Alors que les entreprises de plus de 50 salariés avaient au plus tard jusqu’au 1er mars 2020 pour respecter l’obligation de calculer et de publier leur index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, les écarts de salaires femmes-hommes chez les cadres ne se résorbent pas, avertit une étude récente publiée par l’Apec. En 2018, la rémunération médiane des hommes cadres était 16 % supérieure à celles des femmes. Si une partie de cet écart s’explique « par le fait que les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes emplois et que les hommes sont surreprésentés dans les fonctions plus rémunératrices », un écart de 8 % subsiste si l’on compare les rémunérations des hommes et des femmes occupant les mêmes postes et ayant les mêmes caractéristiques. Par ailleurs, le plafond de verre persiste pour les femmes cadres qui sont sous-représentées dans les fonctions hiérarchiques. Si elles constituent 35 % des effectifs cadres, elles ne sont que 31 % à être managers et seulement 25 % à des fonctions de direction d’entreprise. Pis, lorsqu’elles parviennent à percer le plafond de verre, elles restent pénalisées : « A profil identique, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes responsables hiérarchiques est de 10 % », souligne l’étude. En outre, lorsqu’il s’agit de choisir un jeune candidat à un poste de manager, les femmes peuvent subir de la discrimination. « D’après une étude expérimentale réalisée dans le secteur financier, les femmes de 25 ans sans enfants auraient moins de chance d’être embauchées en tant que manager que les hommes sans enfants, ce qui n’est plus le cas à un âge plus avancé », explique ainsi l’Apec.