Les dirigeants américains de LBO auront fini l’année préoccupés. Leurs pairs qui étaient à la tête du groupe Nine West au moment de sa reprise en 2014 par le fonds de private equity Sycamore Group pourraient être tenus responsables de la faillite du fabricant de chaussures en 2018. Nonobstant les restrictions apportées à leurs responsabilités dans le contrat de LBO, ou le fait qu’ils n’ont pas décidé du levier imposé à la cible ni des ventes de ses marques phare pour un prix en dessous du marché à une filiale du fonds repreneur. Mais, en décembre dernier, le juge fédéral a estimé recevable la plainte de créanciers lésés par la banqueroute, considérant que les dirigeants se sont engagés de façon « téméraire » dans ce LBO dont les projections étaient optimistes, le levier supérieur aux recommandations des banques conseil. Il leur incombait de ne pas participer à une opération hasardeuse pour l’entreprise et ses parties prenantes. De quoi modérer l’appât du gain qui motive les LBO ? Il y aurait de quoi le modérer, à lire les notes de mise en garde, comme celle du cabinet d’avocats Cleary Gottlieb, pointant l’enjeu nouveau que représente l’affaire, quelle que soit la décision de justice finale.