Intesa a émis hier pour un milliard d’euros d’obligations senior à cinq ans. Il s’agissait de la première émission de dette d’une banque italienne depuis les tensions provoqués au printemps par la crise politique. Les titres offrent un rendement total de 2,153% et ont été émis 188 points de base au-dessus des taux mid-swap, en bas de la fourchette du prix proposé aux investisseurs. La demande a dépassé 1,7 milliard d’euros. En mars, pour une émission à dix ans, Intesa avait payé une prime nettement moindre, à 77 pb. L’opération a été arrangée par Deutsche Bank, JPMorgan, SG CIB, UBS et Banca IMI.
Emboîtant le pas à Commerzbank et à Berlin Hyp, Deutsche Bank a émis hier ses toutes premières obligations senior préférées. Le montant de l’opération s’élève à 1 milliard d’euros. La banque allemande a toutefois dû offrir une prime aux investisseurs pour entrer sur ce nouveau type de dette. Le rendement a été fixé 90 points de base au-dessus des taux mid-swap, alors que Commerzbank avait consenti un spread de 35 pb en début de semaine. L’émission a été assurée en interne par les équipes de Deutsche Bank.
Diversification. Le salut viendra de l’international pour BNP Paribas et la Société Générale, tout particulièrement en banque de détail et en services financiers spécialisés d’après Moody’s, qui voit en ces activités « les moteurs de croissance les plus prometteurs ». La diversification sera tant géographique que métier. De fait, souligne l’agence, ces activités représentent un tiers des revenus totaux mais sont les plus rentables. Et les banques misent sur une progression annuelle de 5 % des revenus sur ces segments d’ici 2020. La croissance « sera bien plus difficile à engranger » dans des marchés de détail domestiques « matures et très concurrentiels », et elle ne devrait être que « modérée » en banque de financement et d’investissement. Les moteurs bénéficient, selon Moody’s, des opportunités de ventes croisées au sein des groupes ainsi que des ambitions de digitalisation, source d’efficacité opérationnelle.
Avec des architectures et des outils évolutifs, voire d’usage facile, les deux banques ont réussi à améliorer leur connaissance client et leur performance commerciale.
La Banque centrale européenne a infligé une amende de 4,3 millions d’euros à Crédit Agricole SA pour infraction aux règles encadrant les méthodes de calcul des fonds propres des banques, a annoncé hier la BCE. Deux filiales de la banque française ont aussi été sanctionnées. Il s’agit de Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, à hauteur de 300.000 euros, et de CA Consumer Finance, pour 200.000 euros. «La sanction a été infligée en raison de la classification par la banque d’instruments de capital en tant qu’instruments CET1 […] en 2015 et 2016 sans avoir obtenu l’autorisation préalable de l’autorité compétente», explique la banque centrale. Ces décisions peuvent faire l’objet d’un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne. «Le Crédit Agricole a pris bonne note des griefs qui lui ont été notifiés et se réserve la possibilité de contester ces sanctions», a d’ailleurs déclaré un porte-parole de la banque française.
Pendant des années, les grands établissements ont réalisé des ventes forcées de crédits immobiliers, surfacturé des frais et manqué à leurs obligations.
Au premier semestre 2018, M&G Prudential, qui doit prochainement se séparer du groupe Prudential, a enregistré des souscriptions nettes externes de 3,5 milliards de livres, soit moitié moins que les 7,2 milliards de livres de la période correspondante de l’année dernière. La collecte, qui reste néanmoins positive, a été alimentée par l’intérêt des investisseurs européens pour le fonds Optimal Income et la gamme de fonds multi-asset, ainsi que par les investissements des clients institutionnels dans les stratégies crédit illiquides et actions infrastructures. Toutefois, la collecte a été effacée partiellement par un effet marché négatif, si bien que les encours externes au 30 juin n’ont progressé que de 1 % sur six mois à 165,5 milliards de livres.Les encours totaux de M&G Prudential sont quant à eux ressortis à 341,9 milliards de livres, en repli par rapport aux 350,7 milliards de livres du 31 décembre 2017, la croissance de l’activité externe n’ayant pas suffi à compenser la baisse des encours gérés en interne.Le bénéfice d’exploitation IFRS a augmenté de 10 % à 272 millions de livres, reflétant un coefficient d’exploitation stable à 54 %. Mike Wells, directeur général de Prudential, a indiqué que la scission de M&G Prudential, annoncée en mars, était «en bonne voie». Par ailleurs, Eastspring, la société de gestion asiatique du groupe Prudential (qui restera au sein de Prudential), a accusé des rachats nets de 900 millions de livres mais ses encours sont restés stables à 138,2 milliards de livres.