2040 (call 2030, notation BBB+, coupon de 2,875%) lui permet de sortir avec un rendement très modéré de 310 points de base au-dessus du taux mid-swap. Et d’améliorer sa solvabilité en diversifiant ses sources de financement.
Sodexo a réalisé mercredi une émission obligataire en deux tranches pour un montant global d’un milliard d’euros. Le groupe de restauration collective et de titres de services prépayés a placé 500 millions d’euros d’obligations de maturité janvier 2024 (3,5 ans), et 500 millions d’euros à 8 ans. Les spreads à l'émission ont été resserrés à 90 points de base et 130 points de base respectivement au-dessus des mid-swaps. La demande totale cumulée a dépassé 7 milliards d’euros. Citi, Goldman Sachs, Natixis et Santander ont dirigé le placement. Mardi, Sodexo a publié une baisse de 30% de son chiffre d’affaires en données organiques pour la période de mars à mai.
Les PME et ETI cotées à Paris profitent de la tenue relativement bonne de leurs cours de bourse pendant la crise du Covid-19 pour renforcer leur bilan.
La France a engagé des banques pour le lancement d’une nouvelle obligation assimilable du Trésor indexée sur l’inflation en France (OATi) arrivant à échéance en mars 2036, ont annoncé mardi les chefs de file de l’opération. Ce lancement devrait intervenir dans un avenir proche, en fonction des conditions de marché. Les banques engagées pour cette émission sont BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Citi, HSBC et Nomura.
Le groupe vient de placer le plus important «sustainability linked Euro PP» pour 173 millions d'euros. Il réfléchit à sa raison d'être et au statut d'entreprise à mission.
Après un premier closing à 60 millions d’euros en décembre 2019, Cabestan Croissance a bouclé sa levée durant le premier trimestre 2020, atteignant son objectif final de 80 millions, annonce-t-il dans un communiqué. La stratégie d’investissement de Cabestan Croissance est identique à celle de Cabestan Capital, à savoir des opérations de capital-développement et de capital-transmission à caractère majoritaire ou minoritaire. Cabestan Croissance s’adressera plus spécifiquement aux PME rentables, implantées en France et réalisant moins de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour y investir entre 2 et 5 millions d’euros par opération. L’équipe d’investissement est organisée autour de deux directeurs, Marianne Harlé et Pierre Morisseau, ainsi que de Thibault Menel, chargé d’affaires, et Thomas Guyenot, analyste.
Le groupe de spiritueux Marie Brizard Wine & Spirits n’avait pas reçu vendredi de son actionnaire majoritaire l’avance de 4 millions d’euros qui doit lui permettre de faire face à ses besoins de trésorerie jusqu’au 15 juillet. Le groupe, en grande difficulté, avait obtenu en décembre l’engagement de la Compagnie financière européenne de prises de participations (Cofepp), qui détient environ 51% du capital, de financer ses besoins de trésorerie pour 2020, «sous réserve de la réalisation de certaines conditions suspensives». Ces conditions n’ayant pas été levées, l’accord avait été modifié en mai. 6 millions d’euros avaient alors été avancés par la Cofepp. Une avance complémentaire était attendue sous réserve d’acceptation de la Cofepp, selon un communiqué.
Critique. Le niveau élevé d’endettement des entreprises françaises représente un sujet de préoccupation majeur, selon le rapport sur « L’évaluation des risques du système financier français » de juin 2020 élaboré par la Banque de France. La dette consolidée des entreprises françaises s’élevait à 1.779 milliards d’euros fin 2019, soit 73,5 % du PIB : elle dépasse ainsi de 12,6 points de pourcentage la moyenne de la zone euro. Ces dix dernières années, l’endettement des entreprises françaises a ainsi crû de 13 points de PIB, tandis que celui des entreprises de la zone euro décroissait de 3,1 points. Cette tendance s’est poursuivie en 2019 : la dette des entreprises a augmenté de 5,7 % en 2019, après 5,8 % en 2018. Certes, l’endettement est souvent le fait de grandes entreprises désirant s’armer pour des opportunités d’acquisition ou pour profiter des taux bas. Le Fonds monétaire international concluait ainsi, en octobre dernier, que les ratios d’endettement des entreprises françaises étaient en ligne avec ceux de leurs pairs. Mais le choc de trésorerie provoqué par la crise apparaît critique surtout pour les entreprises avec une trésorerie tendue et notamment les PME. L’intense mobilisation des crédits bancaires depuis la crise témoigne de cette situation délicate.
La compagnie aérienne SAS a annoncé avoir trouvé un accord avec ses actionnaires sur un plan de recapitalisation atteignant 14,25 milliards de couronnes suédoises (1,35 milliard d’euros). Ce plan, qui doit permettre de pérenniser l’activité de la compagnie scandinave face à la crise du transport aérien mondial, inclut un placement d’actions de 2 milliards de couronnes réservé aux Etats danois et suédois et une augmentation de capital de 4 milliards de couronnes à laquelle participera également la fondation Wallenberg, son troisième plus gros actionnaire. Le Danemark et la Suède souscriront en outre à l’émission d’obligations hybrides pour un montant total de 6 milliards de couronnes. SAS convertira enfin 2,25 milliards de couronnes de dette en actions.
La compagnie néerlandaise KLM a obtenu un prêt de 3,4 milliards d’euros grâce au soutien de l’Etat néerlandais afin de surmonter les difficultés découlant de la pandémie du Covid-19, a annoncé aujourd’hui le groupe Air France-KLM. Ce montant recouvre un prêt direct de 1 milliard d’euros accordé par l'État néerlandais à KLM et une ligne de crédit renouvelable de 2,4 milliards d’euros, assortie d’une garantie de l’Etat néerlandais, accordée par 11 banques, dont trois banques néerlandaises et huit banques internationales. Cette aide publique à KLM vient s’ajouter au soutien accordé par l’Etat français à Air France pour un montant total de 7 milliards d’euros.
Pour « préserver son indépendance et son agilité »,Sodexo va rembourser ses placements privés américains (emprunts USPP) pour un montant de 1,6 milliard de dollars. Ce financement avait été mis en place entre 2011 et 2018 pour financer des acquisitions aux Etats-Unis.