Depuis dix ans, le métier des conseillers en gestion de patrimoine a largement évolué, non seulement en France mais aussi plus globalement en Europe. Les mutations attendues en Grande-Bretagne, dans le cadre de la «retail distribution review», pourraient être une préfiguration de ce qui est en germe ailleurs.
L’encadrement des conseils en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) à travers la création, en 2003, du statut de conseil en investissements financiers (CIF) a favorisé l’essor des associations professionnelles.
Le 16 février 2001 a été marqué par un petit événement: le lancement d’un journal n’est pas chose si courante. Or donc, L’Agefi Actifs sortait alors des fonds baptismaux. L’aube d’une belle aventure partagée avec vous. Notre promesse était de vous accompagner au plus près dans vos missions de conseil, de contribuer à vous éclairer dans le panorama vibrionnant de la sphère patrimoniale. Dix ans ont passé avec leur cortège impressionnant d’événements et de mutations: citons, dans le désordre, trois crises financières, le 11 septembre 2001, le passage à l’euro, les directives sur l’intermédiation, des guirlandes de fiscalités nouvelles… Et vous êtes désormais des dizaines de milliers de lecteurs à nous honorer de votre confiance. Certes, il y a eu quelques critiques, comme cet abonné qui se reconnaîtra nous ayant épinglé un jour comme «le journal de Mickey» de la profession pour nous avoir jugés pas assez proche de ses thèses. Des compliments aussi dont l’un des plus réjouissants est d’avoir été qualifié de «journal matrimonial» par un conseiller s’étant désabonné de plusieurs revues à notre profit et se félicitant d’avoir augmenté en due proportion le budget garde-robe de son épouse ainsi totalement réconciliée. C’est pour ces échanges et ces souvenirs parmi bien d’autres que nous vous remercions infiniment de votre fidélité au travers de ce numéro très spécial. Cet anniversaire, c’est à vous que nous le devons.
Sur la dernière décennie, beaucoup d’assureurs ont consolidé leur filière patrimoniale tandis que d’autres ont fait émerger la leur à l’exemple du Conservateur.
Depuis sa création en 1985, le cabinet d’affaires Fischer, Tandeau de Marsac, Sur & Associés intervient en matière commerciale, en droit bancaire et financier et en droit social. Il traite également des problématiques pénales, accompagne les entreprises en difficulté et suit des dossiers de succession. Mais parmi une équipe d’une vingtaine d’avocats, l’orientation patrimoniale s’est imposée comme un pilier de l’activité, cinq experts s’y consacrant désormais.
Le concept de banque privée était très peu répandu en France en 2001. Les clients n’appréhendaient pas ce terme, la gestion de patrimoine leur étant plus familier. Au sortir de la crise de 2000, la plupart des banques universelles françaises se sont positionnées sur ce marché alors que, dans le même temps, les banques privées étrangères, notamment suisses, se sont implantées dans l’Hexagone.Dix ans plus tard, le modèle de la banque privée adossée à son réseau s’est taillé la part du lion. BNP Paribas Wealth Management illustre cet état de fait, se situant à fin 2010 première banque privée dans la zone euro en termes d’actifs (68milliards d’euros sous gestion) et pour la cinquième fois au sommet en France dans le classement Euromoney. La Société Générale Private Banking lui vole la vedette cette année.
Les techniques utilisées dans les différentes enveloppes n’ont cessé de se multiplier depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000 - L’offre produits s’est extrêmement diversifiée et la notion de risque supporté par l’épargnant est devenue déterminante dans les choix d'investissement.
Les conférences dédiées aux professionnels de la gestion de patrimoine demeurent l’endroit privilégié de l’échange des savoir-faire. Ces derniers temps, il peut arriver, préparation de la réforme de la fiscalité du patrimoine oblige, que le principe de l’égalité du citoyen devant les charges publiques soit brièvement étudié dans des propos introductifs. La démonstration est d’autant plus aisée qu’elle est généralement abrégée par le respect dû à un auditoire bienveillant. Ne conviendrait-il pas, dans un souci de pédagogie, d’évoquer la multiplicité des courants de pensée qui se sont saisis des réflexions portant sur la justice et l’égalité fiscale ? Pour mémoire, la justice doit être distributive pour certains, c’est-à-dire qu’elle doit correspondre à une répartition des richesses en fonction des mérites. Dans la mesure où des inégalités apparaissent au sein des sociétés, une autre approche, opposée à la première, assimile justice et égalité. Il en ressort que tous les contribuables doivent payer la même cotisation ou être taxés à un taux uniforme. Dans une conception redistributive, l’impôt devient progressif et il doit tenir compte de la capacité contributive des contribuables. Dans sa «Théorie de la justice», John Rawls a également proposé sa propre définition pour dépasser chacun de ces principes. Une relecture de ces courants de pensée serait sans doute bienvenue, sous peine de voir se répandre dans l’auditoire le sentiment que l’intervenant partage autant ses idées que ses propres limites.
Créée en 1975, la filiale de gestion immobilière du groupe UFG-LFP représente à ce jour près de 30% des encours gérés du marché des SCPI, soit 5,9 milliards d’euros. Une hégémonie incontestée depuis dix ans sur un secteur qui a vu sa capitalisation multipliée par 2,5 sur la période (lire p. 25), cette progression étant due à l’effet conjugué de la hausse de l’immobilier -tertiaire en particulier- et de la collecte.
Le projet est destiné à transformer l’agglomération parisienne en mégalopole internationale capable de rivaliser avec Londres ou New York - Au-delà de la création d’un nouveau réseau de transport, le Grand Paris constitue un immense chantier aux effets encore flous sur le patrimoine.
Le processus de décentralisation des pouvoirs en matière d’urbanisme initié dans les années 80 a abouti à transférer la compétence d’aménagement du territoire aux communes ou intercommunalités sous réserve que celles-ci respectent un certain nombre de mécanismes centralisateurs en leur confiant des instruments de planification (plan local d’urbanisme ou PLU, plan local d’habitat ou PLH, carte communale), d’aménagement opérationnel et d’acquisitions foncières. Ainsi, les collectivités ont la responsabilité de la maîtrise foncière. Elles peuvent intervenir sur le marché en tant qu’acheteur ou vendeur simple mais aussi avec des outils qui leur sont alloués tels que le droit de préemption -lorsque le propriétaire souhaite vendre, la commune, invoquant l’intérêt général, peut acquérir le terrain ou le bien prioritairement à tout autre acheteur. Elles décident également de la délivrance ou du refus d’un permis de construire.
- Le projet du Grand Paris est l’occasion de revoir l’organisation de l’aménagement de la région, de libérer du foncier, et donc de faire redescendre la pression exercée actuellement sur les prix.
Dès son premier numéro et pendant plusieurs mois, L'Agefi Actifs a demandé à des professionnels du patrimoine de se projeter dans l'avenir à dix ans de leur métier - Ils confrontent leurs prévisions exprimées alors dans la rubrique «2011 Odysée des métiers», très souvent fort pertinentes, aux évolutions réelles constatées.
PAR Bernard Camblain, vice-président du conseil de surveillance, Meeschaert Family Office, administrateur président d'honneur de l'Association Française du Family Office (Affo).
Le plan d’action pour les services financiers de 2000-2005 a été le cadre d’un foisonnement de textes visant à créer un marché paneuropéen des produits et services financiers», rappelle Bertrand Bréhier, responsable adjoint du pôle réglementation bancaire et financière à la Société Générale.
Pascale Baussant a toujours milité pour les indépendants. Après avoir exercé chez Cyrus Conseil et Fleury Gard Ringrave, l’ancienne vice-présidente de Finindep a ensuite décidé d’ouvrir sa propre structure en 2002: Baussant Conseil. C’est dans cette optique de renouveau qu’elle a également créé, en 2009, le Club d’entrepreneurs CGPI.
S’adaptant au développement et à l’évolution des métiers de la sphère patrimoniale, l’offre de formation a, elle aussi, évoluée de manière importante depuis dix ans.
La loi portant Réforme des retraites, adoptée à l’automne dernier, sept ans après une loi homonyme, va-t-elle contribuer à un véritable développement de l’épargne salariale et retraite en France ? Va-t-elle permettre de doper les encours qui pèsent encore dix fois moins que ceux de l’assurance vie? Les professionnels du secteur l’espèrent, eux qui aspirent désormais à une pause législative -une douzaine de lois ayant modifié la matière ces dix dernières années- tout en étant les premiers à réclamer sans cesse de nouvelles évolutions. Une chose est sûre, le public est désormais sensible à la problématique de la retraite. C’est en tout cas ce que révèlent les très nombreuses expressions d’opinions publiées avant, pendant et après les débats parlementaires. Remercions ainsi les compagnies d’assurances, les banques et les organismes de sondage qui nous éclairent enfin sur les aspirations des Français en la matière. Les différentes études disent toutes la même chose. Elles nous apprennent, -ô surprise!- que les jeunes générations comptent moins sur l’Etat pour assurer leur retraite que leurs aînés ne le faisaient; et que leur première motivation pour épargner est la dégradation des systèmes de retraite. Mais surtout, ces sondages nous enseignent que l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite est soutenue pas les seniors alors qu’elle est farouchement rejetée par les jeunes. Belle preuve, s’il en est, de la solidarité intergénérationnelle, socle de notre système par répartition.