Aux Etats-Unis, la décélération économique persiste, la thèse du second souffle garde cependant des partisans. Tombée à 1% annualisé au premier semestre 2016, la croissance américaine a été divisée par deux par rapport au rythme qui prévaut depuis la reprise de 2009. Malgré l’embellie de la consommation des ménages et la robustesse de la construction immobilière, un parfum de fin de cycle continue de flotter sur l’économie américaine. Le PIB du 2e trimestre, à +1,2% annualisé en première estimation, déçoit fortement. L’accélération tant attendue de la consommation des ménages s’est bien matérialisée, mais n’a pas compensé le recul persistant de l’investissement depuis 9 mois, qui s’amplifie au T2 puisqu’il s’écroule de presque 10%. Notons cependant que la médiocrité du PIB est également liée à un phénomène temporaire qui est un déstockage important, et qui pourrait logiquement agir dans le bon sens ultérieurement. Désormais les prévisions divergent fortement sur l’avenir de la croissance américaine, certains continuant de parier sur un maintien de la croissance autour de 2% (FMI), d’autres révisant fortement leurs prévisions vers 1%. Les optimistes tablent sur un rebond de l’investissement énergétique après plusieurs trimestres de coupes drastiques. La reprise des embauches dans le secteur manufacturier (aval de l’énergie) en juin va dans leur sens. On observe également un regain de confiance des ménages et des PME , qui est de bon augure, et qu’il n’est pas interdit de relier au discours « anti-globalisation » porté, à des degrés divers, par les deux candidats à la présidence. Les pessimistes mettent en avant la très faible productivité de l’économie américaine. Mêmes modestes, les hausses de salaires (+2,6%) dans un contexte de plein emploi érodent les marges des entreprises et les dissuadent d’investir. Pour les pessimistes, le fait que l’emploi continue de croitre alors que la croissance est si faible, montre que la croissance potentielle (ou « naturelle », soit celle qui permet de créer de l’emploi) s’est considérablement affaiblie. La suite en téléchargement ci-dessous.