La récente dégradation par le FMI des perspectives de croissance en zone euro (de 1,1 % à -0,5 % pour 2012) n’a pas inversé la tendance haussière suivie par la monnaie unique depuis mi-janvier. Pour le panel du consensus taux et changes, qui a une nouvelle fois révisé à la baisse ses anticipations sur l'évolution de l’euro-dollar, ce n’est qu’une question de temps. En effet, la parité est attendue à 1,25 à horizon fin avril, à comparer à un niveau de 1,32 au soir du 2 février. « Au regard des fondamentaux, la force actuelle de l’euro est incompréhensible et ne joue pas son rôle d’amortisseur de crise », estime Isabelle Job, économiste au Crédit Agricole. « Le problème est que les autres pays industrialisés, pris au piège de leur dette, ont choisi une même stratégie de remorquage par les exportations avec des banques centrales parfois plus complaisantes et prêtes par des moyens détournés à affaiblir leur monnaie », mentionne-t-elle. Le dynamisme de l'économie américaine au quatrième trimestre (2,8 % en rythme annualisé) et le maintien de perspectives de croissance élevées pour 2012 (1,8 % d’après le FMI) n’ont pas empêché la Fed de repousser une nouvelle fois l'échéance du resserrement de sa politique monétaire en annonçant que son taux directeur resterait exceptionnellement bas jusqu’en 2014. Si l’institution s’est fixée une cible d’inflation de 2 %, elle n’a pas non plus fermé la porte à de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif, mentionnant notamment ses préoccupations devant le niveau toujours élevé du taux de chômage. Confrontée à une croissance en berne, la Banque d’Angleterre pourrait elle profiter de sa réunion des 8 et 9 février pour relancer son programme de rachat d’actifs, celui-ci restant actuellement bloqué à 275 milliards de livres. La baisse du taux d’inflation observée depuis novembre est de nature à favoriser la mise en ??uvre d’une telle décision, d’autant que la tendance devrait se poursuivre tout au long de l’année. Lire la suite: cliquez ici